‹ Galeries historiques du Palais de Versailles (volume 2)Chapitre 39 sur 141 · JUILLET · texte numérisé non relu

JUILLET

PlRCRET. — l836.

Le 1 9 juin ie générai Bonaparte quitta Tile de Malte. «Les vents de nord-ouest soufflaient grand finis. Le s 5 la flotte est à la vue de Tâe de Candie; le 39 elle est

sur les côtes d'Afrique ; le lendemain au matin elle découvre la Tour -des -Arabes ; ie soir elle est devant Alexandrie.

« Bonaparte Êit donner Tordre de communiquer avec cette ville pour y prendre le consul firançais, et avoir

des renseignements tant sur ios Anglais que sur la bituation de l'Égypte.

« Tout devait faire craindre que Tescadre anglaise, palaissant d*un moment à Tautre , ne yint attaquer la flotte et le convoi dans une position défavorable. Il n y avait pas liii instant à perdre. Le général en chef donna donc, le soii^ même. Tordre du débarquement : il en avait décidé le point au Marabout. La distance de Tendroit du mouillage , éloigné de trois lieues de la terre; le vent du non], qui souiïlait avec violence; une mer ajSfitée, qui se brisait contre les récifs dont cette côte est bordée : tout rendait le débarquement aussi di£Bcile que périlleux.

«Bonaparte veut être à la tète du débarquement : il monte une galère, et bientôt il est suivi d'une foule do canots , sur lesquels les généraux hon et Kléber avaient

reçu Tordre de fidre embarquer une partie de leurs divisions» qui se trouvaient à bord des vaisseaux de guerre. «Les généraux Desaix, Rcynier et Menou, dont les

divisions étaient sur les bâtiments dn convoi, reçoivent i ordre d'eilectuer ieur débarquement sur trois colonnes vers le Marabout.

à La mer en un instant est couverte de canots qui luttent contre l'imp^^tuosité et la fureur des vagues. La <;a ière que montait Bonaparte s'était approchée le plus près du banc de réci£i où i on trouve la passe qui conduit à Tanse du Marabout. Là il attend les chaloupes sur lesquelles étaient les troupes qui avaient eu ordre de se réunir h lui; mais elles ne parviennent à ce point qu'après le coucher du soleil , et ne peuvent traverser que pendant la nuit le banc des récifs. Enfin à une heure du matin le général en chef débarque à la tête des premières troupes , qui se forment successlTemeiit dans le désert à trois lieues d'Alexandrie.

«Bonaparte envoie des éclaireurs en avant, et passe en revue les troupes débarquées. Elles se composaient d'environ mille hommes de la division Kléber, dix-huit cents de la division Menou, et quinze cents de celle du générai Bon.

« Bonaparte marchait à pied avec l'avant-garde , accompagné de son état-major, les chevaux n'ayant pu être encore débarqués ; le général CaflareHi le suit à pied

m<ili;ré sa jambe de hois.

u Le générai Bon commandait la colonne de droite; le général Kiéber, celle du centre; celle de gauche était sous

les ordres du général Menou , qui côtoyait la mer. Une demi-heure avant le jour, un des avant-postes est attaqué par quelques Arabes , qui tueDt un ofiBcier. Us s approcheot; une fîuiliade s*engage entre eux et les tirailleurs de f armée. A une demi-lieue d'Alexandrie leur troupe se réunit au nombre de trois cents ca\ aliers environ, mais à iapproche des Fiançais ils senibncent dans le déserté»

DCCLX.

PWŒ D'iLEXANDRIE (BASSE ÉGYPTE).— -3 JUILLET 1798.

Piafiur. — i836. '

«Bonaparte, se voyant près de Fenceinte de la vieille

ville des Arabes, donne Tordre à chaque colonne de s'arrêter à la portée du canon . Désirant prévenir rcûunon du sang, il se dispose à parlementer; mais des hurlements effiroyables d'hommes, de femmes etd'enfimts, et une canonnade qui démasque quelques pièces, font connaître les intentions de l'enin^mi.

«Réduit à la nécessité de vaincre, Bonaparte fait battre la charge; les hurlements redoublent avec une nonvdle fureur. Les Français s'avancent vers fenceinte, qu'ils se disposent à escalader oiaJgré le feu des assiégés et une grêle de pierres qu'on lait pleuvoir sur eux. Généraux et soldats escaladent les murs avec la même intrépidité.

« Le général Rléber est atteint d'une balle à la tête ;

' JMrfiofi dt ItmfèHêiM d Egypte, par BerUiitr, p. 1 1.

le générd Menou est renversé du haut des murailles

qu'il avait gravies, et est couvert de contusions. Le soldat rivalise avec les chefs : un guide , nommé Joseph Cala, devance les grenadiers et monte un des premiers sur le mur, où, malgré le feu de Temiemi, il aide les grenadiers Sabatfaier et Labruyère i escalader le rempart. Les murs sont hientôt couverts de Français; les assiégés fuient dans la ville; cependant ceux qui sont dans les vieilles tours continuent leur feu, et refiisent obstinément de se rendre.

« D*après les ordres de Bonaparte , les troupes ne devaient point entrer dans la ville; niais le soldat, fiuieux de la résistance de fennemi, sétait laissé entraîner, et déjà une grande partie se trouvait engagée dans les rues , où s*établissait une fusillade meurtrière. Bonaparte (ait battre h {générale à Tinslaut. D mande vers lui le capitaine d une caravelle turque qui était dans le port vieux, et le charge de porter aux habitants ^Alexandrie des paroles de paix, de les rassurer sur les intentions de la république finançaise , de leur annoncer que leurs propriétés, leur liberté , leur religion seront respectées; que la France, jalouse de conserver leur amitié et celle de la Porte, ne prétend diriger ses forces que contre les mamduks. Ce capitaine, suivi de quelques officiers français, se rend clans la ville, et engage les habitants à se rendre pour éviter ic pillage et ia mort K »

* Relation de lexpidiUon d Egypte, par Berthicr, p. 1 1 à i3.

Dli PALAIS DË VERSAILLES. 97

DCCLXL

BO.NAPAHTE DOiNM:: UN SAliRE AU LllEK MILITAIRE D'ALEXAiNDRIE. — JUILLET 1798.

MULAHb. 1808.

Après la prise d'Alexandrie nies imams, les cheikhs, les cbéii& viennent se présenter à Bonaparte , qui leur renouvelle Tassurance des dispositions amicales et pacifiques de la république française. »

Le générai en chef, voulant honorer ia valeur avec laquelle ils avaient défendu leur ville, fit présent d'un sabre 4 leur chef nûlitaire. Cdui^si le reçut à genoux, jurant sur sa tête de ne s*en servir que pour la cause des François, u Us se rcliicnt pleins de confiance dans ces dispositions; les forts duPliare sont remis aux Fran çais, qui prennent en même temps possession de la ville et des deux ports ^ »

DGGLXIL

BATAILLE DE CULBHLl&â. — 13 JUILLET 1798.

(.OCJHET.

})r)[)aparte, maître d'/Ucxandric , s'empressa d'y établir un gouvernement favoi-able à ses vues, et laissa pour y commander le général Kléber, qui avait été blessé à Tattaque de la viOe. Puis, sans plus tarder,

* Relation d* rej^dition dE^ypU, par BcrUuer, p. i3.

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