CHAMP DE BATAILLE PRÈS DU MONTMOSCATO.^ 14 JANVIER
Aqmdk par Bmm.
DU PÀLAIS D£ VEUSAILLES. 09
DCCXLI.
CÛiiiiAT DA.NS Ll. DEFiLE DE LA M.\DONA DELLA CORONA.— 14 JANVIER 1797.
At{ttar«Ue par ii*(.Km.
Alvinzi, retiré dans le Tyrol, avait été renforcé de vingt nûlie hommes, dernier effort de la monarchie autrichienne pour conserrer Tltaiie. La garnison de
Vienne avait rnarchc tout entière, et la capitale ellemême avait fourni quatre mille volontaires , jeune élite (dus vaillante qu*ei^iimentée. Avec cette nouvdie ai^ mée de soixante mille combattants, Alvinsi , prenant la route qui circule entre l'Adige et le lac do Garda, devait se porter sur la position occupée par les Français à Rivoli, et l'attaquer à la fois par toutes ses issues. Bonaparte de son côté, depuis la bataille d*Arcole, avait reçu les renforts qu'il eût dû reçevoîr avant cette journée. Son armée était forte de quai'ante<ijiq mille hommes : la masse était en observation surlAdige, pendant que Serrurier avec dix mille hommes Moquait Mantoue.
BoiiaparLc arrivait de Bologne à i instant même où il apprit que Joubert venait deire attaqué et ibrcé à Rivoli, et qu*Augereau avait vu se déployer devant Legnago des forces considérables. B &ut ici le laisser par- 1er lui-même;
« Le a â nivôse ( i a janvier > 797 )« pendant que f eu-
70 GALERIES HlSTOUiQLES
nemi se présentait devant Vérone, ii attaquait Tavant-
garde du génc^ral Masséiia, placée au village Saint- Michel. Ce générai sortit de Vérone, rangea sa division en bataille et marcha droit à Tennemi qu*il mit en déroute, lui enleva trois pièces de canon et lui fit six cents prisonniers. Les grenadiers de la soixante et quinsième enlevèrent les positions à la baïonnette ; ils avaient à leur tête le générai Brune, qui eut ses habits percés de sept balles.
« Cette division occupait une ligne défenaive sor les
hauteurs en arrière du torrent du lu , et s'appuyant par la gauche à la droite de Cingie-Rossi , dans le revers orientai du Montebaldo, et par sa droite à des batteries retranchées. Elle repoussa les attaques de Tannée autrichienne débouchant en nombreuses colonnes par les cols Campion, Cocca et Corno-Aibave, près du village de Ferrara, et se maintint jusqu'à ce que le général Bonaparte arrivât avec son armée dans le bassin de Rivoli.
(( Je lis aussitôt reprendre au général Jouhert la position intéressante de San-Marco; je lis garnir le plateau de iUv<^ d'artîiierie , et je disposai le tout afin de prendre à la pointe du jour une offensive redoutable et de marcher moi-même à l'ennemi. A la pointe du jour notre aile droite et i aile gauciic de l'enneaii se rencontrèrent sur les hauteurs de âan-Blaroo : le combat lut terrible et opiniâtre. Le générd Joubert, à la tète de la trentetroisiènie, soutenait son inianterie légère que commandait le général Vial.
«Gepeiid«at Alvioii, qui avait &it ses dispositions le 2 4 pour enfenner toute ia cUrisioii du générai Jou-
bert, continuait d'exécuter son nicino projet : il ne se doutait pas que , pendant ia nuit , j'y étais arrivé avec des renforts asses considérabies pour rendre son opération , non-seulement impossible , mais encore désastreuse pour lui. Notre gauche fut vivement attaquée : die plk, et i emieim se porta sur le centre.
i< La quatorzième demi-brigade soutint le choc avec la plus grande bravoure.
« Gq>endant il y avait d^i trois heures que Ton se battait, et l'ennemi ne nous avait pas encore présenté toutes ses forcées. Une colonae ennemie , qui avait iaugé TAdige sous la protection d'un grand nombre de pièces, marcha droit au [bateau de Rîvoii pour l'enlever, et par là menaçait de. tourner ki droite et le centre. J'ordonnai au générai de cavaieric Leclerc de se porter pour cliarger Tennemi , s'il parvenait à s emparer du plateau de Rivoli , et j'envoyai le chef d'escadron Lasalle , avec cinquante dragons, prendre en flanc Tinfanterie ennemie qui attaquait le centre, et ia charger vigoureusement. Au même instant le générai Joubert avait fait descendre des hauteurs de San-Marco quelques bataillons qui plongeaient dans le plateau de Rivoli. L'ennemi, qui avait déjà pénétré sur le j)lateau, atta(|ué vivement et de tous cotés \ laisse un grand nombre de morts , une pai tic de son artillerie, et rentre dans la vallée de f Adige. A peu
* Cesl alors que \c m ufral Jouhrii |irii un fusil cl se mil lui-mciiie » la téte d'uD pelolou pour cliar^cr rcancmi.
