‹ Galeries historiques du Palais de Versailles (volume 2)Chapitre 48 sur 141 · BATAILLE DE ZURICH. 35 SEPTEMBRE · texte numérisé non relu

BATAILLE DE ZURICH. 35 SEPTEMBRE

BOVCBOT. 1837.

La paix, dont les préliminaires avaient été signés à Lëoben, et qui plus tard avait été conclue à Campo- Fonnio entre la France et T Autriche, laissait bien des points litigieux à régler avec f empire germanicfue. Un congi'ès s'ouvrit à Rastadt ; mais , loin d'atteindre le but pacifique qu'on se proposait, ces con£èrences célèbres ne servirent qu*à rallumer la guerre avec plus de fureur. Toute TEurope était encore en armes, et la Russie, nouvelle alliée de l'Angleterre et de l'Autriche , prit pait à la coalition.

Suwaroff descendit en Itdie^vec Mêlas et Kray, qui commandaient sous lui les Autrichiens , et par une suite de victoires presque aussi rapides que iavoient été cdles

de Bonaparte, il enleva l'Italie aux Français. Le conseil auiique, qui dirigeait toutes les opérations de la guerre, arrache alors le général russe au théâtre de ses exploits, et lui ordonne de se rendre en Suisse pour y lier ses opérations avec celles de l'arcliiduc Cliarles.

La république firançaise tiembla alors non plus pour ses conquêtes, mais pour son existence même. Hoche n'était plus; Joubert venait d*étre tué k Novi, Ghampionnet de mourir k Nice, et Bonaparte était en Égypte. Ce fut le plus habile des lieutenants du vainqueur de

ITtalie qui fiit cbai^ de tenir tête à la redoutable invasion qui menaçait les frontières de la France : Massj^na avait reçu le commandement de Tai'mée française en Suisse.

Informé de l'arrivée prochaine de Suwaroff, Masséna résolut de livrer bataille avant qu*â eût passé les AJpes

pour se joindre k l'armée coalisée. Ses forces élitient en grande partie réunies autoui* de Zurich. Trouvant une occasion fevorable de prendre f ofiensive sur ce point, il ordonna pour le ft6 septembre le passage de la Limmat, qui se fit h Closter-Fahi', où Korsakof avait à peine laissé quelques bataillons.

Aussitôt cette opération accomplie, uMasséna donna rordre à son chef d'étaVmajor Oudinot de marcher à Hongg avec une partie de la division Lorges et i'avantgarde de Ga/an. L i brigade Bontems, soutenue par une partie de celle de Quétard , se dii*igea sui' DeUikon et Re^nsdbrf, pour intercepter toute communication entre faile droite et le quartier général des Russes : deux bataillons s'établirent, dans le même but, en arrière du village d'Ottweil : le l este des ti^oupes de Quétai'd garda le pont et sei^vit de réserve.

« Cette manœuvre contraignit les Russes de s'enfermer dans Zurich, oà Tarmée fi^çaise les enveloppa. Le lendemain ils renouvelèrent labalailie pain so {aire jour au travers des rangs eimemis. Le combat lut acharné et sanglant. Korsakof lit un prodigieux effort pour se retirer par la route de Wintershut. Formant de son armée une longue colonne» il chargea avec furie contre

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les rangs français, et s*ciuvrit d*abord un pasaage; mais

dh que l'infanterie et une partie de la cavalerie eurent filé, ien escadrons français assaillirent l'artillerie et les bagages. Les hussards russes firent de vaines charges pour les dâivrer. et ne purent y réussir; âs furent culbutés, et leur général Likoschin dangereusement blessé : cent pièces de canon, le trésor de l'armée, tous 1rs équipages, ainsi que tout ce qui se trouvait encore dans Zurich, devinrent la proie des vainqueurs ^. »

En même temps Soult, chargé de passer la Lind au-dessus du lac de Zurich , exécutait ce passage avec bonheur, et tombait sui* les Autrichiens. Leur géuéial Hotze ayant été tué , Petrasch prit le commandement à sa place; mais il hit bientôt forcé de se replier en toute hâte sur Saint-Gai) et le Rhin, laissant trois mille prisonni( rs et une partie de son artillerie.

Ainsi sur tous les points la victoire était complète, et la république sauvée d'un des plus grands dangers qn*dle eût courus.

DCCLXXXVn.

