P1U8E DE NAPLES PAR L*ARMÉE FEAMQAISB. ^ SI JANVIER
Taoiu. — 1799.
Cbampionnet, après les combats de Monterost et Gività-Gastdlana, reprit aussitôt f offensive. B rentra dans
Rome dix-sept jours après en être sorti, et, poui suivant^
■ BdaH»n lie rMpMdim dÈgjffItg, p«r BarUiicr, p. 46.
nS GALERIES HISTOaiQUES
sa marche, «e dirigea sur les états de Naples, qu*â ne
tarda pas à envahir. Malgré ia résistance des troupes napolitameSf il était arrivé devant Capoue dans les premiers jours de janvier.
Mais autour de lui tout commençait à 5*ébranler; et pendant que les paysans prenaient partout les armes, interceptaient les courriers de l'armée française, et hii faisaient une guerre de partisans redoutable, la populace de Naples, qu'on avait eu Timprudenoe d*anner, commençait de se porter aux excès les plus épouvantables. L'Autrichien Ma ck, f[iii coîTinuindait l'armée napolitaine, ayant accepté i armistice que Championnet lui proposait , et par lequel ia ligne du Voitume et de i'Oianto était abandonnée aux Français, cette convention décbauoa pins violemment encore dans la capitale les fureurs populaires. Naples fut livré trois joiu*s durant à l'insurrectioa des lazzaroni, et le générai Maok, pour sauver ses jours, fiit réduit à cbercber un asile dans le camp firancais.
CepeudaiU 1 M[)pi'()riic de Championnet menaçant la ville, loin d'intimider les lazzaroni ameutés, ne fit qu accroître leur rage* H fallut attaquer de vive force cette grande cité, et, après plusieurs jours de combat, le fort Saint-Ellme étant tombé aux mains des Français, le canon en fut tourne contre ia ville, a Toutes les colonnes se mirent aussitôt en mouvement sur les points qui leur étaient assignés. Quoique surpris par l'occupation du cbâteau, les lamroni opposèrent la plus vive résistance; mais die ne pouvait servii' qu à retarder leur
perte. Broitssier et Rusca refoulèrent les flots de la mul>
titude qui s'opposait à leur passage, et allaient escalader le fort del Carminé lorsque ia garnison' mit bas les armes et demanda quartier. Le rassemblement qui défendait la porte de Nola ne lîit pas plus heureux, et abandonna toute son artillerie.
«La marrhp do Kellcrmann ('^prouva plus d'obstacles: il avait en tête le fameux Paggio, lequel, retranché à la hâte asset près de Serraglio, le tint longtemps en échec avec qudques centaines d'Albanais et de canonniers de marine, qui servaionl son ariiilcric avec dextérité. Ce rempart forcé , il lui disputa le terrain pied à pied jusqu'au Largo del Gastello.
«Le général de brigade Calvin, quoique protégé par une sentie v^oureuse de Girardon , gagnait peu de t»rain. Les deux colonnes, secondées pai quelques Napolitains, combattirent au pied du fort; et de ce côté la victoire était encore incertaine.
«Cependant le général Rusca, près duqud étaient venus se langei mu foule d'iiahilants, rencontra au Stud Michel le i ou, aussi peu disposé que son collègue à céder le terrain; mais son zèle l'ayant trop exposé , il fut fait prisonnier et conduit au quartier général , sur la place délie Pigne »
' Biànn dts ^acnvi 4ê la rètnbiâtm . pir Jomioi, I. XI, p. 93.
120 GALfiHlES HISTOUIQUES
DCCLXXV.
L'ARMÉE FRANÇAISE TRAVERSE LES RUINES 1» THÈBES (HAirrE ÉGYFTB).^ FÉVRIER, 1799.
«Le général Desaix, après avoir séjourné quelq[ue temps à Siottt et à Girgé , continua sa marche dans ia
haute Égypte.
tt La division , en traversant T^^pte supérieure , trouve une quantité prodigieuse de monuments antiques de la plus grande heauté. Les ruines de Thèhes, les débris du temple de Tentyra étonnent les regards des voyageurs, et méritent encore Tadmiration du monde ^»
DCCLXXVl.
HALTE DE L*ARMÉE mNQAISB A SYÈNE (HAUTE ÉGYPTE)— S FÉVRIER 1799.
T*i»itv. — iSii.