près au même moment la coioane ennemie qui était déjà depuis longtemps en marche pour nous tourner et nous couper toute retraite se rangea en bataille sur des pitons derrière nous. J avais laisse la soixante et quinzième en réserve , qui non-seuiement tint cette colonne en respect , mais encore en attaqua la gauche qui s'était avancée, et la mit sur-le<diamp en déroute. La dixhuitième demi-brigade arriva sur ces entrefaites, dans le temps que le généi*ai Hey avait pris position deiiièi e la colonne qui nous tournait.
«Je fis aussitôt canonner Tennemi avec qudques pièces de douze ; j'ordonnai Tattaque , et en moins d'un quart d'heuie toute cette colonne, composée de plus de quatre mille hommes, fut &ite prisonnière. L'en* nemi, partout en déroute, fiit partout poursuivi, et pendant toute la nuit on nous amena des prisonniers. Qtdnze cents hommes qui se sauvaient par Guarda furent arrêtés par une cinquantaine d'hommes de la dii-huitième qui , du moment qu'ils les eurent reconnus, marchèrent sur eux avec confiance , et leur ordonnèrent de poser les armes.
«L'ennemi était encore maitre de la Corona, mais il ne pouvait plus être dangereux. H fallait s'empresser de marcher contre la division de M. le génénd Provera, qui avait passé l'Adigc le 9. 4 à Angbiari. Je fis IHer le générai Victor avec la brave cinquante-septième, et rétrograder le général Masséna , qui , avec une partie de sa division, arriva i Roverbdla le a 5.
u Je laissai l'ordre en partant au général Joubcrt d'at-
DU PALAliî DE VEhi>AiLLLb. 75
laquer, k la pointe du jour, l'ennemi s*U était aaaes téméraire pour rester encore à la Corona.
u Le général Murât avait marché toute ia nuit avec une demi-brigade d'infanterie légère; il devait paraître dans la matinée sur les hauteurs de Montebaldo qui dominent la Corona.
« Effrctixt'iuerit, après une résistance assez vive, l'ennemi tut mis en déroute , et ce qui était échappe à la journée de la veille fut fait prisonnier : la cavalerie ne put se sauver qu'en traversant fAdige à la nage, et il s'en noya beaucoup.
«Nous avons fait, dans les deux jouiiiees de Rivoli, treixe mille prisonniers et pris neuf pièces de canon : les généraux Sandos et Mayer ont été blessés en combattant vaillamment à la tête des troupes. »
DCCXLII.
OOIffiAT D'AltiGUIARI. — 14 JANVIER 1797.
AiMx «I OiCAk Goi. — iS35.
DCCXLIII.
COMBAT DANGHIARL ^ 14 JANVIER 1797.
AqwcHe ptr BMStti.
Pendant Taction générale qui s^engageait à Rivoli,
Provera, ayant jeté un pont sm'TAdige à Anghiari, avait cchappé à Augereau chargé de le contenir, et se
74 GAL£R1£S HlSiOUlQUËS
portait à marche forcée sur Maotoue, pour se joindre
à la garnison de cette viUe.
u Mais ie général Augereau, qui s'était niis, le l 'i janvier, à la poursuite des corps détachés du général Provera, tomba sur Tarrière- garde de cette division, et, après «n combat très-vif, enleva toute cette arrière-garde à reimenu, iui prit seize pièces de canon, lui lit deux mille prisonniers et détruisit ie pont qui avait été jeté par Tennemi sur f Ad^e ^ »
DCCXLIV.
LE GÉNÉRAL BONAPARTE VISITE LE CHAMP DE BATAILLE LE LENDEMAIN DE LA BATAILLE DE RIVOU. — 15 JAN- VIER 1797.
TAgMt. — iSoi.
Le lendemain de la bataille de Kivoli le général en chef de 1 armée d'Italie se rendit sur le champ de bataille, accompagné des officiers de son état-major, pour s-assurer
par lui-même si les blessés av aient reçu tous les soins que leur état réclamait.
