CHAPITRE III
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Ce fut doncMansard qui , après avoir arrangé et disposé de son mieux le vieux château de Louis Xlll , que le roi Louis XIV voulait conserver, libre enfin de s’abandonner à son invention puissante du côté des jardins , éleva , à l’admiration de toute l’Europe et aux grands applaudissements du Roi , les grands appartements , la galerie des glaces , l’aile neuve du sud, l’aile neuve du nord , la façade, en un mot tout le palais de Louis XIV.
On a conservé les titres d’acquisition de Versailles. « Le 8 avril 4 632, fut présent l’illustrissime et révérendissime Jean-François de Gondi, archevêque de Paris , seigneur de Versailles , reconnoît avoir vendu, cédé et transporté à Louis XIII, acceptant, pour sa majesté, messire Charles de TAubespine, garde des sceaux et chancelier des ordres du Roi, et messire Antoine Rusé, marquis d’Effiat, surintendant des finances, la terre et seigneurie de Versailles, consistant en vieil chasteau en ruine et une ferme de plusieurs
NOTICE HISTORIQUE édifices, consistant ladite ferme en terres labourables, en prés, bois, châtaigneries , étangs et autres dépendances, baule, moyenne et basse justice, avec l’enclos et la grange Lessart, appartenances et dépendances et autres d’icelle, sans aucune chose excepter ni réserver, pour ledit sieur archevêque , de ce qu’il a possédé audit lieu de Versailles, pour, d icelles terre et seigneurie de Versailles et annexes de la grange Lessart , jouir par sadite majesté et ses successeurs Rois comme de choses appartenantes ; cette vente, cession et transport faits aux charges et droits féodaux seulement , moyennant la somme de soixante-six mille livres, que ledit sieur archevêque reconnoît avoir reçus de sa dite majesté, par les mains de .. en pièces de seize sous ; de laquelle somme il se tient content, en quitte sadite majesté et tout autre. » (Blondel , Architecture française, livre Vil , page 95.)
C’est là un bien petit commencement, pour le plus beau palais de l’Europe.
Avant d’entrer dans le palais de Versailles et de l’étudier dans ses moindres détails , comme c’est notre projet et le plan de ce livre , plaçons-nous, s’il vous plaît, dans le parterre du château , et là contemplons cette immense façade dans tous ses développements.
Un grand corps de bâtiment avancé, deux immenses ailes de bâtiment reculées qui se détachent brusquement du corps principal Lun au sud , l’autre au nord, un vaste espace de 500 toises tout chargé de pierres de taille, telle est la façade, ou plutôt, telles sont les trois façades, aux trois aspects du nord , du midi et du couchant, du palais de Versailles. Le bâtiment du milieu présente de face dix-sept croisées ouvertes dans la galerie de Lebrun; on compte six croisées dans les deux salons de la Guerre et de la Paix qui
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sont aux deux bouts; les deux façades en retour en ont dixsept, et les deux ailes trente-quatre, c'est donc une élégante suite de cent vingt-cinq croisées au même étage, qui, répétées par cent vingt-cinq portes vitrées au rez-de-chaussée, et cent vingt-cinq petites fenêtres dans les attiques, donnent un total de trois cent soixante-quinze ouvertures. C'est donc là la plus grande et la plus belle façade qui soit en France et peut-être dans le monde ; elle est d une harmonie pleine de majesté : pas d’ornements, pas un seul petit pavillon pour couper F uniformité imposante deces belles lignes; seulement une faible saillie des quinze péristyles qui la décorent de distance en distance. Chaque péristyle supporte une console, et sur chacune de ces consoles sont placées autant de statues qu’il y a de colonnes à la base; ces statues sont au nombre de quatre-vingt-six : ce sont d’abord les douze Mois de l’année , puis , Apollon et Diane , l’Art et la Nature ; ce sont encore de charmants bas-reliefs qui ornent les cintres des croisées : mais le moyen de s’arrêter aces capricieux et fins détails de la statuaire , quand l’œil est attiré par ces quatre statues en bronze fondues par les frères Iveller, d’après les plus beaux modèles antiques , Silène , Antinoüs, Apollon, Bacchus? Ces quatre chefs-d’œuvre sont le principal ornement de la terrasse du château ; aux deux angles sont placés deux magnifiques vases de marbre blanc chargés de bas-reliefs : les conquêtes de Louis XIV en Flandre , la victoire de Péterwaradin , en \ 664 ; la soumission de l'Espagne.
