DE LA VÉRITÉ. 2J
tlBttie sont passifs ; cpie fe hmûère a décyré lies yattes du cbuflatanisme ; ^ii font iiBv<|nir k moi semh qui sus la force v^Ufi de la religion^ et qu'on m'ontrage ^ ainsi qu'elle 9 Imsh qu'on caiplQÎe^ fowt bow propager ^ la violence 9m Ueu de la douceur, l'oigueâl au fieu d^ HimniUté , l'intoléranoe et la haine à la ^€^ d^ la charité.
Nous dësavouoift toutes deax ces hommes qui courent répandre la discorde y qua^ ils deyraient prâcher l'union; qui scmdalisent notre r»son par leues nomerieB ; et qui pro- . fanent la diaire en y déclamant sm* la pofitique^ iMsque Isur devoir est de n'y parler que de la mprale.
Le {dos grand mal que Fou poisse faire à mot et à la religion , c'est d'agir de sorte qu'on nous craigne et qu'on cesse de uqus aimer.
Les fiers partisans de foligarehîfSf ne peu-* vent pas davantage me reprocher mon silence : je dipque continuellement Iqtirs superbes oretlies par mes grpives leçons. Je leur redis jusqu'^ isati^ que leurç prcstit^ sont tombés comme leurs anti<|^s forteresses; des pkunes savantes ont émoussé leurs vieux glpives ; leuns pardiemins ont dispuru sous la masse d'une foule de livres modelées. Le mérite
^8 j DB Là VÉRITÉ'.
persooEmel est d«waau le sevX titre respectable aux yeux deâ hommes ^ et la loi a proclamé cette ^alHé) qu'ayant elle la religion prêchait., ' .
Par quelle fatalité, leur disrje, faibles et désarmés , persistez-vous dans Un orgueil injuste, qui vous attire la haine du vulgaire et la pitié des sages? Vous cherdiez des prééminences k la place des droite perdus : méritez- 1^ par des jtalens, par des jBervices. Vous ne pouvez [due rien tenir que du roiy du peuple et de l^ opinion} cessez donc de frcmdér ce roi, d'injurier ce peuple , et de choquer cette opi-^. nion y ou craignez, en continuant de dénigrer, de troubler , de calomnier la France , qu'elle ne reconnaisse plus en vous des Français. De lonjgs malheurs vous ont aigris , je vous plains ; mais.croyez que lîa haine , le dédain et la venr geance aggravent tout et ne consolent de rien.
Le peuple ptétend, dites-^vous , que je me cache dans une retraite ignorée , et pourtant jamais je n'employai plus de moyens,. plus d'organes,, plus de voix pour me faire con-* naître par lui.. • ■
Je le blâme , tantôt de sa mobilité , tantôt de son ardeur imprudente , tantôt de son in-
DB liA VÉRITÉ. 29
souctancf . Je lui reproche ses^aremens passés; je lui/ rappelle ses ^devoirs autant quié ses droits; je lui garanti» la possession de ices mêmes droits y s'il sait en user y les soutenir et ne jamais en abuser.
^ Je lui défends de blâmer , de haïr en masse ^ d'accuser des classes entières des erreurs de quelques individus ; je lui recommande de ne jamais confondre y dans sa haine et dans son , amour^ le despotisme avec la monarchie^ la licence avec la liberté; enfin je l'avertis perpétuellement que cette liberté se perd plus somment par ses excès .ujue par ses ennemis.
Après ces mots la F^érité se tut.
C'est fort bien parlé et surtout fort bien pensé. Déesse , lui répondis-je avec respect , quoique dans votre discours je remarque un peu de Ueux communs et de^ redites ; mais vous êtes aussi vieille que le monde ; et , à votre âge , on aime à se répéter. Cependant accordez-moi la faveur de m'apprendre quelque chbse de neuf ; indiquez-moi sous quels traits vous aimez à paraître , et conunent je pourrais vous retrouver.
Pauvre esprit, me répliqua la Vérité, tutne vois tous les jours ; reconnais en moi Xopinion publique. En vain l'esprit de parti nie mon
3o Dfe Lia vàniTii.
cxâ^ence, ina f(»rce > mes progrès ; je Imt rs^ponda <^ comiiK oe philosophe aa Pjrrhom<^ qpi niait te moiiveineat ^ je matchs devant
i' MM * '»
REINE m FRANCE ET D'ECOSSE,
Lpsoit qui, pendant quelques MttiMS,c0mbla 4& se» faveurs celle reimt câêlitre y ne te l«9»4iwiir ipie peu d'instans dW boiUieur 3l]iaaîffe,.4'me gloi« %itîye , et s» ph* «tsw«e à) épwsersuarelk toutes^ se^ wgueiirs.
J^wuftis uni» femme y JÂinaÎB >i^ eut de- k.naMusel ie \w fcakuhe AsÈfté^em pN Jm^UUmm et pk» dai^^ A pcme^sMiy^ dW berceau euYebppé depourpiie e* entëfa^d de fl«iiMi»^^ elle sei^ portée dur deiffu i^é^' > 1^4i9pA0«£ .aitsBi rapideiMnl qu^to ti^l^éui* d w acpge j;Ka»toe,.ptacB sûr iôfes^éft^il^, tfrf milîmi des temples ^;iie lut) poqr elfe quW siëge^ sanglfmti , d'oii etté int,lâ)^ntàtf pi^èipitee^dttÉs iii^pndc>piqùi:k tenfai^ «ti^'^cifeiéHe Bë*»r«ie quofpopf iq»oiit^^u^ 1^ ebfiiudi f /
32 MÂRifc-éttJARt.
Couronnée dès son enfance , enivrée d'hommages dans ses premières années ^ entraînée dans sa jeunesse par de funestes passions ^ yictime en sa maturité de la jalousie d'u^e rivale et dès discordes politiques et religieuses^ la France fut le théâtre des courts instans de son bonheur, TEcosse celui de ses faiblesses, et de ses erreurs, l'Angleterre celui de ses malheurs , de son courage , de sa iHort et de sa gloire.
Aimée avec passion^ tmïe avec fureur j la postéri|:é'hJââte aicore sttr le jugenient qu'elle dcât {Kiitterdans la cawe âe cette reine infortunm. jLâ^ plus graves, les plus' fuite» pr^^iomptions s'élèvent contre ^ mémoire ;ia coim>ni:^ nupti^Qiensaiiglanbée ternit l'éolat de sa couxonnetvoy^Bte^ Si ia fortune f eût favorisée ^ au-ciwe vQ[bi,pitot -retire* poserait aujourd'hui lti ju^tifim de 86Jf ierteiffs j ti;i€in^bante, ellb au- Ts^% tél^ijugfiô ' criminelle i: lùais^les larmes Ikfùè &i^(ff^>a)i<ke!)leiitôi!H deONfarie'-Sto trotibfeçUi^poiîirainsifdire:, ii^ vwide la justice. C^il^mAéetparr une dnrajev^uii'n'àvait pas le droit 4c) b) jugèi*, tvîIctiiîÉfi delahaôtij^iet'd^, la jaloi^iQt^l^[MME^ie^i^f1^ii>(iiéroïqi^ sa
mofii,! eljef in^ive lupe pjKî^ < mâée • d^a^iran tion; l'injustice du juge fait oublier les* torts
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MÀRIË-^ART. 55
de l'accusée ; on prend y pour ainsi dire malgré soi -même 9 le parti dé l'opprimée coupable contre l'oppresseur tyrannique; le courage et le malheur se revêtent à nos yeux des couleurs de rianocence ; et, treanblant de lépëter un arrêt féroce , nous sonunes trop émus pour être sévères , et trop attendris pour condanmer.
Brantôme , ainsi que la plupart des auteurs français et des catholiques anglais y parlent de Marie plus en chevaliers qu'en historiens y en enthousiastes qu'en juges. Buchanan y fougueux réformateur, comblé de bienfaits par la reine d'Ecosse y sacrifiant la reconnaissailce au fsina— tisme, ne porte sur la vie de Marie-Stuart que le flambeau d'aune haine religieuse : le fameux Knox, le Démosthène des réformés écossais, également entraîné par sa passion, pour^ suit sa reine malheureuse avec l'adiamement d'un ennemi furieux ; la grâce enchanteresse d'ime femme douce et faible ne lui parait qu'une forme trompeuse prise par le dénaon pour pervertir FÉcosse; et, conune elle est ca^lique , tout en elle lui sentie piège , ar-^ ttfice et crime*. . ; j.. >,. *:
De Thou la juge en magktrat vertueixx , mais sévère et inflexible* Robertscm seulcbét^ die impartialement la vérité dans les faitif *, lest
54 MABIE-STUAKT»
molife days lea passions > les excuses daiis le siècle^ ^
C'e^ ce si^Ie siiivtout q[ii'il £a.ut obserrer et cooAâitre pow parler avec étfsnté d'iHie reîhe qui »i ftM; tour à tour l'ornemeut y la honte et la victime.
L'E^mope teutaÂt au lô"" sîède un premier et grand effort pour secouer ses^aatiques chaiues^ pour sortir des téïkèbres ^ et pour fatre- qmdL^ ques pas vers les lumières de la civîUsatton. 'La destruction du système féodal s'avançait ; ra0ranchis8ement des peuples commepçait; Fë* tabliésemeot des armées peumanentea accroissait la puissance des rois ; la renaissance des lettres menaçait la vieillesse <fe la supersti** tian ; les rapports et les Uens de la poétique emopeenne s'^endaient^et tout ce qu'mi attaquait avec ardeur était défendu avec passiou.
, CQtjbe grande cevohitioii s'<^riait par de» hommes encore semirbarbares ; ce n'était point hi^dence et la vérité aux prkies aviec T^o* qai^ce et les préjugés ^^ c'était l'éntbou^iafime ix^mjbfittânt le fanatîérae> et des. erreur* nou-» velles attaquant des erreurs anciennt|Sf ce ^i^f^'^nftaofiipa^ Ml. mélange. biaarre d'am- InSkmUrdeimolle^) de luxë> de cbevalerifi^ d^ ^d^VjCHion, de pédanterie, d'austérité, de
déba^c^e, de p^r^i)% çt ^e <iraai|té.. y^p»t, d,e ^cte fit 4ç,iwr4 ^Myjs^t ^^us les ççpyjjte, çffSsfmm^ii tpulie^ Ijc^ passiouqç , ç1^ ?fiTy^ti 4ç voife çt d'çjFfiVW^i^tOîJç^Jies.çrïfnef,.
