D'AGUESSEAU
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Il n'este en Europe aucune monidrchie > aucune république qui ne puibs$e ppposer avec homaeurun grand nombre d^/tioms. brillans aux noms des honuases les plus illustres . de l'antiquité ^ et nous ne craindrons point d'étr^ accusés d'une aveugle partinlité pour imHto patrie^ en dîsmt qu'an milieu d|^ cet éclat répandu par rhis^cdre moderne » la France, sç distingue wcore a^ec fierté par une jEbu}e de grands homn;ies qui en ont fait Iç véritable muT sée des arts et le panthéon des talens célèbr-es.
Cepf3ndairt ce qui ^ dans tous les siècles ^fiit, est et sera l€i,plu3 lrare> c'est la réunion dç. 1|^ vertu et ^1^ gloire. Peut-être, en effets 4? tops les poisons qui niemaeent les hommes vertueux , ^ l'amour de la célébi^ité est, celui qui leur.pffire le plus de dapgei^n Ffeu de gFa^d^ hpnune^ approchent leurs lèvres, de la. fioupe de la glpire
g8 LE CHANCELIER
sans s'enivrer. Aussi, parmi une^oule d'illustres guerriers, de conquërans renommés, d'orateurs ëloquens , de poètes sublimes , de législateurs fameux, dfi^^tteât>dât}â^„ du nie yoh-s^élever que de loin en loin, et comme des monumens presque isolés , quelques vénérables personnages réunissant à la grandeur du génie , à la force de l'esprit, au lustre éblouissant d'une vive imagination , la candeur d'une &me pure , la môfïe^ë^là 9iinpli«itë dè9iii<»iir&, et k cénstaMc tfiébrank^ &vaïis iiiMn*oplible Téttti.
Là ùrètfêY^mtïé et h: WiràtÈee iféno rg^ eiUfe*sent dHmë foul^ derhÀiM f aam dooto eBeg s'honorèqfent ttti^i ^n grand nonibw éè €itoye^s dignes pàt leur pi«ilii«é de Yesimè et dtt t^kpect <ie \ent9 C(M%0mpomm. Mm oe$ vertus, peur' là plupart , resynetit , é^Ointtie ki vérité et eomm€i la vriii^ piété, dans Pomlnre et dans la retraite. Il e^t peti de tiùms éckiittts doiit la renommée tte sort méiée de ijiielqties tâches. Les lioms'd^ Aristide; de Séèftit^y de Platon , de Zénon , d^Épaminomlas, de PAmki , de Cstloà , de Fal^itis > de l'an é^ SdpionS , dé Océtton > de: l^tts , d'Ahfottiii , àé Mtrc- Aurèlé, fiit^nt prèsqtië les seuk dont atuione faiblesse, âucuii vice tie pamt tamir la gloire.
Bâtis' notre patrie , parmi tant dé* girattés
hommes imînortatisfis pâp noB fastes ,tt HQus difstdwns cimx à qui la justice «t la yéiité^O^ ▼efut iM^corà»^ un pur encens ^" parée qu'aucua làaage n'obscimidt le nobie éclat dpat il9 l^riK lent, kpeine {musntât^n ^uter iq^«keli}ii(M nfmt^ à ceux Ae Suger ^de saint Louis ^ 4e Ba^^ard ^ de L'Hèpital y es SuUy^ de Molé^ ^ Bosm^^ de Féuelaii^^ de Tnrenne^^ de Caâiaat > dei D^ A goeGfteau ctde Malesh^bes. .
' Le chailcdtiçarD' Aguess^au fut pqut-«treceiié d'rà5L tons q«t Teunît lé plus de genires difTërons de célébrité ^ de sciences , de talens eft de vertus ^ Il est regsndé'ayec.raisoi^ oomtne le modèle la phiB. papfkit des magistrats^ das savaus ^é^o$ orateurs. Il mérita également pay sies «erits | par se& ihsthicticDis ^ par sa conduite ^i^jia ]m ten^ de nudhçiinrs et de prospérité^ et.pfrles douces vertus desa Tiei privée^ de^serviii;* d ejceiur pie aux vrais philosophes, aux vrais cbrétàcrns^ auxpèrQs4ofiimi)kyauK fikret^fiBwisatns^igux plus tfinKlâres époux^ ami instituteurs et a«i^ grands titofûm. & ^ Wrsqu^îl i^tait^ la Fyacice eàt¥Oulu..décetii6r, eiMi»iae Reme > une Qimt rame à la vertu, D'Ag^nesaMut , aussi dîg»e <paa Soqpion de ce nôUa pn^i auf ait aant doute été -proclamé piar eHç le pins hwMtrm 4^ bùfn de la monarchisv
lOO LE GHANGEtlER
Henft- François D'Aguesseau, issu d'une noble famille de Saintonge > naquit à Limoges en 1668. Son père^ magistrat savant y intègre et respecte y était conseiller d'État et intendant de Languedoc* Ce père vertueux l'éleva luimême avec le plus grand soin^lui donna à la fois les plus utiles leçons et les meilleurs exemples.