Comment donc vous décrire une à une toutes ces merveilles? quelle plume pourrait suffire à une pareille entreprise? Comment vous dire ces bassins qui sont autant de miroirs, mais des miroirs mobiles, entourés en guise de cadres de larges tablettes en marbre blanc, dont les orne-
NOTICE HISTORIQUE ments ne sont rien moins que vingt-quatre groupes de bronze, nymphes, enfants, fleuves et rivières de la France; la Garonne, la Dordogne, la Seine et la Marne, le Rhône et la Saône, la Loire et le Loiret? Comment vous dire ces magnifiques jets d’eau qui s’élancent à vingt-neuf pieds dans les airs? ces lacs entourés de verdure où viennent se désaltérer les lions, les sangliers, les ours, les tigres, les cerfs de bronze? Sur ces bords se livrent de redoutables batailles entre ces animaux furieux; le vaincu ouvre en mourant une gueule formidable, et de cette gueulesortune gerbe d’eau jaillissante. Plus loin , murmure doucement la fontaine de Diane, dont la statue en marbre blanc fait face à une souriante Vénus; dans le bosquet opposé régnent en souveraines Flore, la déesse des jardins, et la belle Naïade, divinité de l’onde.
Mais un instant arrêtons - nous pour contempler du haut du perron qui conduit dans le parterre de Latone, cette allée chargée d’ombre qui traverse le parc et qui fait face au château. C’est un spectacle digne d’un roi. Cette immense ligne de verdure s’étend si loin que la vue ne peut la suivre; elle a pourpoint de départ ces deux vastes bassins où se reflète le soleil; elle descend comme en se jouant le long des terrasses qui se plongent peu à peu dans le parc ; elle se glisse lentement sur la verte pelouse, à travers ce peuple immobile et solennel de statues de marbre ; puis tout d’un coup , prenant son vol et glissant légère comme le zéphyr sur les eaux du lac , elle se perd dans un lointain lumineux. Quelle merveille ! et cependant figurez-vous que ces riches jets d’eau s’animent ; que l’eau circule dans ces canaux comme le sang dans les veines de l’homme ; que ces cent mille bruits et ces cent mille murmures interrompent tout à coup ce grand silence , et qu’au milieu de ces cent mille gerbes où jaillissent, se brisent et ruissellent,
comme autant de diamants, les rayons du soleil, vous apparaissent, comme dans un songe fantastique , les arbres, les eaux, les bronzes, les marbres, les gazons, les pierres taillées, les souvenirs de Versailles... Brillante et éblouissante apparition !
On se perd rien qu’à vouloir compter ces parterres , ces bassins , ces jardins, ces vases de bronze , ces escaliers en marbre blanc , ces balustrades où se tiennent couchées des divinités en marbre : ici Cléopâtre qui tend son beau bras à l’aspic. Avancez de quelques pas, du haut de cette balustrade votre regard charmé embrasse tout le parterre et se repose sur la 'pièce (T eau des Suisses : on se croirait dans une de ces belles vallées du canton de Fribourg. Plus loin encore, Y Orangerie parfume l’air de ses douces odeurs ; ne sommesnous pas sous le beau ciel de la Provence? De chaque côté de l’orangerie s’élèvent de longues et larges rampes , les escaliers des Cent Marches, qu’on pourrait appeler l’escalier des Géants; on dirait une montagnetaillée dans le roc. On monte ainsi au plain-pied de l’Orangerie jusqu’à deux belles grilles ouvertes sur la route de Brest, entre deux pilastres qui servent de piédestaux à autant de groupes en pierre. Les deux groupes du côté de la ville représentent l’Aurore et Céphale, Vertumne et Pomone ; les deux groupes du côté opposé, Zéphyre et Flore, Vénus et Adonis.