Ce fut 4^s ces tqi^pç de diçfîord^ et 4'fl-
embrasée p^r If s Ipqg9es.q^?çU^4<t Ç^W^ÇS^ Quint çt de Fnmçois 1, vit ^r^ ji'^pg^terre rompre Qjiy^^eiAent f ve/P |ipnw .} Hçnri Vip> tjrr»n qw?l», PV^itiff^P 9WPbrÇ> ii(R^)^çji,P9ij[^ le JQug ^r%l^^ pQur 9ffTmi^saa^ peuple ,
CQfij^ntep: et fçtpguiiiiaiptp ^ajijil^t^tp^.
dens et mélancoliques qui voulants 4^^ Ji^ Gnmde-A^çi^nç, Tf^^-prinaçr le çi^J^eî fi^tJiolique, Ls ivofie , la moUejS^p , r^^jbij^ ^ M déiiravjjtipn 4e |f ç<^Mr FPWW ^ i^ h pi*^ gi^e ,B9f^e d^ plpÇgP «^loi^que ?. gptf^
ïp»ttsffis , toi^ Iç? )i|0iJ5lnMî^ 9f^m et <l'#èKes.f ail» ne sç yprj^^t^t p^ k &8ffl^^ WitfFP l<^ s^lws , ik fttJ^^q!«!Keflt l^ ^çgçpfs^ ^ , PfÇ?î«.P-
n;ufl^ ,WÇM> »}§ s'fljtfiçlièreut ?Rrtf?Pj à détruire la hiérarchie ecçL^^j^lfs^^DlJ^, ,
36 MARlE-^tlART.
éclata avec le ^liis àetiolénce': Cette contrée avàftc6hseTrVé'|f>lWlbrig-tem'piâqite toute autre les mœurs^ saiïVàjges','résprit belliqueux , Tindépendante 'fierté des: trflbus germaîùes,* celtiques et bretonnes. Les chefs guerriers de ces tribm y tjtii portaient le nùm dé Clans y plaçaîefrtles'rois'd^ÉcôSse sur un* trône sans pouvoir et entouré d'écueils. La guerre civile , Ite pillage , lé Wîgandage formaient l'état oon- ^àWt'du pajs ; le glaîve tenait lieu de Sceptre, k^fcfrce ySè' justice, 'lés rfiœurs dé loisj et le princcTue jouissait de quelque ptiissànce que lorsque , dans là dî^ion des partis , il se trouvait soutenu par le plus nombreux, et fkvorîsé paria Victoire. ' '
'À la faveur de ces troubles continuels , lès ai'chevêques, les évéques et les abbés , proté* gés par Pantique Croyance, avaient acquis des domaines étendus, d'immenses richesses €t un^' autorité aussi redoutable aux grands qu'a la cour. Les apôtres de la* réforme excitèrent facilement la jalotisie des nobles, la. cupidité dé^ soldats et l'indignation des peuples, en peignant, sous les pltis vives couleurs, le contraste scandaleùl de Topûlence du dergé avec la pauvreté évati^élique. ' '• ' .;
* D'un attfré cAté les^lifeftdèPÉglîse , eii pés-
sessiQIl.4^«V4utQpt^yâ|^p^}réS|:pa|r leurs nopar breu8€t$' Cam^e^j^ f ofJs .pw fewrs i^chçsses^ , dçr fçsidus par ^Q^ c^u|[ i^)^e^Ai^t au culte de lbur& p^<$> pppowient uue vive^ résistarice ^u9c innoyatwr^ Au lieu de s^iuteirposer entre ce& partie > Henrî VIH conçut le projet >çte|ir trevit , Vespoir de preste? . dç, leuys » qf&erett^8 pour réunir r^cQ^Sf^ à son isc^pti:cîi et, dans cette vue , sa politique attisa le feu de.ce^discordjcs re}igie^i|5^v . >./. •..:.! -.r -i ,..♦.;.:. -..i
Telle, i^it la.siiYi^tiofî(d(^ a^^nirea.etdeSie^ prits> lo3cs<{ue Jacquas^V^foi^d'Écosso^ i^uriitjpeu de^ joi^^ a|Kcèsla^n^a9sauc^ 4q ^a .fille M^rie-Stufirt/ Cet fnfa|it>. çfes^n4 à, tant d'éclat , de célébrité ^t d'infior^i^i^^ av^itppur nière l^f^e-Mltrie >;d^, ^illptre et fl*^ maison d^s G^i$^^,iia &û^tii[^>de^. partie ^.ll^Sr prit, de, controye^r^ 5 l'iud^p^i^gc^: deâ w>t .blés, l'oigiii^iiiafl^tt^le <JeS;i^l^^ sans .freiu,d^ . ^éf^flfi^teïiï^ f^tih^j^^rf^Aé^hirée par, r Angleterre > ftmwiettt d?ïtiû*ip çj^és d'ei^fij^uis orages qiii.çatouraiçnt;!^ tpnxbefwjde ^cques et.le b^ceau 4^9 MlwWi; ^*»îi*.pmi 4e jp^uEien^ a^^flM: dJ^i^eïî, Jte(»«ft^^t lefe :t^ujs f|uidev^ieat46D{il^e^^ As^ttte^»;filkv .. Le G*?34in^\ l^tft^ y piS^W i»in«tr^^i^xâtait trpp ravflr«^W/d^iréfo»pM^ ppî} s*bai»#
5S MÀRlÉ-STÙÀfeT.
cdhtre idUx pour étt^ étey^'s&ns o^^^^ë à'ki régence; elte fut doUuëé pair licnèHeme k J^àCtjbês MknliltOU , dottit^è d'Afàrti, (krôebe panm dfe h jeune tiéihe. S'fl u'éût fàBff fjout ua tel pôSte^tte de la doucefur et de' là probité > tiaihikotf âu élaîl*dlgrïe j 6iàis soinesprit mati^ qûiait é^ diéU^iï y et scîii dàradtètë ée iermeté^ ijtcàUys sàuslësqùéllels oh ûe peut gonVértifer iës hbrhtîîtes. . *
Le danger public s'accroissait diâqUe joUr; i*arm^ atigiôlfeè dléfit idfiiis tfUe Bataille les tWUpes d'Ëcci^e/Un^ràtid tfctoibte^^ tôriibâ dtos teS'Msf, -^tïefégem {tk «édjuit à xléihâttdër k i^àik.: Hêfarî Vm YôÙliàt 'faire \ép6\iéèt Ift jeUtfé'féîïië Marie à Son filëBrbuatd : ce Ifen aurait fpU^r^eair de lohgs inâlheure ; Tuals' dette iiégodatîbii (J^'ùn peu d!e 'étt^sàe T^t fait réiÈtt&V, étl^u^a parce t|tfëlle fUt.coUr duitt tivac^«ëil. Le rôî ïSPîAilgteteïte irrita l^Écclâsfe > êft V^Ailant Itii'dietet» déS k)iS : il exigent <j¥K^dn rehlîf *Ut-*lc-chàiôi> la jeunfe rdue ehtrê ses maifls. i^e piiiieittent .écosâa5a,¥èîu^ d'y CùhAétâSnt àWM qu'elle^ ^ùt atteint Tâge dé dix ans. »JL^ ^i^dlttâi ^ât^lpprèôfa de ces dit ficultés fWut» s^ppt^ ti^ité ^ëc ito
prince hiétiétîqfttè' ^t ^xùôitïttà^àiéi Stfiitënu à là f<^is par te zèle dëâ- éafhôU^ues ^i par la
. MAAIE-STUART. 3q
passimi ides Ècdssw fGur ' l'ind^^eiidance y il se reliait aux Argile, auj: Hitntly, aux Bothwel 9 et sûulem ^ont^VÈcome contre le$ pra* tentions du xoî d'Aûgkt^nre.
L^iofion de la nafioft l'ftuiMt reiidue ioNm^ dh\e 9 maià cette unioË dura peu > et k vetour d'un eimeim du végeptj^.de Mathieu Stuart, comte <de Lâtox , qui arrivait de Fjrauca > ralluma bientôt k £ftu de la discorde. L'îueo»|sé- •faenoe et la failiilesse du rag^eot devinneut -la cause de sa perte eit de cdk de s<m pa^. £u dépit àe l'exposition du cardinal , il venait dç amdurie un traité av«c Henri VIII. Dix yw&os après , changeant lurusquement d'opnûon et de parti .^ il rcmipt avec l'Angl^erre^ sort d'Edimbourg ) se n^^iroche du carctinàl qu'il awijt déclare enoiemide la patrk^^etipraclanleikaittement une nouvelle alliance qu'il vient de former avec k roi de France.
Cette résolution aoudain^ aiuéaiUit . l'e^é* raucedû roi d'A^ngkterre (qui venait de prontettve Elisabeth sa aie au fils d'Hamilton.
lies réformateurs trahis s'armed contre k ré- ^dt; ceku-ei abjure laur. culte , jsevient à k foi €atk<]^que^ et .par ^cekte làdneté $e/y^Vte dans la dqpiendanoe du cardinal qui s'enm>are aous soià nom du souveram pouvoir.
4o MARlB^STUAR'r.
La guerre civile éelata ; Lénox , à la télé deft rëfottnës et soutenu par le parti anglais , -attaque l'armée royale qui soutenait la cause dé la France et du pape. Lie régent et le cardinal sont vaincus et pris ^ mais Lénox vainqueur ne sait pas proiter de sa victoire; ses troupes se dispersent j leurs débris sont taillés en pièces ; une armée anglaise qui devait réparer sa perte , pénètre jusqu'à Edimbourg^ et se retire ensuite chaînée d'un immense butin- Tel fut le résultat de cette guerre entreprise avec fureur , commencée avec succès et terminée sans fruit, parce qu'elle était conduite sans ordre et sans plan.
Lénox abandonné chercha un asile en Angleterre ; il y épousa Marguerite Douglas.
Leur fils, lord Damley, devint, dans la suite, roi d'Ecosse, pour son malheur et pour celui de Marie ; elle lui offirit le sceptre , et fut acrcusée ensuite de lui avoir donné la mort.
Les haines religieuses et civiles avaient trop d'aliment pour pouvoir s'éteindre : la guerre continua plusieurs années; la mort d'Henri VIII ne l'interrompit point. Edouard VI soutint les réformés par sesarmes ; François I**' et Henri II envoyèrent des secours aux catholiques d'Ecosse. La bataille sanglante de Pinkejr , qui
MARIfi-STtJART. 4^
coûta dix mille hommes aux Écossais ^ fortifia leur haine contre l'Angleterre et leur amitié passagère pour la France.
La reine douairière , Marie de Guise y profitant de ces dispositions y acquit sur les affaires une grande influence ^ et conclut le mariage de la jeune reine sa fille avec le dauphin François 9 fils aine d'Henri II. Le parlement d'Ecosse ratifia cette union. Six mille Français^ descendus en Ecosse y reprirent sur les Anglais plusieurs forts ; le régent y toujours faible dans sa politique ^ accepta une pension de la France et le titre de duc de Chatelleraut. Ce traité y ouvrage d'une faction ^ et plus contraire qu'utile à l'indépendance écos* saise y fat la cause principale de toutes les calamités qui tombèrent sur le trône et le pethple d'Ecosse.
La jeune Marie-Stuart y âgée de six ans y sortit alors de sa patrie y et fut transportée dans cette France qui conquit son amour , orna son esprit y développa ses grâces et prépara ses malherus.
La cour d'Angleterre^ trompée dans ses projets , posa les armes et renonça à la couronne d'Ecosse. Il était facile de prévoir que la paix serait plus utile aux Anglais que la
4^ MARIE-STOART.
gUf n?e ; elh 4eTait latssar un lîi>re ccmrs à la hêum naturelle <}ue produirak rineompatibilité de la fierté écossaîse avecla^éscMiBf^tkm française.
Cette aatipalibie ne tarda fo& à éclater : elle Vaunotiça par des rixes sakiglantes ^utae des ^oUats français et des bourgeois d'Edimbourg. Le plm fongueiix dés apôtres de la réfomiie , Kuox p ebflamniait la haiiie du deigé catholique -et r^nthoQsm^me dôs ppotestans par sesvialeot^ j^édi^ttiAns contre la discipline et la dœtmne raeaaitie. he faible Hàmiltan , incapable de résister à tent'dV>rages^ se>âémil de la régevce y et la reine ftfiariè de^Gûise sW «mpara.