DCCXLV.
BATAILUi; DE LA FAVOfUTE. — 16 JANVIER 1707.
BKVmOHS DB MAMTOOB BltTAB LE PAUIOUBO SAIRT-GBOEGBS
ET LA UTADBLLB.
Aqvorde pw Bmkiti.
«Le général Provera arriva le i5 janvier devant Mantoue, du côté du faubourg Saint-Georges. Le gé-
' R«pporl fie Bcrtbier» p. a38.
DU PALAIS D£ VEKâAlLLËS. 75
nénd Biioflis occupait ce faubourg avec douxe cents
hoiimies, aussi bien lelranché du côté de la ville que du coté de la campagne. Après avoir vainement aommé ie coounandant et essuyé une Tolée de coups de canoo qui lui ôta tout espoir de le forcer, ie général autrichien se dérida à porter ses pas du côté do la citadelle ^ »
Mais pendant ce temps Bonaparte , craignant que ie ' corps de blocus ne se trouvât entre deux feux , avait pris avec lui la division Masséna, et du champ de bataille même il s'était élancé sur Mantoue , marchant jour et nuit, pour aixiver devant cette ville eu même temps que Provera. 11 Yj suivit en elTet de quelques heures.
«Le lendemain le général Wurmaer sortit avec la garnison et prit position à la Favorite. A une heure du matui , 15onaparte plaça le générai \ letor, avec les quatre régiments qu'il avait amenés, entre la Favorite et Saint- Geoiges , pour empêcher la garnison de Mantoue de se joindre à farmée de secours. Serrurier, à la tête des trou [les du blocus, attaqua la garnison. La division Victor attaqua l'armée de secours. Cest à cette bataille que la cinquante-septième mérita le nom de Terrible. Ëtie aborda la ligne autrichienne et renversa tout ce qui voulut résister. A deux heures après midi , la garnison ayant été rejetee dans la place , Provera capitula et posa les armes. Beaucoup de drapeaux, des bagages, des parcs, six mille prisonniers et plusieurs généraux tombèrent au pouvoir du vainqueur. Pendant ce temps-là une arrièregaixle que Provera avait laissée à la Molinella fut atta-
' Hukin df» gutrres df ia nfvobfrân . par Jomini, l. IX , p. 991 .
70 GALERIES UISTOaigUES
quée par le général Point , de la division Aiigereau , battue et prise ; il ne s'échappa du corps de Provera que deiu. mille hommes qui restaient au delà de TAdige; tout le reste lut pris ou tué. Cette bataille fiit appelée bataflle de la Favorite, du nom d*un palais des ducs de Maiitoue situé près du champ de bataille'. »
DGCXLVJ.
GOMBAT DE lAVIS. FÉVRIER 1797.
Aqoaidb ptr Bicmi.
Après la bataiUe de Rivoli, la division Joubert avait été dirigée sur les gorges du Tyrol à la poursuite de
l'armée autrichienne. Le 28 janvier le génénil Joubert avait livré le combat de Mori , à la suite duquel il était entré à Roveredo et à Trente. «Mais, pour assurer la possession des gorges de la Brenta, il ne fallait pas s*en tenir là : la ligne du Lavis était indispensable aussi bieu que le point important de Segonzano. En conséquence , Joubert y fit marcher sa division le a février; Viai, A la tète, de son in&nterie légère, attaqua les hauteurs qui dominent le village à droite, soutenu par le quatondème de ligne; Icunemi fut forcé à la retraite; on le poursuivit jusqu'à Saint-Michel; et on lui lit grand nombre de prisonniers^,
* Mimmtê éerUs à SnHte'Hélènt» par le général Monthoion, l. IU«
' HiMoirr dn guerres de la rivolutton . par Jomini » t. IX , p. 3o3.
DU PÂLAiS D£ VERSAILLES. 77
DCGXLVII.
REDDITION DE MANTOLE. — 2 FL\HiLH 1797.
Hirp. LicoHTB. — i8ix.
La victoire de Rivoli décidai du sort de Mantouc : la Êunine était dans la place et il était impOMibie qa*eile pût tenir plus longtemps.