Le jeune D'Aguesseau était digne de marcher sur les traces d'un tel guide. La nature l'avait doué d'un esprit )U8te> d'ime imagination vive, d'une mémoire prodigieuse y d'un caractère ferme y d'une âme tendre et pure. Rien dans son enfance notera , tout au contraire développa ses heureuses dispositions. Préservé y par une éducation laborieuse et grave y de la contagion des vices d'une cour brillante et voluptueuse , on le préparait y dans une sage retraite y à devenir l'honneur et l'omemeot de sa patrie.
Il était destiné par le sort à grossir le cor* tége des grands honunes qui entouraient Louis XIV et qui le conduisaient à l'immortalité y en même temps qu'il devait s'élever comme une forte digue opposée aux erreurs de ce grand siècle , à la fausse gloire y au fanatisme , aux progrès du pouvoir arbitraire et à la corruption rapide des mœurs.
DAOUESSEAU. lOÎ
Aussi , tandis que la cour , Paris , la France entière n'offraient aux regards surpris qu'un mélange étonnant de grandeur et de servitude , de luxe et de pauvreté , d'élévation et de faiblesse y de galanterie et de superstition , de générosité et de persécution y D'Aguesseau trouvait y dans la maison paternelle y un inviolable sanctuaire consacré à la vérité^ à la justice^à l'amour dé la patrie et aux bonnes mœurs : tout y respirait les vertus antiques ; c'était , pour ainsi dire , le vénérable foyer d'un Fabius y d'un Catott , relevé et placé au milieu des palais de la cour brillante et corrompue d'Auguste.
N Les plus graves études ne purent empêcher D'Aguesseau de se sentir entraîné par un goût très-vif et même par une sorte de pajssîon pour la poésie. Son père ne contraria pas ce sentiment y mais le modéra. Il savait ^ans doute que jamais on ne peut parvenir à écrire parfaite^ ment en prose y si l'on n'a pas connu lé charme des vers. Privés de ce charme , le 3tyle le plus pur y les pensées les plus fortes , l'imagination la |>his riche y les sentimens les plus élevés lais^ sent toujours à désirer cet heureux accord des sons^ cette élégance des tournures , cette douce harmonie , sans lesquels l'éloquence reste invparfaite.^
|<d2 LE GHAKCEUCR
Le «oit > voulaat favoriser en tout D* Af[mes^ 9é\BM ^ hii donna pour premiers amis Raokie et Boitean^ et ecMHiitt ainsi les ël^is de soa ^émt vMssaiatk ia critiqué la pUs séyèrc et au goût le plus délicat.
D'Aigues^eau ^ fbriné à l'étude des lois par \e savaift magistrat auquel il devait le jour ^ et Hootri de la lecture des diefe^'oeurre de tous genres 9 anciens et modernes ^ cpi'il avùï lus > médites et retenus^ annonça^ dès sôs premiers pias dans la oamère du barreau ^ tout ce qu il devait être un jour. Lorsqu'il fut noxnntë , en i6gi^ istvoeai-^géneirsd 1, son début eiâtua tel ëclat<^<e 1^ célèbre Talon lui rendit puMique^ ttienthommâ^: Thuini(mdésirys'écM*til^S€-rmt€kJtniJtcomme<^jt:une komneacturùnencé.
Louis XI V> qui dnrt la plus grande partie de la gloire de soa règne à la sfiagesse ou au bon^ heur de ses chok > avait préféré D'Aguesseau^ quoique jeune ^ à ses rivaux pour rempdir la charge d'avocat^^néral. Je connais assez son pèrey dit-il , pourêite oertain qu'il ne vaudrait pas me tromper même tdans le témoignageÀfuHt m'a rendu de sonjfik.