Les pttenieits aides de la régente ^annoncerent uneî sage^ politique , une toléranee Jiabile ; elle protégea les réformés et contint les catholupies. La €onr de ijonmàfes devenait alois le iJilQàtred'xtniGhailgentôna; soudain etiotal dans respnft>dn(go«nremeinent. Edouard ^ roi d'An* gletetve 9 Ten&it de mcfuvir ; .sa sœur Marte , montant au trône y épousa Philippe II y roi d'Ëqiagne.; et ^9 ik)i^ MKMolfcét^e de '8e> déclarer 4iauteiiientproteotii£e de h foicalbolique ^ elle employa y pour ednttaindve ses sujets à s y soumettire y l'autorité 5 la violeniae y les chaînes et
MARIE-STtlAïlT. 4'
lès su{]lpliéèâ ; au notti d}4ti dieu' (te ^k €*t d^àïkhir , ^ Hàtifîe &e livftt dttï f^'àl^éttk excès ^ et le sang des réformés inonda la crèik.
tJh grillid nombre de jtfoliWtaris per&écdtés sé réVîiglà en iÉtrtsse ; le =spèctaclé èe leurs irtiasfts y aiSèWit l'^âhîïrtésrté dta peuple , i^ la cëadtïîfô êk dérgé taiÊ^hqùé éOik péiiptà^ve à éateifer. L*khék^ f^il ,'îgtt6if*nt , ^pers^tilîeùx /àffei4Aaâl^à'!«H'piTK ses \kstés ddhiài^ nés ai^ (liiiilës déé t^OAdé Amlliës/dispbsiut^ 8(m gré 'ffeé ' éiétftîttris au pttttëthëift , ustii^ik fttttmitc il» fribunàà* dvils *péur en Ifé^êttr lés trii>unaui£ ecclésiastiques , s^ëmparàît sàhfe pMlëUr d^ sucebssioits prrvëës^^'^^ pbtâ^sé ^1^ ddmiha^r dés j)ri>^tiôns' ^e »kii imposait 'le è^>at , ïcîùpkçaît les Kéns légîtSitiés «Juî lui éttifettt liitértiits J^arles désbrifrés les plus Bétftràlleux. ïl 'bravait étofin tellfeniënt les mamrs , iëà teis it Vbpîàîtih^ c(a'6h ^t ^ ài cfetïe ^t^yteieardinalBâifi3tl (^ébt^r|Ml^li4uemie^ le mariage de sa fille naturelle av^ec ùti Sëigiiéto
^ififéttk d%rlu3fe' W dés ticès , »iie montraient pas (k^'letir 4ôlë ^n c**r phiS' éirâhgéli(jue , et ieét iartfeiitfe' Parité «é se fhariifeslitt qu'à la fteêto* des tor(Stes qui incèïidiàiènt les palais^
44 MAK1E-6TUART*
les châteaux ^ les abbayes > et à l'éclat des glaives qui forgeaient les prêtres et^ kurs A^^seurs. ' ; M. ,
Ce fut sous ces tristes auspices qu'en i55j le daiq>hin de France et Marje-Stuart solennisèrent leur union. Huit membr-es du parlement d'Ecosse furent poiésens à cette cérémonie ; ils y avfaient été (envoyée pour faire insérer dans l'acte du mariage un article qui garantissait l'indépendance de leur patrie et les droifts de la^m^isiMi d'Ham^lton à la^succe?sion au tr^e. Cet arl^le fut signé; maîs,f>a^;une politique digi^e dexç temps ^ la, cour de Erance^ trompant l'innocjence d'mi enfant comroimé , fit ;prptesf;er ^n sçcr^ la jeune reine contre l'eng^gem^t qu'elle veus^s^ dé prendre avec son peuple au pie4 d^ ^a^ls*: Çk>m^ souy^r^ins p/su^nt-ils compter sur la fidélité 4e Jeurs su)Çt$ ^quapd ils le^^if 4p^^^^^ l'exemple de l!ip6^9f}ti|C»a de§ pft^in^s^ et du niépris 4e;la>mqr^lç ! f ;, „
Au moment où Marie-Stuart posait sur sa tétç la (jourppne dp France , le sceptre d' Angleterre , yaçan^ p?fi la mprt d'une autre Marie > pa^^iit daiiijB les rg9âns de sa sœur Éliç^betb >) dont la jalousie et la puissance deyaient^ un jour étr^ si funestjes à*k reine.de France, ^t 4'Écossei.
L'avénement d'Élisabetti au trône changea le sort des catholiques , fit cesser les persécutions qu'ils exei^çaient , et assura le triomphe des reformes. Le parlement > toujours servile pour ia cour , poursuivit. les papistes pour se conformer aux Ordres de la nouvelle reine , comme il les avait soutenus pour plaire à Marie^ et de même qu'il les avait précédemment en* core opprimés pour obéir à Henri VIII.
En Ecosse , les discordes religieuses s'aigrissaient de plus en plus. L*archevêque de Saîfft-André ayant fait condamner au feu im vieux prêtre soupçonné d'hérésie , la fureur des protestans ne connut plus de bornes ; la régente ne les défendait que faiblement , et ils réclamaient hautement y comme droit y une liberté qu'on ne voulait leur accorder que par tolérance.
L'ambitibn des Guises qui ne voyaient alors eirtre leurfaïnîlle et les trônes de France et de la Grande-Bretagne que peu d'obstacles , s'apprêtait audacieu^ement à lés firanchir. Aveuglé par letrs conseils , Henri II fit prendre au dauphin y son fils y le titre et les armes du roi d'Angleteîte } c'était iraprudenament avertir Êfeabieth c^'élledeVait se défendre et se venger.
Cette reine délèbre joignait aux faiblesses
jaloiisfi»^ mifweUe&à son s^xç i le gçnji^ d'un grand bomme ; b^}}]}/^ , pmo} ante , ferme y ^rtifîciçwe ^ io^placa^le ^ éïh çopçut ^-lor^ ppijr sa jeime rivale i^e haine qui ;w ç'çteignit que dans h ^ng ^ Sf idctinfie ; et^ p^^nr dânt vingt w^ j I^ querelle 4^ djçux reii^s ^T la ri^lij^é 40 djpiw feramfis et l'animosité de deux cultes opposes , remplûreot rÉcpsse et rAnglf|;fi^e de troubles^ d'iptrigifeç;^ de facr tii^ns y d^ ço9^}o^4 çt de tous les maux qu'enfante l'i^sprit (Je secte et de p^r^.
l^es, pfptpstans 4^ d^ifx ro)rau^^ sc^ttenaieijLt 1^ caiïçe d'iÉlisf^be^ ; fes fptljplitpiç^ embrassèrent ^veç ^rd^ur c;elle 4ç ^^arj.?,* i«f régente ^ doTnhiée par eux e^ ^ijivçTOp^ par Içî^ Griii^ ses frères, voulifte3f:tirpfE;rrbéFçsîç. Le signal de U p^rséc^tiçu^ fut fi^ui de U guerre civile.
Op sçnun^ les réfoi^ç de,cpi}fparditre dev^f unçqpi^de JT^çp, cqi»vpg^ç|^.SJtirijjpg,; aw%le i^VSi^.m foiUe s>rm^ pqj^r 4éfeîi4r^ la coïigr^gatiw. La r^ente fit n[iarcber cop-
monafpl; dçlivr^r bata^ , la ppuf , lejp^ /^ np^e 4e^ p9i^'fii|>çj:^ , 4i9jt^ à la cour W^pw trpnjpeuse^ el^ ^cowda i^ anwoirtie pt viote le traitç. dès qu^J^ç vit le péril élojjgi^é. Ccstte
MARIE>-5TUil]IT. 4?
mauvaise foi produisit son effet ordinaire ; ^e accmt la haine y le n^xibre et la force des ennemis du gouT^mement ; plusieurs nobles, le comte d'Argyle , le pmeiur de Saint^André luimême y abandonnèrent la régente qpui ne sarait &ire rem^ecter ni sa foi dans 1^ paix y ni ses armes daxis la guerre^
Les catboUques firent alors un dogme poiptifie de l'obéissance passive ; les réformateurs se raHsèrent aux amis de la liberté. Le peuple, souleré par ceuxM^i y saccagea les monastères et démolit les églises : enfin y après plusieurs trêves et trois traités snissitôt eufrenitts que coûdus y la r^ente accorda au peu|4e la pleine liberté de culte y bien décidée à retirer cette concession dès cpie le$ renforts <!pe lui pnunettait k France seraient amvés.
Henri li temunâut) alors sa vie , et laissait son trône à Franco^ II et h Marie^-Stuârt. Les Guisas régiièrent sm^ leurs norass , et P^ecrois^ sèment de leur pouvoir r^va en Ecosse l'eis^ poir et le parti de la régenta;
Le» traupes ^Nlniçaises y envoyées par eux dans ce^ays ^ obtitu^nt quelipiies succès pas^ sage«>s4{ui>ne'^eitt^qu'iEiugmen1»r lé fonatisme <fa^ réfÎMrmés^et léqr haine contl^ la^ Ftanee. Us'oonvoquèrènt unpàrlemMt^ et là ils posè-
48 MARIS-StUÀRT*
rent une de ces questions délicates qui , dès qu'on y toudie, ébranlent Fautorité des princes et le repos des peuples : c'était celle du degré d obéissance qu'on doit au gou^eme-ment lorsau'il est injuste. .
Les théologiens y c'est-^i-dire les passions , furent consultés ; les ayis furent individuels et motivés ; il en résulta la décision violente d'enlever la régence à la reine. Cet arrêt lui fut porté; elle n'y répondit que par les armes.
La guerrç civile recommença avec foreur ; la discipline française l'emporta sur l'ardeiir mal réglée des Écossais y et les troupes de la régente y après avoir défait les réformés y les poursuivirent jusqu'à Edimbourg.
Elisabeth^ qui jusque-là les soutenait secrètement^ crut alors devoir rassembler son conseil pour décider si elle pouvait y comme reine y prendre ouvertement le parti de la rébellion écossaise y ou si, par son inaction, elle assurerait le triomphe de sa rivale et celui d'une religion ennemie.
Dan3 de pareilles délibérations y on écoute plus l'pitérêt personnel que l'intérêt général , et les argumens de la jalousie que ceux de la justice. On décida donc qu'il étsût permis de se garantir des périls à venir , de se servir des
moyens de l'ennemi pour lui nuire > et qu'on pouvait intervenir dans les affîdres d'Ecosse ^ puisque la France s'y immisçait > et que les Guises faisaient prendre à Marie-Stuart les armes d'Angleterre. ^
Ainsi l'Ecosse devint le théâtre de là guerre qui éclata entre les Français et les Anglais ; Elisabeth conclut un traité avec les réformés; Hs se virent bientôt soutenus par la flotte bri-r tannique et par un corps auxiliaire de six mille honomes; La reine régente mourut cette amiée i56o ; naturellement douce et modér rée j elle ne dut ses malheurs qu'à sa condes* cendance pour ses frères et à son dévouement pour la France. Le spectacle des malheui^ publics ouvrit ses yeux mourans , et ses dernières paroles furent des paroles de tolérance et de repentir.
