REPOS
du cowmnt^ de manière k mcvrer w port e^ non sur recueil » ils aiment jtnieux fermer tes yeux pour ne pas voir jd'autresriYAgesjque ceux qui leur plaisent; ils sWorccsat de remonter le courant au risque d'y périr> et s'avet^lent au point de croiiie que le .vaisseau qui les entraîne cesse de marcher^ parce (pm Iwr v<4o9të s'ioppose à ce mouvement^ et, que leur imagination le nie.
D'où vient jce phénomène? C'est ^pie^^de même qu'on voit le soleil immobile au nûlieu des plaidâtes qui tournent autour diS lui^ et n'ayant qu'un mouvement d;e mtatioi» sur lui-même ^ de même il existe aussi dans notre &me non pas une vraie y nf^iis une fausse lumière 9 un astre bigame , Vçrgueil humain, qui v^it garder son immobilité au milieu du mouvement universel ^ et ce point imperceptible d'une vaste drconférenoe se crok ua centre autour duquel tout doit tourner sans jamais lui porter atteinte.
Vainement un poète y M. ChénëdoUé , s'efr forcera de mj^eler à ces esprits superbes^ jdans un tableau trace avec autant de feu que de vérité 9 les mpides Dévolutions .du m<mde; ç^es vers suUimes ne Irappf^ront que leur ûreilleet
glisseront sur letir cœttr. C'est inutilement ija'il leui* dit :
n faut ici des temps interroger l*oracle , Et du monde changeant étaler lé spectacle.
£ntenâea^-Y(ms le bruit dfe ces ]^uissans États ^ S'ëcix>ulant TuU sur l'autre avec un long fracas? T^'est Sidon qui périt, c'est Ninivequi tombe : Tous les dieux de Bëlus desccndent'dans la tombe. Nil ! quels sont ces débris sur tes bords^ dévastés? C'est Thèbé aux cent pabis , Taleule des cités. Gherchcms dans le désert les lieux oii fut Palmyre. Restes majestueux qu'avec efTroi j'admire , O temple du soleil ! palais resplendissanà !
Vôllàdevos grandisurs ce qu'ont laissé les ans! Qndques marbres rompus , des colonnes brisées Des descendans d'Omar aujourd'hui méprisées , Et les pompeux débris de ces vieux chapiteaux, Où vient la caravane attacher ses chameaux ; Oii , lorsqu'un ciel d'airain s'allume sur sa tête , L'Arabe voyageur nonchalamment s'arrête , Et y ks des feux du jour, s'endort quelques instans Sur les restes d'un dieu mutilé par le temps.
Les oi^eflleiix frémiront^ne le croiront pas^ et ne pourront cependant lui répondre I
Bki eflfet, tout change > tout passe ^ tout finit > tout ^e renouvelle éternellement dans Funrv^rs j les globes se forment et disparaissent; de vastes coiltinens sont' engloutis dans les abîmes de l'Océan; il abandonne ensuite d'immenses ré^ns qui s'élèvent , se sèchent , s'af^
fermissent et se peuplent. On voit des républiques guerrières, des royaumes florissans, des empires dominateurs naître , s'accroître , briller, se dissoudre et s'anéantir. Cependant , au milieu de ce mouvement continuel , de ces révolutions successives , de ce fracas d'élémens troublés, de globes créés ou anéantis, de trônes et de temples fondés et détruits , il reste quelque chose de fixe : c'est V orgueil humain; c'est lui seul , au dire des chrétiens connue des philosophes, qui cause tous nos malheurs et trouble notre repos. Cet orgueil , entraîné sans s'en douter par les passions les plus funestes, l'envie, la colère , la vengeance et l'injustice ^ se flatte de rester inattaquable aux traits de la vérité , et de braver même la faulx du temps.
Ce repos chimérique , cette prétendue immobilité dont ils se glorifient, mérite d'être nommé autrement ; car ce n'est , à vrai dire , qu'une éclipse de la raison.
Si quelques hommes ne se trompaient ainsi que pour eux-mêmes, ce serait un léger malheur; mais, hélas ! cette faussé idée du repos que se forgent les orgueilleux , trouble le repos universel , gêne les inoùvemens de' chacun, et voudrait nous forcer tous à respecter leurs
rêves, et à marcher, comme eux, les yeux fermés. Ah! que ne puis-je au moins, pour leur repos comme pour le nôtre, convertir tous ces orgueilleux au doux culte de la paresse. La paresse des ambitieux assurerait le repos du monde. Ils ne me croiraient probablement pas; mais ils écouteront peut-être avec plus de bienveillance ces vers d'un homme de la cour de Louis XIV, du marquis de La Fare :
Je chante tes bienfaits , adorable paresse ,
Toi seule dans mon cœur as rétabli la paix ;
C'est par toi que j'espère une douce vieillesse ,
Qui va me devenir plus chère que jamais.
Ah ! de combien d'erreurs et de fausses id^es
Tu détrompes celui qui s'abandonne à toi !
De l'amour du repos les âmes possédées
Ne peuvent reconnaître et suivre d'autre loi.
Tu fais régner le calme au milieu de l'orage ;
Tu mets un juste frein aux plus folles ardeurs ;
Tu peux même élever le plus ferme courage
A ce digne mépris que tu fais des grandeurs.
De la tranquillité compagne inséparable , , !*
Paresse , nécessaire au bonheur des mortels ,
Le besoin que l'Europe a d'un repos durable
Te devi'ait attirer un ten;iple et des autels.
byGOO'
LE PALAIS-ÊOYAL,
HfôTOlRE DE M^ DU PERRON.