BATAILLE DU MONT TUABOR. IG AVRIL
CouiBT «t PaiLirpoTCAOK. — i^if.
«Le combat de Nasareth avait dispersé mab non détroH ce rasaemblement de popuktions arabes qui devenait de jour en jour phis menaçant potir Tannée fran-
<^aise. Le général Kléber, qui avait été détaché du camp pour soutenir le détachement sous les ordres du général Junot, annonça que Tennemi, au nombre de plus de dist-hmt à vingt mille hommes, descendait de tontes les hauteurs pour déboucher dans la plaine. Les troupes du générai Junot et les siennes étaient rentrées dans ia position de Saiarié et de Nazareth.
«Bonaparte juge qu*il Êrat une bataille générale et décisive pour éloigner une multitude qui, avec l'avantage du nombre , viendrait le harceler jusque dans son camp. 11 laisse devant Saint-Jean-d'Acre les divisions Reynier et Lannes; il part le a6 germinal (i 5 avril 1 799) avec le reste de sa cavderie, la division Bon et huit pièces d'artillerie. Le 27, au point du jour, il marche sur Fouii; à neuf heures du matin il arrive sur les dernières hauteurs, d'où il découvre FouU et le Mont-Thabor. B aperçoit, à environ trois lieues de distance, la division Kléber, qui était aux prises avec Tennemi, dont les forces paraissaient être de vingt-cinq mille hommes de cavalerie, au milieu desquels se battaient deux mille Français. IV. . 9
130 GALËH1Ë5 HISTOMlQli£S
« Le général Kléber avait formé deux carrés d'infanterie , et avait fait occuper quelques ruines , où il avait placé son ambulance. L*ennemi occupait le village de Fouii avec l'infanterie naplouzaine et deux petites pièces de canon portées à dos de chameau. Toute la cavalerie, au nombre de vingt-cinq mille hommes, environnait la petite armée de Kléber; plusieurs fois elle l'avait chargée avec Impétuosité, mais toujours sans succès; toujours efle avait été vigoureusement repoussée par la mousqueterie et îa mitraille de la division , qui combattait avec autant de valeur que de sang lioid.
« Bonaparte , ai rîvé à une demi-lieue de distance du générai Kléber, (ait aussitôt marcher le général Rampon  la tête de la trente-deuxième, pour soutenir et dégager la division Kléber en prenant f ennemi en flanc et à dos.
« Au moment où les différentes colonnes prennent leur direction, Bonaparte fiiit tirer un coup de canon de douse. Le général Kléber, averti par ce signal de l'approche de Bonaparte, quitte la défensive; il attaque et enlève à la baïonnette le village de Fouii, passe au fil de répée tout ce qu'il rencontre, et continue sa marche au pas de charge sur la cavalerie, qui est aussi chargée par la colonne du général Rampon : celle du général Vial la coupe vers les montagnes de ISaplouze, et les guides à pied fusillent les Arabes, qui se sauvent vers Jenin.
« Le désordre est dans tous les rangs de la cavalerie
de f ennemi; il ne sait plus à quel parti s*arrêter : il se
voit coupé de son camp , séparé de ses magasins , entom-é de tons cotés. Enfin ii cherche un refuge derrière le Mont-Thabor; il gagne pendant la nuit et dans le {dus
grand dtsordre le pont do Ei-Mëkanié, et un grand nombre se noient dans le Jourdain en essayant de le passer à £;ué.
«Le résultat de la bataille d*Esdrdon ou du Mont- Thabor est la défaite de vingt-cinq mille hommes de
cavalrrir et df» dix miîlo d iiiiaiit( lie par quatre miUe Français; la prise de tous les magasins de l'ennemi, de son camp, et sa fuite en désordre vers Damas. Ses pro> près rapports font monter sa perte à plus de cinq mille
hommes ^ »
DGGLXXXIIL
BATAILLE D*ABOUXIR. — S5 JUILLET 1790.