A gauche et à droite de l’Orangerie , deux autres grilles sont ouvertes d’un côté sur des cours dépendantes du château , de l’autre côté sur la partie méridionale du parc ; ces quatre grilles , entrecoupées d’élégants pilastres , sont couronnées de paniers de fleurs. Figurez-vous un palais du plus bel ordre toscan , tout rempli d’une forêt d’orangers; c’est le chef-d’œuvre peut-être du grand architecte Jules Hardoin-Mansard .
Il n’y a pas jusqu’aux arbres de l’Orangerie qui n'aient chacun leur chronique et leur histoire , l’un de ces orangers s’appelle le grand, Bourbon ; il appartenait au connétable de Bourbon, et il fut enveloppé par le roi François 1er dans la confiscation générale de tous les biens du connétable. Cet oranger , vieux comme un chêne , et pourtant chargé de blanches fleurs , l’honneur du printemps, a jeté ses fleurs à douze dynasties , il a vécu douze règnes durant; de combien d’amours il a été le témoin ! que de belles passions se sont assises sous son ombrage ! que de jeunes têtes sa blanche fleur a couronnées! quelle douce et odorante histoire à écrire : l histoire du grand Bourbon !
Repassons, s’il vous plaît, par la terrasse d’eau pour entrer dans le parterre du nord : un escalier de marbre blanc sépare les deux parterres ; la tablette de marbre sur laquelle s’ouvre l’escalier est décorée de quatorze vases en bronze antique ; de jolis petits enfants accoudés sur les bords du vase semblent jouer au jeu de regarder les fleurs. Aux deux angles de la tablette on remarque deux beaux vases en marbre égyptien ; des deux côté de l’escalier, la Vénus accroupie, admirable copie de la Vénus de Phidias, et la copie d’un autre chef-d’œuvre qui est peut-être le chef-d’œuvre de la statuaire antique , sans excepter l’Apollon du Belvédère et la Vénus de Médicis, le Rémouleur. Que de chefs-d’œuvre amoncelés dans ce petit coin de terre ! et comme on est près de se demander , en présence de tant de prodigalités royales : Quel est donc le roi qui a passé par là ?
Les plus belles fleurs, ces chefs-d’œuvre d’un jour, et pourtant ces éternels chefs-d’œuvre qui renaissent chaque année, à chaque printemps, embellissent le parterre du nord; ces fleurs et ce gazon entourent à l’envi trois charmants bassins, les bassins des couronnes et le bassin de la
SUR VERSAILLES, pyramide. Dans les deux premiers, flottent des Tritons et des Sirènes couronnés de lauriers , l’eau tombe en gerbes de ces fraîches couronnes; dans le troisième bassin s’élèvent superposées lTme sur l’autre plusieurs cuvettes de différentes grandeurs; quatre pieds de lion et quatre Sirènes supportent la base de cette pyramide ; de jeunes Tritons portent légèrement la seconde cuvette; la troisième est supportée par des dauphins , la quatrième par des écrevisses de mer ; le tout est couronné par un vase immense d’où l’eau s’échappe et retombe en nappes flottantes. Sur un de ces bassins, qui sont en bronze doré, on lit le nom du célèbre statuaire Girardon. — Materiam superabat opus.