Ses tristes accens retentirent en France , et ébranlèrent la fermeté des Guises. Menacés dans leur pays par la conspiration d'Amboise, attaqués en Ecosse par le génie d'Elisabeth , Ils rallièrent leurs troupes et conseillèrent à François II et à Marie d'accorder aux Écossais la paix ; la liberté de conscience ^t une entière amnistie.
Par ce traité, Marie reconnut les droits
5o MiRÏMTUARt,
d'Éli^beth y et s^cfûgïigca à ne plus prendre le titre et les armes de reine d'Angleterre. Les Français et les Angkis eVacuèi^nt FÉcos^; le parlement écossais rassemblé se memtra persécuteur dès qu'il cessa d'être persécirté } appiouyantla profession de foi des réformés^ il pt^crivit les rites du papisme , et en punit re^ercj[cepar& cOnfiseation^ le bannissement et la mort.
La forhme, qni s'était foujonrs plue à cowbler Marie de ses fevetirs et à l'environner, depuis son enfance , du phisrbrillant éclat , se tournant tout*à-e6«q> contre elle , lui donna, par la mort de François II son éponx , le signal des rigueurs dont eUe se préparait àlWcabler désormais sans relâcbe.
Jttsque4à cette jeune reine, chérie par son mari , adorée par les Français , respectée en Ecosse , soutenue par les Ginses ^ n'avait vu ses beaux jours troublés par aucun nuage. Le sort l'avait destinée à régnef sur deux pettjdes ; m grâce et son esprit lui donnaient encore un^ empire plus doux sur les ceeurs; n^^, di^hiM tout-à-eo«ip éet trône de France , abfiiâdonnée par dette foulé dé coilrttsans qtii ne soM ^st-^ mais^dèles qu'au pouvoir, exposée sans dé-* fense à k bahie de Catflérîne de Bfédicis J sa
uinm-^anfàii^'. 5i
9mvmgyàB ses dbaftvilés ^'àéson c^^ëcfil y ^^ô- IkrnM imàs k> p«^ où ^He r^Qpmnt k y^éSSt^y et menacée^ par te ws^^iiâii^etiS ^^â^al^
Ibircef et, qfnimd M9 «rtôt)»regitf^se potl^eiit sur l'Ecosse , elle y trouvait trion^^îafiit im colle ^DfflieHiMi in^ fim, et^ MUèttf , dons fe kôm d& prtijbjtënamM»#9 âer ce» formas ti^ràblî-odaes €fw i» veSgion preiîd ]l«rtOUt ûiï die ert condbattfiè»
Ce fut $Hn c(oe le parieMétit é^eèMài^ s6l^ Ikita iwexaoi^ ton Pèfour dbàs^ sa {foë4e.
Mnie^ assiégé de oonseSd ^^Mrens^ ^Us^see pup k iiatuiw à k ^èMilM^ ^ par le élet^ê k le EÎg«e«r y paa^ sc«9 râfiijg* iif k Setîêy hë^tait snrk parti qa^eMe ckfaif prendre. Les méMrs siKvagttlcrtCwlml^eMes ^rÉieosse'Feftfir^aî^^ S0& aéwslicm pMr k Iï«(]^e kretenàitr nkais la hameèeik'ft^e^âiëre temhia'Soiir kidî^cisién y efcy ^iiillral^)itfre0 éé&eapéif* le pfty^' ed elle ^ek cbéfiety mais exS^^ elle s^embarqtid^ën ' gfaikseftt' p^vir 90 ra^ppoefter ^tai trône dbnt rëcbt ca^k^it 4 ses i^gaffds un {^ëcqpice et un tenbeMi.
Citifeme ifit sei;^ «vec jéîe lB6i!gneihefnt dfwe f^Mcne dtfnt'k gvftee etre^rit îtà avaient
5j M^WE-STUàRT»
enlevé loûg-^taryqis les: b<Hnmages de la cour; maïs t|[>ute la : France attrisiée croyait y par le dëpfiprl de Marie ^ perdre, son plus bel ornemev4iXi^ ^expressions naïves d'un dievalîerdc ce t^nips^ 4e Brantôme , pmv^it (k>nner Tidëe dq- r^tbousia^me in^ré par les diarmes de çe^te;pçine*,
K Ainsi^ ditril^ que son bel âge croifisait^ ainsi n i^rîtrrOn en ell^ sa bette^beauté^ ses grandes M vertus crpitire 4^ telles sortesjjue, venant » sur les quinze ai& , sa beauté commença >i..à parfdtre coippie^la lumi^ en {dein midi y >i ;et|jçn :effiicer le sioleil lorsqu'il luisait le » plps fort y tant la beauté de son corps >ï était belle ! Et pour cell^.de l'àme elle était » toutç pareille ; étant à l'^e de treise à qua*- » torze ans ^ elle déclama devtot le roi Henri y » la iceine et toute la cour, puUtquement » 4^n6 la salle 4u Louvi^e y une oraison en » latin qu'cdle avait faite y soutenant.et défeiir » dan1;> contre l'opiïiion commwae, qu'il était M bieq^éant aux femmes de savçir! les. lettres H et^rtslibératuc. Aussi la faisaitrilbeau voir, » pstrler^ fat au plus grand ou iiu.plus^tit ; » elle se mêlait d'être poëte y et composait .des » vçrs dont j^en :ai vu aucuns de beaux. ^ très- » .bien fail^ ; ^le écrivait fort bteuen proae ;
MARIfeHSTtlART. '55
» et 9 quand elle devisait , elle* usait de ttès*- » doux /mignard et fort agréable langage et M avec une bonne majesté , méiëe p<mrtant » arec une* fort discrète et modeste privante , » et surtout avec une fort beUe gràee, de » même que sa langue natmrelle qiu de soy est n fort rulrale^ barbare y mal sonnante^ elle la » {Kurlait de si bonne grâce et la façonnart de » telle soi^9 qu'êllbe lar fiaisait 'très^belle et »: agr^éable en elle ^ mais non en un autres. Je » l'ai vu habillée à la barbaresque modeJ^des » sàuvagjes de son pays : elle paraissait y en un » corps mortel et en habits grose^rs, une i)' vmîe déesse. On disait d^elle ^sie^le soleil ^ de son Ecosse était fort diissemblable à elle'; fi dit quelque jows dé l'an il ne iuît pas cinq »^ heures^ &i son pays ^ et elle luisait -toujours. » Ah ! royaume d'Ecosse, je crois que main- » tenant vos jours sont encore plus courts et » vos nuits plus longues ^ puisque vous avez » perdu cette princesse qui vous illuminait. » On a dit souvent que le* sort avei:^le les princes qu'il veut perdre; Jtf 9^ <> avant de quitter la Francey refosa dé raitifier sa renonciation au trône d'Angletëirë^CSèfeiTus lui attira la haine implacable d^Élisab€f|:lj^^ voyait dans Marie unjSKjnnaiedefrafig^ d'esprit, de
S4 jiAiki«-*«mMT.
h09mhé ^ weaté^ coatm dk des Imoas xk la £ranc9» «des «mias <hBS calkcdifuel^at dfs C6«dnes d» ilMie. Elle lui t^Sam aia«a^«€OMbuty £ft>;8€Ncis|>eéteKl#icb pitt|(er &ei oètMide q«e]^ ^ues pintes.^ johlt en mtw «ne flotte lAsa^ae
MjBiie^^StaiirttiuQO^ ^<9«^es mb
«tecks t MÏn due de 'Shvmm» et «d'«a gmnd
k portdeCialais; imtoarirequ préetédut^es di^œc^alères^P^t^LMls jfieilx^ M la mkie s'éfiria : ^1 qfi^ai}giire4p#iir.«oa yogragel t A^ai!(iÉaQ3l^o«l9bries'ékigoft:da ûoite FtfauMe dléme^^ a^e de flim mifinoe^ thé&tne dé Ms ^premiepes î^ies et de n fKre**imèreng^oiiiè , ^llie'f0iidît eAkrmfs^tlm fifrses adoMVK (par «ces leets q^e le J^nps m^vs a con*-
Adku , plaisant pays de France ,
O ma patrie
Lo^kii chérie!
Qi a «i9|jm4 ma 4#«nr ^
Adîeu'Ffanoe , a<lieu «leà lieoux {ours :
IjÊk «tf 4» dif)oiMiiQ9 mnoorf ^ .
fï'a^demoî^alamoitië; ,, Une part te reste > elle est tienne ; Je la Âe k ton amitié Poar.jqpie lit Tautrett Ir tfouvtene^
hçs, Vif nto^ comme attentife a ^ Couleur »
semblèrent s'arrêter ; le calme dwa t4>i«te b BMàt. Le le»d90iaiiiiiiia<»a^ au pokt d« joiur^ les <ôle9 da Forauoe n'avaient pa^ di^arw ; Jn tciste Marie les revit encore qu^lqu^ init^nç^ lew f^p^ ses plaintes toudiantes et lew fit ses4ei9ciiiers a4ieia:. La m^r a^agite> la reioe part I et 9 seqoiidée pow la dernière fois ps^ le ciel y elle échappe aux poursuites de la flotte aogkise à la fawur d'im trouillard 4p^ j et elle débw^e à Leitfa.
Ce fi^ en l'amifée i56i qu'eue reodtra 4«w la patiâe f. ei^ Yiaia Pp Tacçueittît argcdeftltraw»^ poarte d^ Joie ; le Qontra$te ^ U pauiyr^^ti; „ 4^ la:ruati^i*é éco«afce a»Viep 1^ luxe^ lagalftp^ terie et l'urbanité d^s Fra^açais, attristait liei^ fegarda et opjH^essait son œw. Cette rqine.> à dix-«euf anft, revenait étrangère à so^ pays, à ses lois, à ses mœuif;, privée d'anus, dépwfv im^ d'eicpérieftae, aurwUe'i d'une nation li- 4rrée aw^ ^ymtmyers^ , d'ime xu>blesse twbu*^ lente ^ habiitui^ à l'indépendance , et d'un peur* l^e vieilli daw la haine contre la France*
.Gq[>(^siddnkt le peiwiiant natyrd des homme? fon Ia Aouvefl^té , l'espoir ^pe doni^e to^t dbo^maent d'autprité , fo j^fuiei$^4e la reine> sa^râce otêl^e de digwté> fto» ^prit^ #es tar-
lens y son aménité suspendirent les haines et les rivalités.
Marie jouit quelques mois d'un bonheur apparent ; les partis semblèrent même rivaliser de zèle pour la servit* , et ceux qui depuis se montrèrent les plus ardens pour lui arracher le sceptre et lui ravir la liberté , ne paraissaient alors empressés qu'à se disputerson cœur et sa main.
Ge calme passager n'annonçait que l'orage : la première messe que> par les ordres de la reine , on célébra, solennellemient dans le palais, fit éclater la tempête. Passant subitemeftt de l'amour à la haine , le peuple furieux insulte le trône, profkne l'église, outrage les prêtres. Vainement la reine publie un édit pour la toléraiMîe générale; à peine piut-elle obtenir pour elle-même et pour sa maison le libre exercice de son cirité.