OaDBB W AATltLU.
« Cependant la saison des débarquements en Égypte y rappelait impérieusement Tannée pour s'opposer aux descentes et aui tentatites de Fennemt. La peste faisait des progrès etli ayants en Syrie; déjà elle avait enlevé sept cents hommes aux Français, et, d'après les rapports recueillis à Sour, il mourait journellement plus de soixante hommes devant la place d*Acre. Bonaparte leva donc le siège de cette ville le 30 mai 1 799. et reprit la route de l'Egypte. »
A peine de retour au Caire , ii apprend « qu'une flotte
* B4fS^ iâ f«ipMS(ÎM JtÈgjtf/^, par Bniliier» p. 79-84.
turque de cent voiles avait mouilU- 1\ Aboukii k l 'S messidor (i I juillet 1799), et annonçait des vues hostiles contre Alexandrie. H part au moment même pow se rendre à Gîzeh; il y passe la nuit à faire ses dispositions; i! ordonne au général Murât de se mettre en marche pour Ralinianié avec sa tavalt rii , les p^enadiers de la soixante-neuvième, ceux des dix-huitième et trentedeuxième» les édaireurs, et un bataillon de ia treizième qu^il avait avec lui ^. »
En même temps Desaix est rappelé de la haute Égypte. 11 laisse des garnisons daiis les places principales, et vient rejoindre l'armée à Rahrnanié, oiile gé^ néral en chef arrive aussi de son côté. Là Bonaparte est informé que «les cent voiles turques avaient débarqué enviion trois mille hommes et de Tat iiiierie, et avaient attaqué le a 7 messidor (i5 juillet 1799) la redoute, quils avaient enlevée de vive force; >» que le fort d'A< boukir, dont le commandant avait été tué, ainsi que la ville, étaient tombés en leur pouvoir, et qu*enfin Tennenii avait le projet de faire le siège d'Alrvandrie.
Le général en chef se rend ïiussitôt dans cette ville, où il arrive le a 6 juillet 1799 (6 thermidor), visite les fortifications, et ordonne toutes les dispositions pour ratta(pie de l'ennemi. Il est instruit que « Mustapha-Pacha, comuiandaut i armée turque, avait débarqué avec environ quinze mille hommes, beaucoup d'artillerie, une centaine de chevaux , et s*occupait à se retrancher.
«Dans Taprès-midî Bonaparte part d'Alexandrie avec
Bf laiton dê Te^^Ulion ^SgypU» par Bcrlhier, p. 179.
le quartier général, et prend position au Puits, entre
iViexandiie et Aboiikir. La La\.il(M'ie du çî/'iiéral Murât, les divisions i^aniios vi liampon ont ordie de sereudi-e il cette même position; elles y arrivent dans la noit du 6 au 7 à minuit, ainsi que quatre cents hommes de cavalerie \cnant de la haute Egypte.
«Le 7 theimidor, à la pointe du jour, 1 armée se met en mouvement. L avant-garde est conmiandée par le général Murât » qui a sous ses ordres quatre cents hommes de cavalerie et le général de brigade dEstaing, avec trois bataillons et deux pièces de canon.
«La division Lannes formait Taiie droite, et la division Lanusse l'aile gauche. La division kléber, qui devait arriver dans la journée, formait la réserve. Le parc, couvert d'un escadron de cavalerie , venait ensuite.
«Le général de brigade Davoust, avee deu\ escadrons et cent dromadaires , a ordre de prendre position entre Alexandrie et l'armée, autant pour ftire &ce aux Arabes et à Mourad-Bey, qui pouvait arriver d*un moment à i autre, que poui* assuier la commuiiicaiiuii avec Alexandrie.
« Le générai Menou , qui s'était porté à Rosette , avait .eu f ordre de se trouver, à la pointe du jour, à Textrémité de la barre de Rosette à Aboukir, au passage du lac Madié, pour canonner tout ce que reiuieiui aurait dans le iac , et lui donner de l'inquiétude sur sa gauche.