{Infin le 2 février, « ce dernier boulevard de l'Italie tomba après six moi5 d'une résistance qui lit honneur aux troupes autrichiennes. La garnison avait alors la moitié de son monde aux hôpitaux; elle avait mangé tous les chevaux de sa nombreuse cavalerie; la misère et la mortalité y exerçaient les plui grands ravages. ijH ( apitulation, en donnant un témoignage d'estime à Wurmser, ijouta un nouveau lustre à la gloire de son vainqueur. Le maréchal sortit librement de la place avec tout son (Hat-major, et défda devant le gén* ral Se rrurier, commandant les troupes françaises ; on lui accorda une escorte de deux cents cavaliers, cinq cents hommes à son choix et six pièces de canon; mais la garnison déposa les armes , et fut conduite à Trieste pour être échangée : on l'estiaiait encore à treize mille hommes.
Il Cette conquête rendit à Tannée dltaiie l'équipage de siège qu'elle avait abandonné avant la bataille de Castil^one, et lui procura, outre Tartillerie de la place, toutes les pièces de campagne du corps d'année de Wurmser, ce qui formait plus de cinq cents bouches à
78 GAtEHlES HISTORIQUES
feu. E31e recueillit encore un équipage de pont et cinquante à soixante drapeaux ou étendards, quAugcreau fut chargé d'aller présenter au Du ectoire^ »
DCGXLVlll.
PRISE D*ANGONE. —0 FÉVRIER 1797.
Booon. — i8oo.
(cLa reddition de Mantoue, dit Joraini, accâéra fex-
pédition projetée contre Rome. Bonaparte la dirigea de Bologne , ou sa présence doublait f effet qu'elle devait produire sur toute lltaiie. »
Par le traité d'armistice signé le ao juin 1 796, le pape avah dédaré renoncer i son alliance avec fAutnehe : il cédait en même temps à la Fiance les légations de Bologne et de Ferrare.
V La lutte d* Arcole ayant ranimé les espérances de la cour de Rome, le pape Pie VI s*étaît de nouveau déctoé contre la France; un eouiiier du ( alMiirt papal instruisit Bonaparte de ses desseins. » Une nouvelle alliance était condtte avec la cour de Vienne, et le général Gdli, passant du service du Piémont è cdui de rAutriche, était désigné pour commander les troupes pontificales augmente* s de nouvelles levées.
Victor iuX aussitôt dirigé avec sa division sur les états du pape. «Sa marche n*éprouva aucun obstacle jusqu'à Ancône , où fl arriva le 9 février. Ici un corps d'environ
Bi^Mre des ytums àâ Ul rfoolBfwii» pvr Jrnnini » t. IX, |». 3o4>
DU PALAib D£ VEKSAILLËS. 79
doute cents hommes avait pris position sur les hauteurs
€11 avant tle ia piare, s*y croyant >au.s doute à Tabri de toute attaque ; Victor i eiiveioppa et le £[>rça à mettre has les armes. Alors Ancône ouvrit ses portes. Od y trouva plusieurs milliers de beaux iusib envoyés par
i'Autriche pour l'armemont des milir*>s, \m arsenal bien approvisionné et cent vingt boucbe^ à ieu^ h
DCCXLIX.
PASSAGE DU TAGUAMtMO SOUS VALVASONE. —
10 MABS 1797.
Hir». Lkcovt*. — t83fi.
DCCL.
PASSAGE DU TAGUAMëNTO.» 16 MARS 1797.
AcpMvdle par B*GBTTt.
Ce n'était plus désonnais sur le Rhin, c*était en Italie qu'allait se décider la grande querelle de la révolution française avec l'Europe. Les éclatantes victoires de Bonaparte avaient opéré cet important changement, et le gouvernement directorial, q[uoique trop tard, avait fini par s*en convaincre. «Lors de k bataille d*Arcole, dit Napoléon dans ses Mt moires, le gouveniLiiient Irançais crut iltaiie perdue, ce qui lui fit faire de sérieuses réflexions sur le contre-coup que cela produirait sur Tétat de la France. L*opinion s*indignait et ne comprenait pas
* Hittoire dtt gmem» de U rèniÈlim, fn JoniDi, t. IX, pw 309.