Dans cette situation périlleuse , il fallait au moins se mettre à l'abri de toute attaque étrangère; mais la reine, mal conseillée, mécontenta le plus puissant de ses voisins, le plus dangereux de ses ennemis. Elle^e désista, il est vrai , de tous droits au trône d'Angleterre tant que vivrait Elisabeth; mais elle s'oJ)8tiaMi 3ans prudeace à vouloir que le parlement ^un^
MAKIE^STUART. Sj
gkis la déclarât héritière dece trôné^ dans le CB&oh ÉlisaJbeth mourrait sans enfans. r.î -
Ce-brandon lance par la faible. Marie dai»
le royaume de son oigueilletise rivale^ ce [Mpétexte de troubles domre au parti catholique en Angleterre 9 rendira^it pour toujours toute réconciliation împo^ible.
Marie-Stoart sut reprimer ayec fermeté les brigandages exerce par ime foulé dé bandits sur les frontières ; mais - elle ne put apaker les troubles éscités pair la divkion des nobles^ des HamihonS|y 4ies Botbwell^ des jSoidon et du cboite de Man*; eleUe ne£t:cpi'élude£ lel instanoes' pressantes* du parlemen^t: d'^Écos^e.^ cpd demandait hmubement la proiscriptÎQn du papkane. / .^ *
Huntly prit buvèrtement les armes contre la reine; alors elle se rai<Ht danslenord de l'Ecosse y suivie des <Àe&' prôtestâns. fkm frèye naturel^ Morton./coî»te:de Muicray^ combattit pour elle, et défit conipiétemer^tJIimtly^dônt le fils Gknrdon fuï:déaq>ité. On ioçtidaiùna Huntly à la mort; mais.Ia reine im, fit grâce*
fMarie sentait la nécessité^ au îaifieuxle tant d^orages , de dounëri^un soutien à son titme'j «ft héritier k foà sc^tàre. L'ajodiidino Qiark9>
58 XiADi^TlUBT.
le duc d'Jknfon recherdiaieat m main; dfe venait deperdre^ pat ki moct db «hie de Gtuse^ mii^ipai ferme>,nudsdai^ereux« lies écossais s'oj^Nwaient k tout lien^qui les m^mçatl d'une dominatscm étrangère; i'in^>ébiiieiccidei3gé piotéitant si^eait leinMnd'idûlàtarie à ^nt min liage étranger.
Élisd^eâi «eoondaii cette t)ppcflitia«.9 dans leidessein de priver «a rivale 'de secowB; elle voniatk fa!iFey^>on8er à M^trie » L^sioester» 8on propn fioroiw iJmffï&ï:de là reme d'Éooise À'en irriAa ; dk donna tennun anloid Bamlejr^ Henii-^tuart^ifik dnccomte de Lénox^iMnoi depuis vingt^ans« Sa mere^ Maarguerito Ddu^ glas ^ fiortîfiadt ks rpnétaÉAkms de Marie jwa trône d'Angleterre. Cet hjmen dépktMJt à ÉlÎBttbetii; naû. eliftfdiBnnmla^e$penmt.<(ue ce choix sèmesait Jn'dbcortfe asntce les maft* sons de LénoiiDdôl. d'Hauilton.
^aaaieyj wtôm^ incoiMtaiit^ presoix^ptiienxy €ftiifle 4t ibugnenx^ 4 pekie Mririf imtsLlcs ndbles qui le Tappelaient ^ cakunnûtlaiieine <pd j^ékÊYÙt an tiène >, reganda eoîniûie nn «rinie «es liaisoiK avec Misn^a jy na-
^turcA^ et péodîgmi sa confiaace aven^^ à m «t^MOtarier^ I)i:vtd'Ri2riD^ né à Tiiria^ ^dooC
tout le mMte cmuMait ^sns wi takuft remâsfndbfe pcmr k iMusiqiie, et flug pmmoaeé encore pmr ¥iutAg(m. La reine y cédant ftnx ■rtanttft de Damley, nomma Riazio son «eefétme; biimtôc «et arrogant panmmee montn ^phs iasbtusaBLy et ^devnt ^^tm puissant qne ks mosoBtras*
Ccpendntt la reine^ liT^ftnt obtenu le con^ sentement de l'asseadidée de fo nobkfiM^ épeosa et ixiiircMMaii)ttrnley* Alors MwTa7> et qaelqnee Mitres diefe^s^^tés par i^isd[>ellt> formèrent des ligues contre le nouvea» tou La douc^r «irait pu les vamener; Batnley pvë£âra ia -yîolenx)e« Marie^'eutnlntfe par ses oonsdky ^oévât «ontvb iles râbnnéli^ ^ ca»
dama Hfiafwfiaa jbanaisaeineiit.
Ia gnenre oii^ «'date; Jfarie ramemUe aes troupes 5 i{irend '«Ue -mèaae les amats^ monte k dierâl^anne ees soldais partsoià ékh qaenœ <rt ^par soè jaici M pte ^ oondbA kes ve^^ bcSlasfetles niet eii^^u«e« Leurs dib£i se wé* fogient «ea* AaiglstèQre ; iÉliasd)eth 5 toujoaxs MifinsuBe ^ ^4édlaie fadilî^aeBMnt qa^Me ntt leut qpiomt encoura ge r la vévtàtt *com^ee^ un aHivenÔA l^tiaMi^eUereftise de voir les»iAi9£i des ifivk^llës^ianâîs qn^Uekur prodigue se^ er ^uri l Éi des semurs pour relever lemparti.
Marie trkmiphanté abusa de la yidoire; ^e prit la fatale résolution de prosôrire les réformés. Dans le même tanps Damley, ingrat et violent ^i^ense l'orgueil de Marie par ses dédains, et blesse son cœur par ses iùMélités. Irritée comme mne et comme femme , elle confie ses chagrins à Rizzio, qui ai^t ses blessures , cit se déclare hautemràt* contre Damley. Son insolence excite alors le cessentim^at de McMqn et des nobles ; le roi, non moios. irrité > laisse éclater des désirs de vcngeiince. »
Le duc de Rutiiwen, Morton et d'autries con)Ui^s entrent dans le palais , le 9 ma» 1 566, 4 la tête de cent soixante: homûes armés. La reine, grosse de six niois, soupaitialors arec klcomtesse d^Argyte, plusieinrs autres personnes et Biz2sk>. Gelm-ci, à la yue^ du péril qui le menace, se jette aux pieds de ia reine pour se &ire un rempart de sa personne sa«* crée; Butbwen , le poignard à la main,. lui eommaudp.de s éloigner ; Riezâo-V troublé -paï' ktpfiur^ :entoure Avarie de ses inrâs i icainienfeènt lar reine tremblante' en^ploie* tour à totirla fÉfièreyles pleiira, lësinien^oes'p^ùr désarmer les. meurtriers ;'on afcsMrfievioL^mmdht/Bizzia die rsqnriasile ,. et , sous jles jrenx ;d& 'Marie'y il
MàRIE-ST0ART. 6l
tombe et meurt frappe de cinqtiante-sii;; coups
de poignards
Les conjures^ redoutent dès-lors le châtî- Qient de leur attentât , entourent de leurs gardes le roi et;la reine. Marie ,> prisonnière y est forcée de dissimuler et de prometti*e aux rebelles le pardon de leurs outrages ; mais bientôt ^ rompant ses chaînes y elle trompe ses surveiUans y emmène son époux avec elle y fîiit jusqu'à Dumbar, arme huit mille hommes y se rapproche des mécontêns y affidblit ses eiïnemis en les divisant y isole ainsi les meurtriers de .RizEÎo y et les force à se sauver en Angleterre.
La reine les mit en jugement^ et leur con^ damnation fut <U6Bicile à obtenir; car on tenait encore en Ecosse à cette s^euse et vieille maxime d'après laquelle on prétendait (ju^iljr a des fias où l^ assassinat est un acte vertueux^ plus, méritoire dans unùhewilier que dans un écujrer, dans jm jrai que dans . un ckeuatier; maxime^ qu'après beaucoup ' de débats >le con-die de Coiistance^ en i4i7> avait enfib proscrite^ . r... ' , . • , . , . ,,
L'amour de Marie pour Darnley s'était:
éteint dans. le sang.dé Rizzio. Ce roi ^ lâche et cruel , complice d'un meurtre qu'il désavouait^
02 MàBU-*9friumr»
ëtak devenu par son ingratitude^ par son irrrcv gnerie , par ses débauches , l'objcit de Kivrei^ sioa et du mépris de la tmoa.
Le OMute de Bokhwèl y quoique protestent, s'étiât nsntré fidèle à Marie; elle lui devait le reciHivrement de la lU>erté : le do& €d«paide de son cœur e» fut le pcix;,et cet amour iU^UÎMe, qui adcmdft passagèrement lesv chagrins de cette reinein£(Mrtimae> lui ceàtaî hianr t^ la porte: de aa Yéputatkux^ db sa liberté^ de MU trâne et de la vie.
Dana Tannée lâââ^MariemitaoaMndeim prince qui depuia y sous le nom de Jao^[uesVI^ régna en Ecosse et en Angleterre. Elisab^tk accueillit cette nouvdy^ avec ime fauasa yoie , conseatiit à tenir sur les font» dia ba|>ténie l'estfant de sa rivale^ et parut aittal s'efibrear de la» i;éeoneilier avec son époux*
Le roi d'Ecosse.^ faaï de toae les partis ^méprisé par sa ferame> iaolé dans sa cour, teaaï^ pUt l'Ëiwope de ses plaintes y implora la pro^ teotion; du pape, des roK de France et dfEsr* pa^ne. U voulait quitter VÉcoasef la reine, fei*gnant un retour de tendresse, parvint à le re» tenir* Cependant Be4iweL,> chargé de €XNntibattreks brigands qui iafestaient la firontière^ revint blesse par eux; Marie, le voyant en
1I1R]E«-STIIA&T. 65
fétïkf ne laissa que tit^ éàaier s(Hi eoapafale
A Ift^ même épocf» y Élisabetii tomba gnnvement nulade : Fimprudente Marie crut l'in* stant pïopûie poixr t9ep^\Qt ses préleBlions à k gucsceesiaii et ccfttie risme; la parleaMiit s't m<«t» Êt^urable. Elisabeth ea n^sse-iit ««e vive inquiçtadey un. profond cbfunoux ^ et ce Be< ait qu^après beaucoup d'efibrts pour gar* gfter la majorité de ce parlement qfu'eUe pai^ Tint à faire i^oumer sa décision.
On c^iëbrait en Ecosse le liaptème du fils Âe Murie i les protestans refusèrent d'y assise tar; le pakos et la nation étaient Uvrés à la discorde : partout k rebellîoii se préparait; le crime se méditait. I>aiBle)r, solitaire>^ assî^ cb craintes , tenibe malade à Gkscow^ et se croit empoisonné ; la reine se; raid aupràst de Itéy «ej^Lgtie) sa: confiance par de feintes en* lesees ^ et le décide à ^vienîr habiter uDemaiaoQ isolée y située pues des portes d'Edimbourg Elle TÎeat l'y voir fréqfuenmient et y couche même dêuximil^; mais leg^ février 1567^ elle qiàte cette SMiisott pouv se reasdre à» un bal BQMqtié qe^'eitoi donnast: dans son palais. TxMztH SHCoapyàdeuiiheMes du matin ^«ueeffivyante déloiisftioii»se^£»t enCemhef imex^^ pla^
64 MÂRIE-STUABt.
cée sous la maison habitée par le roi > éclate et disperse au loin ses débris ; on accourt ^ et on trouve étendus sur la terre le corps de ce prince, et celui d'un dé ses domestiques.