I^Aguesseau justifia cette noble confiance :
fidèle à touô ses devoirs ^ s'il «« montra toujours riiomme du roi , il n'oublia jamais qu'il était
datm^rjMHwniecU^ patrie. Au8|s^aucuniii|^e
^Ifet Yeôt«4 ]Nul n^ parte aiviac p)^ d'adc^sie ^ de foma ^a jow fim pw^titô œt obseur dédale oiki méchaokodbé des bc»nti»«sa'eff<»rce d'e^er laîustîce.
Les plus profondes «^mestiom paiwisaîeat simples dèjft t[u'il le$ Ibraitait ; jl saisbsfftit la iiia»v<ai^ foi im nûlicM^ 4e ws |dus >$h1»Iî)^ 44r toques ^ rassurait la tÎMdi» îiitiioeiieiice 9 h mcon-naissait malgré ses erreurs y ses liEiibJesses y niatgré Uê artifices de $fm «cum^ateiu^ > «t lui pnètait ppar la soi»teuir la £ixppe tde ^ou talent.
Atbmtifà p«seir ay«c unoî^tâde q^^^p l?$ argiiraens des padAi^ qui w oomiHittaieut > il semblait , eo pesant impartialos^ut h^v^M^ff^ saeus o^pNMéa » s'être dbaisgë tow à tour de )em* 4éfi9ii6(e ; il laissait long-Tteinps l'auditeur sjur*pris et «certain > et l'^ebûrail; ensuite par 6es condwioii$*> en d^veloppaut aiwc évjdenoe h^ jcaîsdiis q«ide¥aieiil &i£epeuGher la baUuce dp l'Uli ou «de ^'auftre oèle.
£ia fimroe de jsa l<^i(fiie.> k clarté ^ la sim^ pttcîte de ê&ûi styk, la jwtesse de sies ex{Mre$w>iis y l'éle^aiice de .ses .touruures y h variété de ses mouvemeos joignateut dans ses plaôr
I04 LE GHAIICELIER
dojrers, comme le dit Thomas , la profondeur \ du raisonnement au chamte de Féloifuence.
De ce moment ropioion publique , dans tous les temps et dans toutes les circonstances^ désignait D'Aguesseau pour remplir les premières charges de la magistrature. Comme Louis XIV était un grand roi , il se mettait rarement ^ surtout ayant son extrême vieillesse , en opposition à cette opinion générale. D'Aguesseau fut nommé par lui, en l'Tpo, procureur-général , et sa renommée s'agrandit comme le cercle de ses devoirs.
' Chaîné , jeune encore , d'un ministère si redoutable, il n'inspira point de craintes; le public comptait ses vertus et non ses années. Son autorité sévère maintenait inviolablement Tordre pxd>)ic sans troubler le repos privé par cette ardeur inquiète qui confond l'imprudence avec le crime , la pensée avec Faction , et devant laquelle on parait coupable dès qu'on est soup^ çonné. Mesurant avec justice ce qu'il devait à la sûreté de l'État et à celle des particuliers , il dirigea l'instruction criminelle avec autant de sagesse que de fermeté > et prouva mieux que personne l'utilité de cette grande institution, d'une partie publique qui, po^ur l'honneur des temps modernes, devrait rassurer l'huma-
dVguessëau. io5
biité en substituant un accusateur légal ^ d^intéressé , impartial ^ à ces vils délateurs , fléaux des peuples et poisons des gouveitiem^sis.
La rigueur excessive est aussi dangereuse que la faiblesse^ car elle augmente les périls y en multipliant les mécontens : jamais les exécutions ne furent plus rares que sous le ministère de cet illustre procureur-général, (c Je regarde^ » disait - il 9 la condamnation d'un citoyen » conune une calamité publique. »
Soigneux de guérir les maiix au lieu de les irriter par des remèdes violens , sa vigilance active prévoyait , éloignait ou calculait tous les désordres. Le gouvernement consultait souvent sa sagesse sur les partie les plus dif*ficiles de l'administration. D'utiles raglemens dirigés par lui adoucirent les malheurs dont une cruelle disette affligea la France y et la sauvèrent de malheurs plus grands encore. Ses amis craignirent un monient que l'excessive fatigue, à laquelle son zèle le livrait, ne dé-^ tniisît sa santé : w Puis-je" nae reposer, leur r^- » pondit-il, quand je sais qu'il y a tant d'hom- » mes qui souffirent ! n
La France, illustrée alors par tant de héros , degraiwls poètes , d'illustres orateurs, de pontifes dignes de l'apostolat , et de savans dont
fo6 LE CHANCEUIËR
ks isttnières édatraient l'Europe^ purut, dans ae mâme teitips^ ternir eûe^^moum son éclat et ëdîpfter m raison y en renlrani daikfi la voie des ténèbres. Livrée ayec acharnement aux funenrs dies «iisoordas religieuses , éÙe se dé-* -gnàmt y eh se dédiirant y pour scMsèenir les opitifons inexplicables de JanBéûîus et de Mo- Ima. ilome «ut ie tort y «t le roi la faiblesse de se déclarer potir l'un des ddux partis , qui dès -lors voulut persécuter l'autre. La oour rotoaioe profitutde ces dissensions pour «tendre sou autorité.