C'est ainsi que les chefs-d’œuvre s’entassent surles chefsd’œuvre, dans ce palais et dans ce jardin de Versailles. Le créateur de toutes ces merveilles li a cherché que l'occasion et le prétexte de jeter partout, à chaque instant, toutes les merveilles de l’art. Pas un coin assez retiré, pas une place assez obscure, pas une charmille assez sombre, pour n’y pas rencontrer un marbre, un bronze , un jet d’eau , un effort toujours nouveau d’invention ou de génie. C’est un défi continuel de l’art contre la nature ; c’est une joute sans fin de la nature avec l’art. Au sortir de ce parterre rempli d’eaux jaillissantes et de fleurs à peine écloses, s’étend au loin une admirable charmille d’un effet pittoresque; mais cette charmille ne suffit pas à l’architecte royal de ces jardins, il faut qu’il place encore le long de ce mur de verdure huit statues de marbre : le Poème épique; c’est un jeune héros couronné de lauriers, il a la tète de Louis XIV ; la Mélancolie et sa tortue ; l’Asie , un vase d’encens fume à ses pieds; la Satire, sous la figure d’un jeune faune ; l’Hiver, vieillard couvert d’un manteau ; ses jambes sont nues; il étend sur un brasier ardent ses
mains durcies par le froid : c’est un marbre de Girardon; l’Été, qui tient en main les épis et la faucille; l’Amérique, armée de son arc et parée de ses plumes flottantes ; un crocodile est à ses pieds; l’Automne, enfin; c’est le dieu du vin couronné de lierre. Tel est le cortège de dieux et de déesses qui anime ces belles charmilles.
Tout au - dessous de la fontaine de la Pyramide , au commencement de la rampe qui descend au bassin du Dragon , vous rencontrez les bains de Diane . C’est un admirable petit bassin carré et d’un grand effet. Le côté du sud est orné d’un bas-relief en bronze doré représentant Diane au bain, entourée de ses nymphes ; actéon n’a plus qu’à venir. Quand les eaux sont sorties de leur prison de plomb, elles retombent en immenses nappes sur toutes ces figures. A l’est du bassin carré, une belle statue, un jeune Bacchus , la tête couronnée de raisins , et jouant de la flûte : un bouc semble prêter l’oreille , aures acutas , à ses joyeux accords. A l’ouest du même bassin se trouve, furieuse et hors d’elle-même, la Colère. Vous entrez de là dans l'allée d'eau, c’est une suite de jets d’eau à droite et à gauche qui vous arrosent de leur légère et murmurante rosée. Cette allée vous conduit, par une pente insensible , au bassin du Dragon et au bassin de Neptune, que séparent sur un ruban de gazon sept jolis groupes en bronze de trois jeunes enfants; chaque groupe sert de trépied à un second bassin en marbre d’où l’eau jaillit, retombe et s’écoule dans un bassin inférieur.
Deux bosquets soutiennent de chaque côté l’allée d’eau, l'arc de triomphe à droite, les trois fontaines à gauche. Dans le bosquet de l’arc de triomphe se rencontre un groupe représentant les victoires de la France en Espagne et en Allemagne. A la suite des groupes de l’allée d’eau, et dans la
SUR VERSAILLES, demi-lune que forme la charmille devant le bassin du Dragon, encore huit groupes. Ce bassin du Dragon était décoré autrefois d’un immense serpent Python , entouré de dauphins et de cygnes. Le corps du monstre a disparu , il n’en reste plus que la gueule béante , d’où s’élève une colonne d’eau à quatre-vingt-cinq pieds de hauteur; malheureusement pour le serpent Python, il est trop voisin du bassin de Neptune pour que son jet d’eau soit admiré comme il convient.