Vainement Marie , s'eflForçant de détourner les soupçons qui planaient sur elle > publia une psoclamation pour promettre de fortes récompenses à celui qui découyrûrait les auteurs du meurtre ; la yoix publique y aussi éclatante, que Teiqilosion fatale y nommait Bothwell et accusait la reine : les murs de; la ville étaientcouverts de placards injurieux contre elle. LéiK>x poursuivait en justice Botbwell> conune auteur de la mort de son fils rmais l'aveugle Marie , n'écoutant que sa passion ^ coilrait ellemême au-devant de sa destinée^ et semblait braver l'opinion publique y en prodiguant avec audace sa confiance et sa- faveur à l'accusé qu'elle revêtit du gouvernement d'Édimboui^^ enlevé au comte de Marr. Enfin , pour comble de scandale , on presse le jugement^ on né laisse que onze jours à Lénbx pour préparer son accusation; Bothv^éll resté en liberté^ et continué d'assister au conseil privé ; les pairs se rassemblent ; le coupable^ absous par eux ^ mais condamné par l'opinion, publique^ défie en champ clos tout nouvel accusateur, comme
MARIE-STtrARt. 65
si le sang versé dans un duel pouvait laver ce* loi qu'a répandu l'assassin. Telle était encoare la force des vieilles moeurs féodales a«ix yeux des dievaliers; fat bravoure prouvait tkini^ cence et la vertu, ou en tenait lieu.
Lénox > voyant la puissance dans les mains de son ennemi^ cherdie un asile en Angleterre. Le parlement d'Ecosse est convoqué; Botbwell, le jour de l'ouverture, poorte arrogam» ment le steptre devant Marie, comme l'un de ses grands oiBciers. On présente au parlement un acte dicté par lui et fiavorable à la religion réfottnée. Il gagne ainsi une partie de la no^ blesse,'dootla majorité, sans pudeur, invite la reine à épouser son coupable favori.
Lia reine oppose à ces sollicitations une résistance peu sincère ; elle part pour Stirlîng dans le dessein de voir son fils. Mak Bofhwell, à la tête de mille chevaux, l'arrête dans sa route , l'enlève et la retient prisonnière à Dumbar : dbacun crut cette violence eoncwtée. Le ravisseur rompt les liens d'un premier hymen , et , devenu libre , conduit Marie au (Mteau d'Édimbouig. Là , cette reine se présente a l'assemblée des nobles, déclare qu'elle consent k épouser Bothwell, et que ce consen-
4ement est yoloBteire ; elle crée saa futur époux ^c d'Chrkney..
Le aou¥MU 4uc v«iit s'ei»p»er du fib de la muie^ Je comte de Magty goavernear du jeune prince '^{paor une instance vigounoifiBe, 4^ 'force à renouoer à .son.entrofnse ; mais le fiiueste ^Iuariage de la reine s'aucconipUit^ et BcMJbiw^l^ sans recevoir le :titre de roi, en exerce l'autorité et en signe les actes.
)' Le lUonseRt était venu oh le haadeau qui tcoijiyrait les yeux dé la \éikue reine devait tom- .ber : bientôt f affireuse vérité allait remplacer 4e folles ilkifiipBS; Le tmariage 4e Bothvrell excitait l'indigns^on ^dnérede ; nwe fouissante conjuration se foiime. Acgyle y Athol^ Marr^ Morton^ Gkttcaim, Home, Lîndsay, Boyd, ]Miun%ty, Kirkaldy et Maidand se réunisMst à SflirUng; leurs nonAreux vassaux courent aux anoaes. Marie et Botb^ell consternés s^e retirent à Dumbar, rasscxnbleut des troupes , ma^ ne peuvent mnimer leur courage ébmalé •par l'injustice de leur cause.
. A peine les armées soutnelles en présence,
- qw eelle de la reiae plie et se disperse; BolJb-
1/velliuit; Mai^ietombe dans les mains des n-
-beUes. Morton et les auti^sichefs l'accuetUent
MABIE-STUAHT. 67
avec des formes reapectueusâs ; mais ^es. soldats l'axTcafalent d'injures y et déploient à ses j€ux un drapeau ou l'on avait peint le corps du roi assassiné , et le jeune prinœ Jacques di*^ stat ces paroles du P^alnûste : O mon Dieu I sois mon fuge et prends la défense de ma c^use.
Les vainqueurs de la reine la conduisirent à Edimbourg ^ précédée de Tbornble drapeau ^ s^al ie honte et de motrt . Un peuple inuneose, qui naguère semait ses pas de fleuns y hii pro-^ diguait en cbemisi les plus sanglans outi*ages. On lui danandait le sacriii^, de son nouvel époux ; elle orefiisa d'y consentir , soit qa'eiie crtd k son inooeence y soit que l'amour eût plus d« force dbans son oœur que la crainte des fers et du trépas.
Lç château de LocUeven, situé dans une lle^ au milieiK df'un laç , servit de prison à la reine d'Ecosse, hky elle fut livrée aux persécutions etàla haine de lady Douglas y mère de Muiray^ femme hautaine y autrefois maîtresse de Jao* ques y > et qui prétendait avoir été sa fen^me.
liSS chefs de k rébettion gouvernèrent la rc^amne ; le conseil privé y composé par eux y gagna l'affisetioit du peuple en poursqivairt de BOttveau les meurtriers du roi . Toutes le^ chan^ cm du 9ort se réunissaient contre 1 'iafortanée
68 MAKÏE-STUART.
Marie j larrestation d'un messager de Bothwell fit tomber dans les mains des ennemis de la reine une cassette qui contenait sa correspondance avec son criminel amant. On trouva dans ses lettres trop de preuves , sinon de sa complicité y du moins de sa passion aveugle pour Bothwell , et de sa violente haine contre Damley. Certains passages mêmes montraient qu'elle n'ignorait point les funestes projets qui menaçaient les jours du roi.
Cette découverte abandonnait. sans secours la reine aux vimgeànces de ses ennemis. Dans une telle extréinité , elle dut , pour le moment, son salut à la main dont elle redoutait le plus les coups. Elisabeth , croyant sans doute sa rivale trop abaissée pour être désormais dangereuse , parut prendre son parti , non par générosité , mais par politique > non pour relever sa fortune , mais pour alimenter en Ecosse le feu de la discorde. Elle proposa donc aux lords confédérés , ou de lui rendre une autorité' bornée , ou de l'exiler en France y bu de Ja' SOU7 mettre à un jugement impartial et solennel :
le conseil privé penchait vers le. second parti.
Lindsay fut chargé de proposer à la reine d'abdiquer. Après avoir balancé entre le péril de la résistance et la nécessité de la résignation.
Marie-Stuart j persuadée qu'une abdication forcée était nulle , signa cet acte le 24 juillet 1567. Jacques VI , son fils, fut couronné. On donna la régence à Murray , comte de Morton , honune d'Etat habile , mais frère dénaturé.
Oubliant que Marie était sa sœm^ et sa bienfaî-. trice, il ne la revit que pour FaccaBlOr de reproches.
La fin de BothweU fut digne de sa vie :
poursuivi d'asile en asile , il se fit pirate , vit* sa flotte détruite dans un combat naval , se sauva avec un seul bâtiment sur les côtes de Norwège ^ s'y empara d'un riche vaisseau , fut ensuite pris et jeté ea prison. Il y tomba en, démence , et mourut après avoir expié ses crimes par une captivité de dix ans.
L'infortune de Marie semblait jeter im voile. SHT ses. erreurs ; sa jeunesse , son esprit , ses charmes , l'ingratitude de ses oppresseurs , la rigueur de sa, captivité faisaient succéder la pitié kVindignation; un parti nombreux co»spiraitea secret pour elle, et, lorsque le parlement , convoqué par Murray , accepta l'abdication de la reine , lut publiquement ses lettres et la' déclara complice du meurtre de son époux , on se souvint que le même parlement avait absous ce meurtrier , et avait pressé
fjO MARIE-STUART.
Marie dé lui donner sa main. Enfin 6li n'oubliait ]()as que les persécuteurs de la reine y vio— latil eux-mêmes la majesté royale , l'avaient accablée d'outrages , et qiie leurs mains fumaient encore du sang de Rizzio égorgé k ses pieds : on ne pouvait respecter de tek juges.
Marie , privée de la puissance royale , conservait toujours celle que donne la beauté.
Georges Douglas^ &gé de 18 ans^ enflammé par elle d'amour et d'espoir , s'eiûpare des clefe du château de sa mère ; il ouvre à la reine les portes de sa prison $ elle se sauve dans une barque. Sayton , Hamilton et d'autres lords l'attendaient sur le rivage ; ik l'accueillent y ils l'entourent ; ils lèvent pour elle une armée; une foule de guerriers s'arment pour la défendre»
La reine , entraînée par leur ardeur , commet une faute irréparable : au lieu d'attendre la réunion de toutes ses forces, elle marche pour s'emp^er de Dumbarton , et rencontre l'armée de Morton à Lang^^Side-Hill.
Une colline séparait les deux armées ; Morton s'en empÉire , et se poste sur un terrain coupé ou la nombreuse cavalerie de la reine devenait inutile. La bataille se livre, la fortune abandonne sans retour Marie ; ses troupes sont mises.
en dérouté ; dleHnaénieifoit. ËHe deyait âfuefi^' cher ion si^e s«cv6t- em Ecosse «^wr^giagiifét:* îéàf TVfBgêê prc^clenrs et^érâ ik la Frane)^^ timid^' gmdëe par sa fiuieste ëtoîie él trompés par ta feinte 61 récente généfosîté d'ËUsa{;i<etK; > ieHe s'embarqae et descend à Carlitte en Angleterre^; \kj eHe écrit ^1* ht reine 8« cooisine , lui i^cofité^ ses outrages^ hii peint 8(es malheiirs et implore' sapitië. '
Élisftbetii^ ne jcrnil paa sans trouble de' son triomphe. Marie y ati imlieu d^ rAngkten*^ ^ excitait encore ses alarmes : les malheursr de cette reine pouvaient , ainsi que son éspritr éf 9t6 charmes , armer pour elle 4e pmrtî cathoiique; et cetfie rivale captive M sembldti iàu milieu de son propre pays y m» dté^aîNt^los^ile et dangereuse.
¥i\e convoque son cohseil pour décider^ non ce que demandait la justice , mais Tintérèt. Èé* r^ntëgration de Marie serait gkkîetme mais îfiipôiitique > et la haine ne croit point au pou* voir des bienfaits. Il était à craindre qu'un eidl en France né décidât les* Français à fe ramener darfis FÉcosse; si on la laissait libre en> Angleterre , sa beauté , son adresse , ses in-^fortunes soulèveraient en Sâr faveur un parti mécontent et nombreux. Il est vrai* qu'aucun
7^ MARIE-STUAKT-
àjt'oitj aucune loi^ auéun motif fonda tydpon-- Yailt justifier la rigueur qui ^ au Ueujd'un asUe ^ lui offrait une {n:*ison. Mais la politique trouve toujours ^ à défaut de raison, des exemples.
On s appuya sur cehii d'Henri IV, roi d'Angleterre , qui commit , dans une pareille circonstance , une semblable imquité , et Marie fut retenue prisonnière. A la vérité dans le commencement, on ne l'enferma point; mais elle fut entourée d'une garde nombreuse qui, Siou^ prétexte de la traiter avec honneur, la surveillait et né lui laissait aucun moyen de s'évader.