D'AgaesseaU) attraitif à défendra avec fermeté les libertés de l'Éj^se gallicaiie y résista au monarque y an pape y au ckanceUer , et s'opposa hardimenit a la puMicaftîon de la butte
On craignait qu'en i^expteaflA à cet orage , il ti'^i £ât la victime ; sa femme y au lieu de paiPtager 'Cett9 crainte y affermissait son courage. Quand vous parlerez au r(ny luidit-«Ue, oubliez vos inte'rêêSy votre épouse , m>s enflons : pendez tout y Aonr l'honneur. U ne perdit rieuf Louis-le-Grand respecta sa rigidité. On crut même que le dianoeUer de ¥oi^ serait disgracié , et que D'Aguesseau se verrait chargé des sceaisiK. « Jamais y dk-M > je n'ocoiiperai la
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u fpbce d'ua homine vivait* » Cette réponse sidrprit les courtifiiaiis p mais n'étonna pas le public.
{Sia^ifte liwime a s^ faibksfies i Loais^le- Giand orut eiq^r les Aegm^ eaà écoutant les aveugks conseils 4u ianatîame et de l'îiitolënmce > eiui^mis dautant plus funestes de la religioii qu'ils cotsbsUt&A sous s«s Tetemetis elâous aon ^^É«brd« OQpiK>$c»ivit les protesians ; et y taiodis qu ils â:aieut chaises ^ poursuiris , maasacsné^ ou banmsi^ ou faisait croire au foi qu'ils étaient owrverUs.
D'Aguesseau^ éclairé |)ar uae yraie piété et par les lecot^ ainsi que pta* les eveioples de son père ^ employa tout^ k^ ressources de ses lumières^ tous les moyens de sou autorité y pour amortir les coups que l'on portait à ces ittfertuue&f il ne put les sauv^er : mais aU iBûitts son nom vénéi^é resta pur de cette proocriftion qui déshonora une. glorâeUse époque 5 tnotida la Fiwice de sang et de larmes ^ la dépeupla , ^ «nitiokit les pays ârangers ^ devenoë l'aaUe de toot de «sciences y d^iudustries et d'arts exilés.
T-efles furent les om]N[\es qui obscurcirent k &i du règne, glorieux de Louis Xl¥. L'jépo(^ orageuse et licencieuse de la r^égeace
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commença. Le chancelier de Voisin termina ses jours ^ et D'Aguesseau fut nomme pour lui succéder. Loin de briguer cette élévation , il cherchait à l'éviter, et ce ne fut pas sans peine que le régent triompha de sa résistance. On eût dit que ce prince connaissait sa propre faiblesse , et cherchait un appui contre elle près de ce monument vivant des antiques vertus.
Dans les républiques les honunes chaînent , mais les mœurs et les lois restent ; dans les monarchies , au contraire , à l'apparition d^un nouveau monarque , tout prend une nouvelle face , tout se transforme : théâtre , acteurs , langage, tout devient nouveau, et le caractère du prince semble imprimer à la nation son esprit et son caractère.
La cour de I^ouis XIV , autrefois galante , devenue progressivement religieuse, grave, sévère , fanatique , mais toujours belliqueuse , avait disparu. Le duc d'Orléans, spirituel, brave , léger , incrédule , cynique, philosophe , assez instruit pour régir lui-même l'État, mais trop faible et trop insouciant pour n'être pas gouverné, voulant le bien, se laissant entraîner au mal , et trop fréquemment détourné des affaires par les plaisirs , était entouré d'hommes d'esprit et de femmes galante :
d'agubsseau. 109
pour se dédommager de la sévérité du dernier règne , il se livrait avec transport à Une licence en tous genres , que la France , un moment trompée , prit pour la liberté.