Le bassin de Neptune est le chef-d’œuvre de marbre et d’eau de ces vastes jardins : le grand architecte y a employé toute son imagination et toute la magnificence de son maître. Représentez-vous une immense tablette de marbre blanc; tout au bas de cette tablette vingt-deux grands vases en plomb et enrichis de bas-reliefs. Tout à coup, du milieu de chacun de ces vases s’élance avec fureur un jet d’eau qui retombe violemment dans le canal qui borde cette tablette ; en même temps, au milieu même du canal, vingt-trois jets d’eau s’élancent pour tenir tête aux vingt-deux jets d’eau des vingt-deux vases. Pendant que ces quarante-cinq colonnes jaillissantes s’élèvent dans les airs , chaque vase laisse s’enfuir comme à regret une limpide cascade qui ajoute un bruit , un mouvement et une onde à tout ce bruit , à tout ce mouvement et à toute cette eau murmurante. Trois immenses groupes dominent le bassin de Neptune, Neptune et Amphitrite, avec leur cortège de nymphes , de tritons et de monstres marins ; le dieu est majestueusement assis dans une conqu e marine ; derrière sa tête s’ élance un monstre affeux,àla gueule béante; un fleuve entier s’échappe de cette gueule entr’ouverte. — Plus loin, le dieu Protée guide les troupeaux de Neptune; plus loin, l’Océan; aux deux angles, des Dragons domptés par des amours : chacun de ces cinq groupes, et chaque figure de
ces groupes, jette l’eau par les narines, par les oreilles, par la bouche, par les yeux, tandis que les huit grands jets d’eau s'élancent en même temps en murmurant. Deux jolies allées demi-circulaires sont agréablement disposées pour servir de théâtre à ce drame hydraulique. — Dans l’allée supérieure, trois statues : Bérénice , Faustine, la Renommée ; la Renommée écrit l’histoire de Louis XIV ; le Temps lui sert de pupitre : en vain l’Envie à l’œil affreux veut retenir la Renommée ; la Renommée la foule aux pieds ; les plus grands princes de l’antiquité, Alexandre, César, Trajan, reproduits dans des médaillons , servent de cortège à Louis XIV.
Si du bassin de Neptune, et en laissant à droite l’avenue de Trianon, vous voulez regagner le parterre d’eau, prenez l’allée des trois Fontaines aux frais ombrages et Vallée des Ifs. L'allée des ifs est séparée du parterre du nord par une tablette en marbre blanc sur laquelle sont posés quatorze vases aussi en marbre ; dans le carrefour, cinq Termes : Ulysse, il tient à la main la fleur que lui donna Mercure pour le défendre des enchantements de Circé ; Lysias, le rival de Démosthènes ; Théophraste le philosophe ; Isocrate l’orateur; Apollonius , qui fut le maître de Marc-Aurèle.— Le long de la charmille des Bains d'Apollon, huit statues : la Poésie pastorale, celle qui inspirait les Bucoliques deVirgile; la Terre, un lion, une corne d’abondance, une couronne de fleurs ; la Nuit, une couronne de pavots, un hibou, une robe parsemée d’étoiles; l’Afrique, puissante négresse, une trompe d’éléphant lui sert de casque, un lion est à ses pieds; l’Europe, le casque en tète, le bouclier au côté, et sur le bouclier, un coursier de bataille en bas-relief.
Puisque nous voilà revenus au parterre d’eau d’où notre œil ébloui a déjà contemplé la lointaine perspective qui s’élève devant le château , étudions un à un les ornements de ces
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parterres : dans le parterre de Latone , tout autour du fer à cheval tout chargé de gazons , se présentent plusieurs belles statues: l’Air, porté sur un nuage, son voile légèrement soulevé par le zéphyr ; la Mélancolie, un livre à la main, un bandeau sur la bouche; Antinoüs, le roi Tigrane, un Faune jouant de la flûte, Bacchus, l’impératrice Faurestine, l’empereur Commode, Bacchus, Uranie, Ganymède et son aigle. A la pointe du Croissant , la nymphe à la coquille , une des plus belles études deCovsevox, d’après l’antique : la nymphe, jeune et belle et dans le naïf abandon de ses seize ans , doucement inclinée sur la rive, s’appuie d’une main sur le gazon , et de l’autre main elle puise de l’eau avec une coquille. Audelà de la rampe , se dressent cinq Termes : Cérès , la tète chargée d’épis, Diogène, un joyeux Faune, une Bacchante, Hercule; et tout à l’extrémité de la charmille: Aria, la célèbre Romaine, et son mari Pœtus : Pœte, non dotet! Puis un beau groupe du Puget, Thésée délivrant Andromède ; Thésée, c’est Louis XIV : le grand artiste a écrit au bas de ce chefd’œuvre :
Ludovico magno,
SCULPEBAT ET DICABAT EX AM MO
Petrus Puget Massiliensis.
A Louis-le-Grand ,
Pierre Puget, de Marseille, a consacré ce marbre