Cepeadaat Marie , toujours crédule et trop disposée. aux,sesiitimeps doux et tendres pour concevoir une haine si violente, pressait con--^ tinuellement son ennemie de lui accorder une entrevue. La reinç. d'Angleterre lui répondit qu'avant dé l'admettre en sa présence , il fallait qu'elle éclaircit les soupçons qui pesaient sur elle , et qu'elle se justifiât complètement dii meurtre de son époux.
Là reine d'Ecosse , trop confiante , commit alors l'inconcevable faute de s'abandonner sans réserve à son inimitié ; elle lui offrit de la prendre elle --même pour juge. Par- là, elle tombait dans, un piège qu'on n'avait pas osé:
lui teadre ; elle se préseûtait ettè^méine au tribunal^ non de la justice^ mais de là jalduste;
let^ renonçant à son indépendance ^ elle don^ liait aune reine étrangère une apparence de droit pour prononcer sur sa destinée.
L'accusée s'étant choisi tin juge^ l'accusa-^
'trice ne tarda pas à paraître. Ce fut la com-
. tesse de Lénox y mère du roi assassiné ; et le régent d'Ecosse envoyàidcs commissaires dhargés d'assister en son nom à ce grand procès.
I Marie ouvrit alors tardivement les yeux.
« Je ne voulais^ écrivait-elle à Elisabeth , que » lever les scrupules qui vous décidaient a re- » tarder notre entrevue; mais jaoÉiais mon in**
; » tention n'a été de plaider avec iim sii^ets^ « Je vous ai préféré à toute autre pour îm*- » plorer votre secours et vous inviter à venger » les droits d'une reine et d'tme parente ou- » tragée. Cependant ^ puisque vous admettez » près de vous mon frère , un fils illégitime^ M un sujet révolté, et puisque vous craignez, » en me voyant , de compromettre votre ré- » putation, laissez-moi du moins porter ail- » leurs mes justes plaintes et solliciter un au- >i tre appui. »
Elisabeth ne fit à cette lettre qu'mie réponse évasive et captieuse. La ville de Bolton servit
>^4 MÂRIB^STUllUr«
de {rnson à Marie ; la reine d'A&fçIeterre y vauriant à la £oi» assouvir sa yengeance sur sa captive et soutenir les droits delarôyandé^ désap^ prouva la; révolte dont eile profitait ^ et ordonna aux lords ëoosBaiB dftjxBtifier Uxtt rebetiîcni. Cet erdife pouvait renonyder la guerre civile en Ecosse ; mais Fiiifcntunée Marie ^ toujours trainpée^ crut adoucir son sort et apaiser Élisabetii) en ordonuarot à ses partisans de déposer leiors armes. On ouvrit des conférences à Yorck ; les conomisattires de la reine et du régent s y tn>uvèrènt.
Cependant Marie vainctie £a^«tlî enoore trembler Elisabeth trk>mpfautte.U» parti nom. lH*eiKi: s'agitait pour eUe en Angleterl^ ;. le duc de Norfi(dk > populaire et piMsant y ambi^n* naît sa maiik et le trône d'Ecosse. On transféra les conférences à Wesitminster. Le régent y vint y accusa fbrmc^ement la reine d'Ecosse y et produisit >iponr appuyer son acctraaticm , la correspondance de Marie et de BothwelL La reine d'Ecosse refusa de paraître devant ses juges y et proposa de terminer cette querelle scandaleuse entre elle et ses sujets par une transaction.
Depuis qu'Elisabeth se voyait armée des fat^itles lettres qui trahissaient tous les secrets du
MARIE-STUÀHT. j5
cœur de sa rivale^ elle reciUmblait ses rigueurs, et supprimait dans ses lettres tûntes formes d'amitié. Geipéiidaat y soit qu'elle ne voulût ou qu'elle n'osârt pas encore ternir sa gloire en frappint une tête royale y die écrivit à son enoe* mie pour lui conseiller de reconnaître le pouvoir du Régent en Ecosse y et de consentir à lirrc en Angleterre sous sa protection.
L'adversité élèvd les cairactères qu'elle ne dégrade pas ; Marie se montra toujours plus graBde dans les fers que sur le tône» a Je » piéfère y écrivuit^elle à Ëlisabetb^ la mort » au déshonneur ; je périrai plutôt que de quit-^ » ter mon sceptre héréfStaire ; on ne me Fan^iK )) chera qu'avec la vie > et mes dernières paroles » senmt dignes cPune reine d'Ecosse. »
Cette fierté parut étoBner sa rii^le y su^ndre ses coups et la plonger dans sas aoucienues incertitudes. L'on^eil de l'Ecosse se réveiHait^ h» Anglais s'i^taient y la France menaçait.
ÉHsabetb troublée change subitement sa mar^ che ) elle propose aux Écossais y ou dk rétablir Marie ^ ou de lui accorder une retraite houoniAe. De son c6lé la reine consentait tardivement à son divorce avec BotfaweU. Dans le même temps la conspiration de Norfolk fai*sait des progrès ; un grand nombre de nobles
y6 MARIE-STOART.
anglais entrait dans son parti f la fortune de Marie-^uart allait changer.
Soudain le génie d'Elisabeth Félève au-dessus de tous les périls qui Fentouraiént ; elle pénètre , par la trahison de Leicester , le plan des conjurés ; le régent livre les lettres de leurs chefs; Norfolk est enfermé dans la tour de Londres ; les chaînes de Marie sont resserrées ; ht rébellion qui éclatait est étouffée.
A la même époque 1670 , ITcoss^ devient le théâtre de aouveaux troubles ^ le régent est assassiné. Ces orages du nord retentissent dans les autres contrées de TEurope ; l'Espagne protège Marie y la France s'arme pour elle ; le pape excite les câthoUques à prendre sa défense.
Elisabeth y dans lé seul but de gagner du temps y se montra prête à rendre le sceptre à Marie ^ pourvu qu'elle renonçât à ses prétentions sur la couronne d'Angleterre, qu'elle donnât des otages , et promit de ne rien entreprendre contre sa rivale. La captive discuta ces conditions avec autant de fierté que celle qui les ofirait y mettait de^fausseté.
Le nouveau r^ent d'Ecosse , Lénox, périt encore assassiné. Norfolk , rendu à la liberté , conspire de nouveau , et compte sur un secours d'Espagne; mais la lâcheté de ses complices
MiBIE-STUART. ^7
trahit encore ce complot. Charles IX , roi de France ,. signe la paix avec. TAngleterre sans rien stipuler pour Marie ; elle n'est plus traitée en reine y mais en criminelle. Enfin j les deux chandbres du parlement d'Angleterre secondait avec servilité les passions de leur reine y déclarent Marie-Stuart coupable de haute trahison et déchue de tous droits au trène. Elisabeth alors l déguisant sa joie cruelle sous une hypocrite douceur y proposa aux Écossais de renviQyer la reine, chez eux> à condition qu'ils la jugeraient criminellement.
Ce fut dans ce temps que le fameux Knox mourut. « Voilà , dit Morton , en voyant son » corps inanimé y celui que jamais face d'honâne » ne fit trembler. >> Morton était alors revêtu de ce titre de régent y qui donnait à tous ceux qui l'ambitionnaient Un pouvoir incertainvet une mort tragique. Le roi d'Ecosse , JacquesJ^ fils de Marié ^ profita de la haine inspirée par le, régent aux nobles; il s'empara du pouvoir ,é*} .envoya Morton au supplice. . : .
M,(<3e; jDOUveau règne devait idonjBfcer quelque es^toîr à la reine d'Ecosse ; mais , dans, ce tèm{is .{4jaS{ efÊ^ ^sùnais^ la politique écoutait pé^r la nature. Jacques se montra fils ingrat et roi faible. Marie-Stuart ne trouvait. plus. der défien-
Digitizect-by VjOOQ le
seufsardens et àitrepides que parmi les csàlaoûr ques d'Angleterre. Geiix-<â , excités par le pape et le roi d'Espagne y formèrent succeascr^ment pluaieurscoiispirationscontre Elisabeth. Throdi Bforton fat le dief de l'une > et Parry celui de l'autre. C^ dernier derait assassiner la reine d'Angleterre : ce crime ^Mt conseille et apptouyé par le a<mce du pape et par des j^sui* tes de Paris et de Venise. Parry ^ dacoinrertet Urré au ressentiment de la reine par Néril 9 monta sur rëcfaa£a4id : son criminel dessein ne fit qu'aggraver le sort de Marie ^ en associpiat contre elle la haine des protestans au courroux de son ennemie.
Le parlement d'Angleterre y donnant «dors à ÉKsabeth les armes les plus formidal^^4eclara q«e^ si une ccnspiradtm était tramée par (judques personnes ayanê préteniién à ta couronne , la remepQUi^aii les faire juger pc^ une commêsskm. de vingt-^quairejuges i c'était lerer lahache mft la tâte de Ijlforie^Stuart. VainMnent Castelneau ^ ambassadeur de France y {dus généreiix qtie son roi y tenta quelques efforts pour Marie j que pouyait-41 en faveur d^une reine livrée pat sessuyets et abandonnée par son propre fils?
Lamalheureuse reined'Écosse gémissait àn^
sa pmon Bmr Viagraiitod^ de ^es Sh dénatoré.
(( Je ne lui envie pas son sceptre > dit-«eUe; je H n'aBraÎ6 vonlfa tretoumer en Éeofise que pour i» lereiviaîr ; il me hksè prirée de tont ^ueme A) reBéanou» senrice > «t ne jEh'accorde attciia M !S£Cûru,rs« iS'ii oontinue, )e le maudis; «t cette i) 4îOBDttHie qui lui vieut /de mei ^ je la diurnet TaâÀoelui^^ enme défeudant^ sasu^me M pnmimr son courage et éa seeouiaiBSttioe^ a)
Geiâche pcin» , «éluit jhut les artificeanif Élisabeth y signa un traita d'idliaoce ai/^c eUe ^ en reçut im^ pension , et vendit ainni sa mère àfiOBÎniplaoahle ennaoaie.
Bans cette âdak obriconstance ^ un Aitghiis.^ aoMttiéBabiB^niSémimh aoK^oiiitesd'Arundelât de rîortfaumberland pour âétiwerMarie* Mais leur correspondance avec cette pHncease fnt iou ao|^iOMe ûniïéseaeptèe ; ^ cb dernier omÊfka. decôimeit dacida des jamÊs de k ceine d'Écofiie. On aafeit ses papiers , on arrête ae$ domefiticpiw , im la rasmire dans une itroite . {HÉ90U, et ton l'aocuse c&ahmém&it k l'acte du ^pmr^nmiA. lÛBoadaeuiéB ai^a»t d'étne jugée , elle se voit^ii^padée arant le sappiû»^ <€É ses juges ^ affai^Bt kfiolMnm^it de mécoaaitaltre ^es (titiKS^oe kti dooiaent quejcektide m àbam, fiUe de Jacques V , decnieir mi des Écossais ,
8o MARlE-STUAhT.
et communément appelée reine d*Écosse et douairière de France. »
Les commissaires se réunirent dans le châ-^ teau de Fotbringajr, asile ou |^utât prison de la reine ; ils lui ordonnèrent de se présenter à leur tribunal. f< Je ne puis > dit-elle, recon- » naitre TOlre autorité ; je suis indépendante , » je suis reine , les prince seub peuvent nw w juger. On a enfreint toutesles lois (|uigâran- » t^saient ma liberté: les^violera-t-on encore » pour m'arracher la vie ? »
Le sort des princes est d'être tronqués jusqu'à leur dernière heure par ceux qui les entourent. De perfides courtisans lui persuadèrent qu'Ëlisabetib désirait qu'elle se justifiât , afin de pouvoir sans honte lui rendre le trône et la liberté.