« Mustapha-Pacha avait sa première ligne à une demilieue en avant du fort d* Aboukir; environ mille hommes occupaient un mamelon de sable retranché à sa droite ,
134 GAL£K1£S IllSTOAlQUËS
sur le bord de la mer, soutenu par un Yâlage à trois
cents toises , occup(^ par douze cents hommes et quatre pièces de canon. Sa gauche était sui* une montagne de sable, à gauche de la presqu'île, isolée, à six cents toises en avant de la première ligne : Tennemi occupait cette position , qui était mal retranchée , pour couvrir le puits le plus abondant d'Aboukir.
« Quelqii es chaloupes canonnières paraissaient placées pour défendre Tespace de cette position; à la seconde ligne O y avait deux mille hommes environ et six pièces de canon.
a L'ennemi avait sa seconde position en arrière du village, à trob cents toises; son centre était établi è la redoute qu*il uvait élevée. Sa droite était placée derrière un retranchement prolongé , depuis la redoute jusqu'à la mer, pendant l'espace de cent cinquante toises; sa gauche, en partant de la redoute vers la mer, occupait des mamelons et la plage, qui se trouvait à la fois sous les feux de la redoute et sous ceux des chaloupes canonnières: il avait, dans cette seconde position, à peu près sept mille hommes et douze pièces de canon. A cent cinquante toises derrière la redoute se trouvaient le village d'Aboukir et le fort, occupés ensemble par environ qiunze cents hommes; quatre-vingts hommes à cheval furoiaient la suite du pacha commandant en chef.
«L*escadre était mouillée à une demi^ieue dans la rade.
« Âpœs deux heures de marche , l'avaat-gaide se
trouve en présence de l'eiuieaii; la fiisiilade sen^i^e wwec ies tiraiiieiirs ^ »
DGGLXXXIV.
BATÂlUâË D AfiOUm. — 25 JUILLET 17M.
HuMQom. — i&od.
L'engagement devient bientôt généiai sur toule la ligne.
«Le Yiliage est emporté, renneinî est poursuivi jus* qtt*â ia redoute, centre de sa seconde position : cette
position est trcs lurte.
« Pendant que les troupes reprennent haleine , on met des canons en position au viUage et le long de ia mer; on bat la droite de fennemi et sa redoute, n
En vain les troupes attaquent ce formidable retranchement, les Turçs s'y défendent avec une intrépide obstination.
«Le chef de brigade Duvivier y est tué; l'adjudant général Rose , qui dirige les mouvements avec autant de
saiig-ii oitl que de Uiicnt, le chef de brigade des guides à cheval , Bessières, ladjudant générai Leturcq, sont k la téte des charges.
«Le général Fugières» fadjudant général Leturcq, font des prodiges de valeur. Le premier reçoit une blessure à la tête; il continue néanmoins h combattre; un boulet lui emporte le bras gauche ; il est forcé de
^ Relation i» t u^téJ^on i Étudie , par Bcrthier, p. 171-178.
suivre le mouvement de la dU-huitiàme , qui le retire sur le village dans le plus grand ordre , en fiôsant un feu
des plus vifs. L*adjudant gc^néral Leturrq avait fait de vaiiib eilorts pour déterminer la colonne h. se jeter dans les retranchements ennemis; il s'y précipite lui-même, mais il s*y trouve seul : il y reçoit une mort glorieuse. Le chef de brigade Morangié est tué.