«Après avoir traversé les ruines de Thèbes, l'armée se dirigea sur Hesney; elle y était le 28 janvier 1 799
(9 pluviôse an vn), et se rendit ensuite & Sykie, où elle arriva le 1" février^, après avoir essuyé des fatigues excessives en traversant les déserts et cbasaant toujours l'ennemi devant elle
• Relation de iexptàition d'E^pte, par Berlhier, p. 1 4o.
• ïbid. p. 1 39. ♦
« Le second jour de notre établissement, rag^nte Volney, il y avait déjà dans les mes de Syène des tailieurs,
des cordonniers, des orfèvres, des barbiers français avec leur enseigne, des traiteurs et des restaurateurs à prix fixe. La station d'une armée offire le tableau du développement 4e plus rapide des ressources de f industrie; chaque individu met en œuvre tous ses moyens pour le bien de la société; mais ce qiii caractérise particulièrement une armée £rançaise, c'est d'établir ic superilu en même temps et avec le même soin que le nécessaire; û y avait jardins, cafés et jeux publics, avec des cartes faites ^1 Syène. Au sortir du \ iihige une allée d'arbres alignés se dirigeait au nord; les soldats y mirent une ctàotme milliaire avec l'inscription : route de ParUt n!* onze cent seixantB'-sepi miUe trois cent qaarante. G*étaît quelques Joiu-s après avoir reçu une distribution de dattes pour toute ration qu ils avaient des idées si plaisantes et si philosophiques. »
DGCLXXVIL
COMBAT EN AVANT D'HESNEY. — 12 FÉVHJEK 17Q9.
COURIET.
Le général Desaix avait établi son quartier général à Hesney, d'où il dirigeait ses troupes sur tous les points où les mameluks pouvaient Tattaquer*
a Différents rapports lui annonçaient aussi qu'Osman- Bey Hassan était revenu sur les bords du fleuve, et
122 GÀLliAIES HISTORIQUES
oontiimait d*y &ire yim «a troupe. Desaix, ne vouluit
pas lui permettre de séjourner aussi près de lui, envoie à sa poursuite le général Davoust , avec le vingt-deuxième de chasseurs et le quinzième de dragons. »
Le i4 flor^ (ii février) ie général Davoust était en présence de Tennemi. « D forme sa cavalerie sur deui
lignes, et s'avanco a\cr rapidité sur les rnanieluks, qui d'abord ont i'air de se retirai*. Mais tout à coup ils font volte-face , et fournissent une charge vigoureuse sous le feu meurtrier du quinzième de dragons. Plusieurs mameluks tumbenî sur la placo. Le ehef d'escadron Fontelle est tué d'un coup de sabre. Osman-Bey a son cheval tué sous lui : il est lui-même dangereusement blessé. Le vingUleuxième de chasseurs se précipîte avec impétuosité sur fennemi. On combat corps à coi-ps; ie carnage devient allreux; mais, malgré la supériorité clos armes et du nombre , les mameluks sont forcés d'abandonner le champ de bataille, où ib laissent un grand nombre des leurs et plusieurs kiache&; ils se retirent rapidement vers leurs rbameaux , qui, pendant ie combat, avaient continué iem' route dans ie désert.
41 Parmi les beaux traits qui ont honoré cette mémorable journée, on remarque celui de l'aide de camp du général Davoust, le citoyen Montieger, qui, blessé dans le fort du combat» et ayant eu son cheval tué sous lui, se saisit du cheval dnn mamduk, et sortit ainsi de la mMée ^. »
' Rdahom di t e^iition dÉgj^, pur Berthicr, p. t ii- 1 4â.
DCCLXXVIIL
COMliAI U AliOLMANA (HALTE EGYPTE). — 17 FtVKlEft 17yy.
Pnom. — 1W7.
A la voix de Moiirad-Bey, qui ies appelait à soutenir jusqu'au bout la lutte nationale contre les Français, tous les habitants defÉgypte supérieure , depuis les cataractes jusqu'à Girgé , s'étaient mis en armes: les cheîks d'Yambo et de Geda passent la mer Rouge; Osman-Bey reunit les mameluks; de tous côtés de nouvelles troupes viennent rejoindre leurs chefe. Défait à Samanhout, à René , par le général Desaîx, 1* ennemi se représente sans cesse.
