PRISE DE L'ILË DE MALTE. — 13 JUIN
AtAQx. et GoiAoïi. — iSSà.
Le timté de Campo-Formio avait mis un terme à la longue guerre de la France avec Tempereur d'Allemagne. Bonaparte de retour à Paris y avait joui quelques instants de sa gloire ; mais , fatigué bientôt de l'oisiveté, son active imagination se mit à enfanter de nouveaux projets de guerre et de conquête. La grande idée du Directoire était alors de porter des coups décisif à la puissance et au commerce de l'Angleterre : ce fut en Egypte que Bonaparte résolut d'aller l'attaquer. La France, disait-il, maîtresse d'Alexandrie et de la mer Rouge, ruinerait infailliblement le commerce et la puissance britanniques dans rinde. Et, se retournant vers lui-même, il ajoutait,
' Hutoirc des fviofu de Ut rêvo/afion, pir Jornini, t. X , p. 333'335.
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dans l'essor de ses pensées ambitieuses ; a Les grands noms ae se font qu en Orient. »
Le secret de cette entreprise, renfermé entre Bonaparte et les cinq directeurs, fiit gardé merveiUeusement La France et fEnropc , les yeux fixés sur les immenses préparatifs (jui se faisaient h Toulon, à Gcnes, k Bastia, se demandaient avec une inquiète curiosité où iraient aborder ces vaisseaux et ces régiments rassem" lÀés sous les ordres du vainqueur de Tltalie : elles ne le snient qu'en apprenant que laimce ûant^aise était débarquée en Égypte.
L'Egypte obéissait alors aux beys des mameluks, Mourad et Ibrabim. On se flatta que la Porte Ottomane , qui exerçait à peine sur ces deux chels une autorité noiiiiiiale , verrait sans trop d oinhrage leur domination rempiacée par celle de la France. Oa s'engageait d'ailleurs à respecter ses droits de souveraineté. Mais ce n*était qu'après la conquête laite qu*on devait lui demander la permission de la faire.
Cependant Bonaparte désigna tous les oilicieis généraux de terre et de mer qui devaient l'accompagner. «Le vice-amiral Brueys commandait la flotte et avait pour contre^miraux Gantheaume, Villeneuve, Decrés et BiaïHpiLi-Duclia\ia. Au nombre des lieiitenants du général en chef ou comptait Kléber , Desaix , Reymer. Une foule de savants et d'artistes , ingénieurs géographes , astronomes, naturalbtes, antiquaires, littérateurs, empressés de partager sa fortune , s'embarquèrent pour aller explorer, instiuire, civiliser, au profit de leur
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patrie, cette terre ckssiqae, berceau des arts et des
sciences.
a Les troupes de rexpédition montaient à environ trente-six mille hommes, dont deux mille huit cents de cavalerie non montée.
« L'escadre , forte de treize vaisseaux de ligne , de dix-
sept frtgalcs ou corvettes, et d'cmiroji trois cents bâtiments de Uansport, était montée pai^ dm niiiie matelots fi*ançais, italiens ou grecs ^ »
L'expédition sortit de Toulon le 1 9 mai : elle rallia en route les divisions Baraguey-d'Hilliers et Vaubois , parties de Gênes et de Ba sii;! , et cingla vers i iie de Malte , devant laquelle elle pai*ut le 9 juin, sans avoir rencontré l'ennemi.
«Huit jours avaient suffi à Bonaparte pour prendre
possession de Tile de Malte , y organiser un gouvernement provisoire, se ravitailler, faire de l'eau, et régler toutes les dispositions militaires et administratives. 11 avait paru devant cette île le a a prairial ; il la quitta le 1* messidor, après en avoir laissé le conunandement au général Vauhois ^. »
^ Histoire du gumti de la rèwiSu&M, ptr Imnioî, t. 31 , p. 391 . * Rtiadott de Tea^édUim JtÉyj^pte . par Berthier, p. 7.