La victime couronnée cède non à la force, mais à l'artifice; elle comparait devant ses juges, le i4 octobre i586. Après avoir protesté contre l'incompétence du tribunal , eUe répondit à ses accusateurs avec ime fermeté , unç élévation et une pr^ence d'esprit qui cantraîgn^rient ses ennemis à l'admirer.
Sa gloire pisissée , les orages de sa vie , sa .situation présente, une captivité de vingt ans , , l'éclat de son rang, le poids de ses fers, la
MARIE-STUART. 8l
I^itunitë de ses droits , Tinjuste haine de ses persécuteurs, retracés par elle dans un langage éloquent, avec une voix douce et touchante , arrachaient des larmes à tous ceux qui Técou^ taient; mais bientôt, reprenantune noble fierté, elle fit sentir aux lâches agens d'Elisabeth Finconvenance de livrer l'honneur d'une reine aux subtilités des gens de loi, sa tête au jugement de ses sujets , et de pousser enfin l'oubli de toute justice jusqu'au point de la contraindre à plaider sans défenseiurs , après lui avoir enlevé tous les papiers qui pouvaient servir à sa justification. <c Je nr'ai jamais trempé, dit-elle, » dans les complots de ceux qui conspiraient » contre la reine d'Angleterre ; j'ai quelquefois H combattu et puni des rebelles, jamais je n'ai M soutenu leur cause. Je méprise le témôij» gnage des hommes flétris et achetés qui ont » déposé contre moi. On a su, en leur don- » nant la mort, prévenir leur rétractation. Je » n'ai jamais conspiré que pour recouvrer ma n liberté ; c'est une conspiration que la na- )) ture dicte et que le ciel approuve. J'ai fait » plus , j'ai averti la reine d'Angleterre des n périls auxquels l'exposaient son injustice et » l'exaspération de mes propres partisans.
» Émule d'Esther et non de Judith , j'abhorre
82 makie-stuart:
>j l'assassinat. Lorsque mon peuple rebelle m'a » persécutée , j'ai prié pour lui , et jamais je » n'aurais répandu une seule goutte de sang » pour sauver le mien. S'il m'était arrivé de ji consentir non-seulement de paroles , mais ^ même de pensées , à aucun attentat contre » les jours de la reine d'Angleterre, loin de » fuir le jugement des hommes, je n'oserais » pas même implorer la miséricorde de Dieu. )i
Cette malheureuse reine i en croyant s'a- ^esser à des juges, ne parlait qu'à des bourreaux. Ils la déclarèrent unanimement coupable de conspiration contre la vie d'Elisabeth. Le parlement , dominé par ses .propres passions et asservi à celles de la reine, ratifia cet arrêt, quoiqu'il fût aussi inique pour le fond que pour la forme , et que jamais on n'en eût rendu de plus insultant pour la royauté.
Il joignit à cette ratification une adresse pour Elisabeth. Dans cette pièce , digne ornement des archives de la bassesse et de la tyrannie, le parlement, après avoir cité, avec l'ignorance et la pédanterie du temps , l'histoire et les livres saints , supplie Elisabeth , au nom de la sûreté du royaume et du maintien de la religion , de faire subir à Marie le châtiment de ses crimes ; enfin il déclare que , si la reine
écoutenine impolitique clémence, on ne pourra plus répondre un seul jour de sa vie , de sou culte et de sa liberté.
Les vœux d'Elisabeth étaient comblés en voyant que la nation anglaise prenait sur elle la honte d'un tel crime. Trop dissimulée pour laisser éclater sa sanguinaire joie , elle fit au parlement une réponse ambiguë, parla beaucoup de ses dangers , de son amour pour son peuple et de l'ingratitude de Marie. En même temps elle conjurait les chambres de lui épargner le chagrin d'ôter la vie à une reine sa parente , et elle les pressait de chercher , pour garantir la sûreté publique , tout autre moyen que celui qui lui donnerait la douleur de tremper ses mains dans le sang royal.
La flatterie devine avec promptitude les artifices de la puissance. Les chambres, dans une nouvelle adresse , redoublèrent leurs instances et demandèrent avec emportement la mort de la reine d'Ecosse. Ce cri retentit dans l'Eu- '^P^ > y répand l'alarme , et consterne les princes. Henri III menace; Jacques parait en fin entendre la voix de la nature ; il veut sauver sa mère ; il conjure Élisabetli de révoquer une sentence injuste et outrageante pour l'É-
84 MARIR-STUART.
cosse : irrité du silence de la reine d'Angleterre , il prend les amies.
L'artificieuse Elisabeth promet un délai; mais^ en même temps , elle fait publier la sentence fatale ; sa victime n'est plus traitée en reine , mais en coupable et en condamnée. Ce fut alors que la justice divine fit éclater sa force , au moment où celle des hommes disparaissait.
Par un contraste frappant entre les deux reines , la sérénité régnait dans l'âme de Marie , les orages grondaient dans le cœur d'Elisabeth; la paix de l'innocence brillait dans les regards de l'une, les tourmens du remords se peignaient dans ceux de l'autre ; les nuits de la reine prisonnière étaient calmes, le sommeil fuyait celles de la reine triomphante; et le trône d'Elisabeth aurait paru , aux yeux d'un observateur moral, plus voisin du supplice que la prison de Marie.
L'attente inquiète du peuple, les mouvemens des catholiques, les préparatifs de la France, le bruit des armes écossaises, les clameurs du clei^é, la multiplicité des nouvelles alarmantes répandaient dans toute l'Angleterre une terreur panique. Elisabeth, inquiète^
iuAiiiJi-STTJART. 85
tourmentée, balançait entre la crainte et la fureur, entre la haine et l'humanité; elle rje sait plus si elle perdra ou si elle sauyei*a sa rivale j vingt fois elle prend la plume et la rejette. On l'entend à tout mon[ient crietautjerj^ autferiy frappe ou sois frappée.
Entraînée par son funeste génie , elle s'élève au-dessus de tout remords et de toute peur; elle profite de la fureur des catholiques et de répouvante générale des pix)testans pour ^préparer, pour exciter l'opinion populaire contre Marie. Enfin elle signe l'arrêt de mort ; mais, avant de l'exécuter, elle cherche à séduire Powlet, geôlier de la reine, dans l'espoir qu'il se chargei^ de la faire périr en secret : sa haine avait rencontré une foule de juges serviles, mais sa puissance ne put trouver un assassin. Alors elle défend qu'on lui parle jamais de Marie. Ce voile était trop léger pour cacher sa volonté barbare ; elle fut comprise , et les commissaires chargèrent les comtes de Sclirewûmry et de Kent , ainsi que le baut-scheriff, de faire exécuter la sentence.
Ils obéissent; ils lisent cette sentence à Marie. Elle l'écoute sans montrer aucune émotion, w Une âme , dit-elle, qui murmure quand » son corps doit être frappé par la main du
» bourreau , n'est pas digne des félicités du » ciel. Je ne m'attendais pas à voir la reine » d'Angleterre donner la première l'exemple )* de violer la personne sacrée d'un souverain; » mais je me soumets sans peine à ce qu'il plaît » à la Providence d'ordonner de moi : elle » connaît mon innocence et j ugera mes juges, m
Privée de tout autre secours , Marie demandait celui qui, dans une pareille circonstance , lui importait le plus : c'était son aumônier; les barbares le lui refusent.
Jamais, dans le temps de sa puissance, cette reine infortunée ne parut entourée de plus d'amour. Sa prison retentissait des gémisse-mens de ses domestiques. Vainement elle les conjurait de vaincre leur douleur; sa bonté, son courage , sa douceur, la lecture de son testament , le partage du peu qu'elle possédait entre les personnes qui avaient consolé sa captivité, changeaient cette douleur en désespoir.
Melvil , ami rare , puisqu'il était fidèle à l'infortune, ne pouvait retenir ses larmes en écoutant les touchantes prières qu'elle adressait au ciel. « Ne pleure plus, mon cher Mel- » vil, dit Marie; c'est au contraire maintenant » qu'il faut se réjouir. Ce jour est le terme.
MABIE-STUART. 87
» si long -temps attendu, de toutes les souf- » frances de Marie-^Stuart. Sois témoin que » je meure persévérante dans ma religion, » dans mon attachement pour l'Ecosse, et M constante dans mon aflection pour laFrânce; » reconunande-moi à mon fils ; dis^lui que je » n'ai rien fait de préjudiciable à son royaume, » à son honneur, ni à ses droits. Dieu veuille » pardonner à tous ceux qui , sans motifs, ont » été altérés de mon sang. »
La reine obtint, avec peine, que trois de ses serviteurs et deux de ses femmes l'accompagnassent au supplice. L'échafaud était dresse dans la grande salle du château, qu'on avait tendue de noir. Marie, vêtue de deuil et parée poiu* la dernière fois avec une noble élégance , monta sur l'échafaud;, un ministre du culte réformé s'approche d'elle , et veut l'exhorter à changer de foi. Elle re/use d'écouter ses cour seils , se montre insensible à ses reproches , recommande à Dieu l'Eglise catholique affligée, le. prie de protéger son fils,, et lui demande pour Elisabeth même un règne long et paisible J Tournant ensuite ses regards vers le crucifix qu'elle tenait dans sa main : m Comme tes D bras , dit-elle , ont été étendus sur la croix y » de même , ô mon Dieu ,. étends-les aujour-
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» d'Jiui pour me recevoir, et paixlonne-moi » mes péchés. »
' Alors, repoussant doucement le bourreau, qui voulait la déshabiller, elle découvre ellemême son col , donne à sa compagne la-plus chérie un mouchoir pour lui couvrir les yeux; elle s'agenouille ; Texécuteur la frappe , et , par deux coups , sépare sa tète de son corps. Tandis qu'il relève cette tête auguste et sanglante, le doyen de Petersborough s'écrie: j^insi périssent tous les ennemis d'Elisabeth ! Cette voix inhumaine se perdait dans un profond silence; le comte de Kent le rompit seul par ces mots : j4insi soit-il!
Le corps de la reine d'Ecosse resta trois jours sur une table, couvert d'un simple tapis. Elisabeth ordonna qu'on lui fit des obsèques pompeuses. Dans la suite Jacques la fit transporter à Westminster.
La reine d'Angleterre versa , dit -on , des larmes : si elles ne furent point feintes , c'étaient celles non de la douleur , mais du remords. Tourmentée du vain désir d'éloigner d'elle l'idée du crime, elle affirma que le secrétaire d'État Davison avait , contre sa volonté , fait exécuter l'arrêt de mort. Il fut mis à la Tour et condamné à dix mille livres
Sterling d'amende. C'était une injustice de plus qui ne trompa ni le ciel ni les hommes.
Ainsi le sang royal versé sur l'échafaud lava les fautes de Marie y et souilla sans retour la gloire d'Elisabeth.