60 GÂLLlUi::^ aiSTOaiQUËS
pourquoi on laissait tout le fardeau et dès lors toute la
gloire h une snilo armée. L'anuce d'Italit; Llle-même se plaignait très-haut, et l'on songea enfin à la secourir sérieusement. Le Directoire ordonna à une division de six régiments d*in&nterie et de deux de cavalerie de l'armée de iSiiinhre-et-Meuse, et à une pareille force de l'armée du Rhin , de passer lesÂipes pour mettre l'armée d'Italie à même de combattre avec égalité dans la nouvdle lutte qui se préparait. Effie était alors menacée par Tannée qui fut détnu'te h Rivoh. La marche de ces renforts éprouva des retards; Mantoue, vivement pressée, hâta les opérations d'Alvinzi; de sorte qu'ils atteignaient seidement le pied des Alpes , lorsque les victoires de Rivoli , de ia Favorite et la reddition de Mantoue nu* rent l'Italie à couvert de tout danger. Ce no fut qu'au retour de Tolentino ^ que Napoléon passa ia revue de ses nouvelles troupes. Elles étaient belles, en bon état et bien disci[dinées'. » La division de Sambre-et-Meuse était commandée par Beniadotte, celle du Rhin par Deimas. Ce détachement, évalué à trente miiic hommes, n était effectivement que de dix-neuf mille. Mais c'était asseï pour mettre l'année dltalie en état de tout entreprendre; elle seule pouvait forcer enfui le cahinet de Vienne à renoncer à i alliance de 1 Angleterre,
La cour de Vienne, de son côté, lit de nouveaux armements. L'archiduc Gharies , qui avait arrêté en Allemagne les succès des armes de Jourdan et de Moreau,
' Bonaparte était allé y imposer la paix «u ptpe Pie VI.
fut opposé à Bonaparte en Italie. 11 piilie commandement des troupes impériales; le 7 février 1797 il établit son quartier général à Inspr&ck , capitale du Tyrol autrichien ; de là il se porta à Villach et ensuite à Gorizia sm l'isonzo.
L'aile droite des Autrichiens , sous les ordres des généraux Kerpen et Laudon , avait pris position entre le Lavis et la Noss , dans le Tyrol italien ; les restes de Tarmée d*Alvinzi s'établirent derrière le Taglîamento. La brigade Lusignan était à Feltre; le comte de ilohenlolicrn observait la Piave.
L^armée firançaise fut réunie dans iaMarcbe-Trévisane à la fin de février. La division de Masséna se trouvait à Bassano, ci celle de Serrurier k Ca.slel-l'"'ranc() ; la division Augereau, commandée par Guy eux , à Trévise, et le générai Bemadotte arrivait à Padoue. Joubert, avec Taile gauche, était opposé dans le Tyrol aux corps de Kerpen et de Laudon.
Le 9 mars le général Bonaparte avait transporté son quartier général à Bassano. Après avoir passé la Piave et forcé une partie de la brigade Lusignan de mettre bas les armes, il arriva le 16 , à neuf heures du matin, â Val\ asnne : il y établit son quartier général.
« La division du général Guyeux , écrivait le général en chef de farmée dltaiie, dépasse Valvasone et arrive sur le bord du Taglîamento à oose heures du matin. L*armée ennemie est retranchée de f autre côté de la rivière dont elle prétend ciispuLci ie passage. Le chef d'escadron Croisier va, à la tête de vingt-cinq guides, la reconnaître jusqu'aux retranchements : il est accueilli par la mitraille. IV. 6
8i GALERIES HISTORIQUES
« La division du général Bemadotte arrive à midi ; Bonaparte ordonne sur-le-champ au généra! Guyeux de 9e porter sur la gauche pour passer la rivière à k droite des retranchements ennemis, sous la protection de douse pièces d'artillerie. Le général Bemadotte doit la passer sur sa droite. L'une et l'autre de ces divisions forment leurs bataillons de grenadiers, se rangent en bataille, ayant chacune une demi-brigade d*in&nterie légère en avant, soutenue par deux bataillons de grenadiers, et flanquée par la cavaicri(\ L'infanterie légère se met en tirailleurs. Le général Dommartin à la gaudie et le général Lespinasse à la droite font ayancer leur artillerie , et la canonnade s*engage avec la plus grande vivacité. Le général Bonaparte ordonne que chaqiu; d unii brigade ploie en colonne serrée, sur les ailes de son second bataillon, ses premier et troisième bataillons.
«Le général Duphot, à la tète de la vingt-septième d'infanterie légère, se jette dans la rivière : il est bientôt de l'autre côté; le général Bon le soutient avec les grenadiers de la division Guyeux. Le général Murât ùlt le même mouvement sur la droite, et est ég^ement soutenu par les grenadiers de la division Bemadotte. Toute la ligne se met en mouvement; chaque demi-brigade par échelons, des escadrons de cavalerie en arrière des intervalles. La cavalerie ennemie veut jdusieurs fois charger notre in&nterie, mais sans succès; la rivière est passée , et l'ennemi partout en déroute K »
* Ménuirti dê fftpdhn ierîU à SmUt-H^kM, par l« gédM MostJioloD, t. IV, p. 83.