G4 DES LACUNES HISTORIQUES
Le sort du bœuf fait envie au coursier : Crois-moi, chacun doit faire son métier. Il est des gens qui n'ont ni pourpre de Carie, Ni vases précieux, ni marbres, ni tableaux; Mais j'en connais aussi qui n'en ont point envie Voilà deux frères : Tun n'aime que le repos. Et méprise tout l'or du tyran de Lydie ; Pourquoi l'autre, aussi riche, épuise-t-il sa vie A faire dans ses champs de pénibles travaux? C'est le secret du dieu que l'on nomme Génie; Tantôt blanc, tantôt noir, ou propice ou malin, Qui nait, meurt avec nous et fait notre destin.
DES LACUNES HISTORIQUES, et DE LA TOUR DE BABEL.
La plupart des historiens, se traînant sur les traces de leurs prédécesseurs, ne se livrent à aucune recherche pénible ; de sorte que, dans nn style plus ou moins sec, lâche ou empoulé, et sous des formes diverses, ils ne nous disent que ce que d'autres ont cent fois écrit avant eux, et ne nous apprennent rien de nouveau.
Leur paresse me désole, car je suis à la fois, par opinion, ami de tout ce qui est ancien, et par goût, très-curieux de nouveautés; de façon que pour me contenter il Aiudrait me donner de vieilles histoires rajeunies par des détails nouveaux, ce qui, en y mettant un peu de soin, ne serait pas si difficile qu'on pourrait le croire : il faudrait seulement fouiller avec un peu plus d'intelHgence et d'activité dans les antiques archives.
J'ai, par exemple, été fort satisfait, en lisant l'Histoire universelle composée par une société de savants, d'y trouver tout un volume remi^li de détails curieux sur la construction, les dimensions, les distributions de l'arche de Noé. Je la connais à présent mieux que les bateaux à vapeur, parce que les journaux n'ont parlé de ceux-ci que très-légèrement, et je fais élu-