Cependant le régent , réveillé quelquefois de son ivresse par les besoins de l'État ^ pat les conseils de sa raison , par les éclai!rs de son esprit y sentait la nécessité de se donner un appui plus solide 5 de placer lui-même une barrière contre ses passions y et de laisser au moins , parmi tous ces désordres privés , une senânelle vigilante pour veiller à la conservation de la justice et de la tranquillité publique.
Ce fut par ces motifs que D'Aguesseau se vit appelé au milieu d'Une cour si étrangère à ses mœurs et à sa gravité : ainsi le régent , jeune encore , réunissant en sa personne les taleàs d'un grmid homme et les vices d'un mauvaù» roi 9 réalisa cette antique i^égorie d'Hercule : Reienu par la vertmet entrainépar lavolupùé. ,
La gloiœ, de Louis. XIV avait coûté cher aux Français :. le plus grand désordre régnait dans les finances , et le régent était dissipateur. Pour les réparer on ne pouvait 'augmenter les impôts , il ne voulait pas diminuer les dépenses ; la dette était énonne , les res-
II€> LE CaMMSLÉEH
sources Msdles. Un ëtran^ pâvnt : e^irit ar*dent y ingénieux , pei^uasif ^ itulacieux dans ses prc^ets ^ it ]iremit et créa des ridiesBe& imaginaires. Un papier tromp^ur^ wiae iSMm-H nftîe fictive remplacèrent Vor et Faiçent. O^ frant à la cupidité des chances^ sai» nomAiK et sans mesure y il enivra tosute la France de ses rêves; Vims^inatiovi exakée jeCa uiv voile cPor sur la raison ; la foHe devint générale. Prin-»* €m y grands y magistrats ^ bourgecns^, peuple > twrt fiot'^eiiitraiiié.
lyAguesseau seùl^ avant même d'étne chon-* celbr^ avait été asseî sage efl assez feme pour s'opposer à ce déKre dans sa naissance. Il arrêta Faudacievnc Law à ses premieis pas ^ et fit d'abord repousser le poisoâ sédinsamt présenté par ce ehâtriatmiécolMaiSk Mais une sage ipm^ dence ne potrtait résister lotig»rtemps au'barit*kut e^iroibrt k l'avarioe; Law trion^pha.
Le régtsut^ irrité de la résistaneé du chaitee^ lier, la regarda comme une opiniâtreté eempa^ bkf. lyAguèsseau voulasi empêcher la ruime de FÉtat ;f il fîit traité comtkie un entiemi de k fortosiie publi(]ue.
Le dno d'Orléan lut 6ta les sceaux en r^ t8y et Featila à Frésoes. Éprouvant ainsi le Miri véservé de tous temps a ses jtoreik , il partagea
DicuMâfiâu. m
les glorieuses infortunes d'Aristide > de Cké- Foa et de L'Hâtai . En apprenant . sa^Ksgràce , le chancelier , sans abattement et sans cour** roux, ne dit cpe ce peu de mots, à la fois mcMiesIe^ et fiers : rr Je ne méritaia ni Fhon- H nettT de recevoir les sceaux > ni Vaffitmt d'en » être pri^q. »
La raisf»! publique avait disparu avec le chancelier^ et semblait exilée comme Ixii. La cour et la capitale ressemblèrent bientôt à une^ vaste maison de jeu y ou régnaient sucoessive*^ meut Fespérance aVide, la joie emportée, le d^espoir farieux. U se fit une ré^olutioa to^ taie et soudaine dans les moeurs, dans le» migs et dans les foltzmes. On passut eu peu dlieures de la pauvreté à l'opulence , de robscurite àrédat, de la richesse a la misèrq; l'urtisaose voyait subiteniest métamorphosé en ikbe pu^ bMcyîn j le maître d'ua superbe bâtel ou d'une vaste terre, d^ehu de sa gBKidear et.foioë de travanlier pcmr gagnqr son pain , se tfouvmt rempiaeé par llioiiinGie ipoi^ m^èee, montait derrière sa voitnre^ Telles furent en Frauoe , alors , les tragiqmes et ridicule, sirtunialet de ta fortune*.
Ce délire violent eut l'extiavaganoe et presique la courte durée d'un rêve; l'édifice ima-