‹ Galeries historiques du Palais de Versailles (volume 2)Chapitre 41 sur 141 · BATAILLE DES PYRAMJDES,^ SI' JUILLET · texte numérisé non relu

BATAILLE DES PYRAMJDES,^ SI' JUILLET

Après la bataiUe de Chebreiss , Tannée continua sa marche vers le Caire; le juillet 1798 (a thermidor), elle quittait Omm-d-Dinal à deui. heures du matin.

«Au point du jour la division Desaix, qui formait Tavant^rde, a connaissance d*un corps d*environ six cents mameluks et d*un grand nombre d* Arabes, qui

se replient aussitôt. A deux heures après liudi Tarméc arrive aux villages d'Ehrerach et de Boutis : elle a était plus qu'à trois quarts de lieue d*£mbabé et apei'cevait de loin le corps de mameluks qui se trouvaient dans

^ ReUdion de tçxj^édiUoa uÉgjpU» par Ikrtlûer, p. ao-ai.

le villagp. La rhaleiir était brûlante, le soldat extrêmement fatigué. Bonaparte fait faire halte; mais les marneluks n*ont pas plus t6t aperçu f année qu'Us se forment en avant de sa droite dans la plaine. Un spectacle aussi imposant u'avail point encore frappé les regards des Français. La cavalerie des mameluks était couverte d'armes étincelautes. On voyait en arrière de sa gauche ces &meuses Pyramides dont la niasse indestructible a survécu À tant d'empires, et brave depuis trente siècles les outrages du temps. Derrière sa droite étaient le Nil , le Caire , le Mokattam et les champs de i auticpie Memphis ^ »

Les troupes « impatientes d*en venir aux mains, sont

aussitôt rangées en bataille. Bonaparte appelle les pi incipaux chefs de 1 armée, parcourt les rangs, dicte les ordres : « Soldats , s écrie-t-il , souvenes-vous que du haut de ces monuments quarante sièdes vous contemplent. » On voyait alors autour de lui Berthier, Desaix , Dugua , généiaux de division; Miiiat, Belliard, généraux de brigade; Duroc, chef de bataillon d'aitiilerie; Eugène Beaubamais et Lavalette, tous destinés plus tard à des fortunes si imprévues et si diverses.

DCCLXXIV.

BATAILLË DES PYiL\MiDL5. — 21 JUILUIT 179^.

' AWalÎM de {ejj)iditbn ^E^yfÊe, par Berthier, p. 35.

102 GALËaiES HISTOMQUËS

DCCLXV.

BATAILLE DË.S PYRAMIDES. — 21 JUILLLT 179».

«La ligne, formée dans l'ordre par éclirlons et par divûioQS qui se flanquent, reçoit lordre de «ébranler; mais les mameluks, qui jusqu'alors avaient paru in* décis , préviennent Texéeution de ce mouvement , menaœnt le centre, et se précipitent avec impétuosité sur les divisions Desaix et Heynier qui formaient la droite i ils chargent intrépidement les colonnes, qui, fermes et immobfles, ne font usage de leur feu qu*à demi-portée de la mitraille et de la mousqueterie. La valeur téméraire des mameluks essaie en vain de renverser ces murailles de feu , ces remparts de baïonnettes : leurs rangs sont édaircis par le grand nombre de miMis et de blessés qui tombent sur le champ de bataifie, et bientôt ils s'éloignent en désoixlre sans oser entreprendre une nouvelle charge.

« Pendant que les divisions Desaix et B^nier repoussaient avec tant de succès la cavalerie des noAmeluks, les divisions Bon et Menou , soutenues par la division Kleber, ronimandéc par ic général Dii^ua, marcliaiont au pas de charge sui* le village retranché d Emhabé.

Les mameluks attaquent sans succès les pelotons des flanqueurs; ils démasquent et font jouer quarante mauvaises pièces d'artiilcrie. Los divisions se précipi-

tent alors avec plus d'impétuosité, et ne laissent pas à

l'ennonii \c temps de recharger ses canons. Les retranchements sont enlevés à ia baïonnette. I^e camp et le viflage dËmbabé sont au pouvoir des Français. Quinze cents mameluks à cheval et autant de fellahs, auxquels les généraux Marmont et Rampon ont coupé toute ieti^ite en toiuiiaiit Ëmbabé et prenant une position retranchée derrière un fossé qm joignait le Nil, font en vain «les prodige de valeur; aucun d*eux ne veut se rendre, aucun d*euK n'échappe k la fureur du soldat: ils sont tous passés au fil de l'épée ou noyés dans îe NiJ. Quarante pièces de canon , quatre cents ciiamcaux , ies bagages et les vivres de fennemi tombent entre les mains du vainqueur.

«Mourad-Bey, voyant le village d'Embabé emporté, ne songe plus qu'aux moyens d'assurer sa retiaite. I>éjà les divisions Desaix et Reynier avaient forcé sa cavalerie de se replier. L'armée, quoiqu'elle marchât depuis deux heures du matin et qu'il fôt six heures du soir, le poursuit encore jus(ju à Giseh. li n'y avait plus de sAwl pour lui que dans une prompte fuite , il en donne le signal, et Farmée prend position à Giseh , après dix-neuf heures de marche ou de combats ^ n

^ tUklÛM 4$ texpiâition iB/ffpÊt» par BerCkicr, p. «5-17.

104 GALERIES HiSTOUiQlJES

DCCLXVL

Page 1