u Une vingtaine de braves de la dix-huitième restent sur le teri'ain. Les Turcs, malgré le ieu meurtrier du village , s*élanoent des retranchements pour couper la tête des morts et des blessés, et obtenir 1* aigrette d*argent que leur gouvernement donne à tout militaire qui apporte la tète d'un ennemi*. »
Le général en chef ordonne alors au général Lannes de se porter sur cette redoutable position, a Mustapha*Pacha était dans la redoute : aussitôt qu*il • s'aperciît que le générai Lannes était sur le point d'arriver au retranchement et de tourner sa gauche, ii lit une sortie, déboucha avec quatre ou cinq mille hommes, ' et par là sépara notre droite de notre gauche, qu'il prenait en flanc , en même temps qu'il se trouvait sur les derrières de notre dioite. Ce mouvement aurait arrêté court Lannes; mais le général en chef, qui se trouvait au centre, marcha avec la soixante-neuvième, contint Tattaque de Mustapha , lui fit perdre du terrain, et par là rassura entièrement les troupes du général Lannes, qui continuèrent leur mouvement. La cavalexie , ayant alors débouché, se trouva sur les derrières de la re-
' Ar/ufion df Cexpédition dE^pUt. par Berlhier, p. iëa-i8i.
doute. L'ennemi, se voyant coupé, se mil aussitôt dans le plus affireux désordre. Le générai d^Estaing mareba au
pas de charge sur les reU^ichements de droite. Toutes ies troupes de la deuxième ligne voulurent alors regagner le fort; mais eUes se rencontrèrent avec notre cavalerie« et il ne se filt point sauvé un sed Turc sans Texis-
tence du village : un assez grand noml)re eurent le temps d'y arriver; trois ou quatre mille Turcs furent jetés dans la mer^ i» .
DGCLXXXV.
BATAILLE D'AfiOUKIR. — 25 JUILLET 1790.
«Le général Murât, qui commandait Tavant-garde,
qui suivait tous ies mouvements, et qui était constamment aux tiraiileui'S, saisit le moment où le général Lannes lançait sur la redoute les bataillons de la vingtrdeuxième et de la soixante-neuvième, pour ordonner à un escadron de charger et do traverser toutes les positions de l'ennemi, jusque sur ies fossés du tort. Ce mouvement est £adt avec tant d'impétuosité et d'à-propos, qu^au moment où la redoute est forcée, cet escadron se trouvait déjà pour couper à Tennemi toute retraite dans le fort. La déroute est coiîi])lète, l'ennemi en désordi e etiiappé de terreur trouve partout les baïonnettes et la mort. La cavalerie le sabre : il ne croit avoir de ressource
' MenuHret tir i\apoléoH écrU» à Saink-Uéiène » par le général Goargaud ,
que dans ia mer. Dix mille hommes 8*y préo^Mtent: iU y sont fiuillés et mitraâlés. Jamais spectacle aussi terrible
ne s'est présenté. Aucun ne se sauve. Les vaisseaux étaient à deux lieues dans la rade d'Aboukir. Mustapha- Pacha, commandant en chef i'aimée turque, est pris avec deux cents Turcs; deux mille restent sur le champ de bataille : tontes les tentes , tons les bagages , vingt pièces do canon , dont deux anglaises , qui avaient été données par la cour de Londres au Grand Seigneur, restent au pouvoir des Français : deux canots an^ais se dérobent par la fuite. Le fort d'Aboukir ne lire pas un coup de tusii, tout csl frappé de terreur. Il en sort un parlementaire qui annonce que ce fort est défendu par douse cents hommes. On leur propose de se rendre; mais les uns y consentent, les autres s'y opposent. La journée se passe en pourparlers; on prend position; on enlève les blessés.
«Cette glorieuse journée coûte à l'armée française cent cinquante hommes tués et sept cent cinquante blessés. Au nombre des derniers est le ^nérd Murât, qui a pris h celte victoire une part si honorable; le chef de brigade du génie Crétin, officier du premier mérite, meurt de ses blessures, ainsi que le citoyen Guir bert, aide de camp du général en chef. »
' IMadon de teapidiliiuidl^yi^» par Borthicr, p. i85.
DU PÂLÀIS DË VKASAILLËS. i5d
DCCLXXXVI.