«Après le combat de René, les Arabes d'Yambo s'étaient retirés dans les déserts d'Aboumana : leur chérif Hassan t fanatique ezdté et entreprenant, les entrete-
iiciit daiib l'espoir d'exterminer les infidèles aussitôt que les renforts qu'il attendait seraient arrivés. Provisoirement il mettait tout en œuvre pour soulever tous les vrais croyants de la rive droite. A sa voix toutes les têtes sVchauflent, tous les bras s*arment. Déjà une multitude d'Arabes est accourue à Aboumana. Des mameluks fugitifs et sans asile s'y rendent également.
«Le a 9 pluviôse (17 février 1799) le générai Priant arrive près d* Aboumana , qu il trouve rempli de gens armés. Les Arabes d'Yambo sont en avant rangés en bataille. Ses grenadiers le sont déjà en colonne d'at-
m GALERIES UISTumgUES
taque, commandée par le chef de brigade Conrauz.
Après avoir reçu plusieurs coups de canon, et à l approche des grenadiers, ia cavalerie et les paysans prennent la fuite; mais les Arabes tiennent bon. Le générai Priant forme alors deux colonnes pour tourner le village , et leur enlever leurs moyens de retraite. Bs ne peuvent résister au choc terrible des grenadiers; ils se jettent dans le village où ils sont assaillis et mis en pièces.
« Les Arabes d*Yambo ont perdu dans cette journée
quatre cents morts et ont eu beaucoup de blessés. Une grande quantité de paysans furent tués dans les déserts. Les FVançais n'ont eu que quelques blessés ^ »
DGGLXXIX.
, œMBAT DE BENOUTH.— 8 MARS 17M.
Cmarlbs LâMLOi*. — a 81 s.
Le général Belliard , détaché du corps d'armée du générai Desaix , était resté à Syène avec la vingt et unième légère. «Tous les rapports réunis et le bruit général du pays firent juger au général Desaix que le point de ralliement des ennemis était à Siouth ; en conséqiienre il rassemble ses troupes , ordonne au général Belliard , qui était descendu de Syène à ia suite des mameluks, de laisser une garnison de quatre cents hommes k Hesney, et de continuer k descendre, en ob-
' Relation ée l'txpédilÙHt itÉffjrpU, pv Berlhier, p. liS'ii?.
semnt bien ies mouvements des Arabes d'Yambo,
qu'il doit combattre partout où il les rencontrera. »
£n même temps, pnnv ne pas laisser à Mourad-Bey le temps de se réunir à Ëlpbi-Bey, il se dirige sur Siouth. «Le i8 au matin, le général Bdliard, après avoir passé le Nil à Elkamouté, arrive près de l'ancienne Coplitos, et, après avoir repoussé les mameluks, il fait continuer la marche, et U arrive près de Benouth. Le canon tirait déjà sur les tirailleurs. BeEiard reconnaît la position des ennemis, cpii avaient placé quatre pièces de canon de l'autre côté d'un < aiial extrêmement large et profond. 11 fait former les carabiniers en colonne d attaque, et ordonne que Ton enlève ces pièces au moment où le carré passerait le canal, et menacent de
tourner l'eniicmi. »
Après un combat très-vif, ies carabiniers s'emparent des pièces et s'en servent aussitôt contre les ennemis, «qui se jetaient dans une mosquée, dans une grande barque , dans plusieurs maisons du village , surtout dans une maison de m.nnt lukb dont ils avaient crénelé les murailles, et où ils avaient tous leurs effets et leurs munitions de guerre et de bouche. Alors le général Briard forme deux colonnes , Tune destinée à cerner
de très-près ia grande maison, i autre à entrer dans le village et à enlever de vive force la mosquée et toutes les maisons oii U y aurait des ennemis.
« Les Arabes d* Yambo font feu de toutes parts : les Français entrent dans la barque et mettent à mort tout ce qui s'y trouve. Le chef de brigade Eppler, excellent
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officier, et d*uiie bravoure distinguée, comiiMindaii dans
le village: il veut entrer dans la mosquée, il en sort un feu si vU qu'il est obligé de se reliier. Âlors on embrase cette mosquée, et les Arabes d'Yambo qui la défendent y périssent dans les flammes; vingt autres maisons subissent le même sort : en un instant le viUage ne présente que des ruines, et les rues sont comblées de morts ^ n
DCCLXXX.