COMBAT DE LA FRÉGATE FRANÇAISE LA PRENEUSE, œM- MANDÉE PAR LE CAPITAINE DE VAISSEAU L'HERMITTE, OONTRE LE VAISSEAU AMGUIS LE JUPITER. 11 OC- TOBRE im

Dans l'automne de 1799 ic capitaine de vaisseau L'Hermitte, qui, depuis plusieurs années, s'était signalé par de beaux laits d^armes dans les mers de l'Inde, où

' Hiitoin dts garrrrs de la révolution, par Joinini, t. XII, p. 3 5a cl aày.

il avait commandé sucoeMÎTemeiit les frégates la Vetia

et fa Preneuse, croisait avec cette dernière sur la côte d'Aliique , eiitie Madagascar et le cap de Bonne-Espérance, et y inquiétait vivement le commerce an^^. Le gouverneur du Gap expédia de Gabie-Bay, à la recherche de la frégate française, le vaisseau U Japiter, nominalement de cinqiuuii» ranons, mais portant réellement soixante bouches à feu. Le i o octobre , par âA'^i' latitude sud, et aS** 34' longitude est, U Japiier découvrit la Preneme; celle^i laperçut également, et, voulant s'assurer si ce n'était pas un vaisseau de la compagnie des indes, capture liche et facile pour elle, qui en avait naguère pris deux à la fois, elle se porta à sa rencontre; mais, l'ayant reconnu pour vaisseau de guerre k deux batteries, eHe jugea prudent de se dérober k un adversaii'e d'une force aussi supt-rieurr, et ma de bord pour prendre cbasse. li ventait fort, la mer était grosse, et, par suite des avaries qu'avait éprouvées k Preneu$e quelques jours auparavant, dans un combat nocturne de plus de six heures contre cinq bâtiments de i^uerre anglais, dans la baie de Lagoa, elle neùt pu, sans ^langer pour sa mâture, porter autant de voiles que le Jafiter. D'un autre côté, depuis sa précédente campagne cette frégate avait beaucoup perdu de sa marche, et, bien que, pendant la chasse , le vent se fut calnit'' graduellement, et eut assez iaibli pour qu'elle pût mettie dehors tontes ses voiles, le vaisseau ennemi rapprochait de plus en plus. Bientôt elle dut chercher k le retarder dans sa poursuite en le dégréant par quelque coup heu-

renx de ses canons de retraite, et die comttiença le feu. Le Japiter, au lieu de riposter avec ses canons de chasse , venait de tomps en temps en travers pour envoyer une bordée à la fî^ate, puis reprenait sa route directement sur elle, manceuvre que lui permettait sa grande supériorité (h \ itcssc. Cet ôrhange de boulais, tout en luxant d'une part, et en chassant de l'autre , dura depuis neuf heures du soir jusque vers quatre heures du matin. En ce moment le vaisseau anglais avait tellement approché la frégate française , que celle-ci fut contrainte de diminuer de voiles, et de manœuvrer pour lui présenter le côté. Peu d'instants après, la canonnade s'engagea avec une vivacité extraordinaire. Continué de cette manière, le combat ne pouvait avoir une issue douteuse « et la Irégâte devait incMlabloment succomber; mais le capitaine L'Hermiite, profitant habilement de la fumée qui, à la suite des premières bordées , enveloppait les deux bâtiments, tente une manceuvre hardie pour prendre le vaisseau d'enfilade : son audace est couronnée de succès. Eln vain le Jupiter s'eflbrce de lui iaire quitter cette position , et de mettre la Prenease par son travers, afin de l'écraser, le capitaine français, le primant toujours de manceuvre, déjoue tous ses efforts, le maltraite considérablement et en 11 11 1 oblige à prendre la fuite. La Preneuse change alors de rôle , et le capitaine L'Uermitte se met à la poursuite du vaisseau, non sans doute dans rîntentiofi de Tattaquer k son tour, et de le réduire, mais simplement pour constater sa victoire : au bout de trois quarts d heure il lève chasse. .

H4 GALEhl£S HiSiOUlQUES

Le «Aipctef, au lieu de se réparer en mer et de persister à remplir la mission qu'il avait reçue de prcndic la irégate française ou de l'expulser des parages où elle avait établi sa croisière, retourna précipitamment au port d*oà il était parti, et y rentra tout dâabré. Le capitaine UHermîtte continua de croiser encore une quinzaine de joms sous la côte Natal , et ne la quitta que par k nécessité où il se trouvait d'aller ravitailler sa firégate à f lie-de-France.

DCCLXXXVm.

LE DlX41(3iT BRUMAIRE. — 9 NOVEMBRE 1709.

AiAEi et LkSTAiie. — iS36.

Bonapaite avait appris en Égypte Tétat de la France sous ! administration du Directoire. Sa détermination fut prise aussitôt, et le aa août 1799 il s'embarqua en seCTet sur la fi * g ite la Mnvron, Après avoir échappé miraculeusement aux croiseurs ;iii^lais, li ;u i iv a le 9 octobre k Fréjus , et se rendit aussitôt k Paris. Objet d une attente universelle, et bientôt après d*un enthousiasme extraordinaire, Û sembla ne songer d'abord qu*à dérober aux regards sa personne et ses desseins. Pais , après avoir tout disposé avec Sieyes et Roger Ducos, deux des membres du Directoire, et avoir mis dans l'intérêt de sa piditique le conseil des Anciens , il se fit donner le conomandement des troupes assemblées k Paris. Pendant ce temps le corps législatif était transporté à Saint-Cioud,

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comme pour échapper aux violences dont los conspirateurs menaçaient la capitale. C'était là ie théâtre réservé À Ja grande scène du 1 8 hrumaire.

Les AncieEis étaient réunis dans la galerie du château, et les Cinq-Cents dans Torangoie. La séance des conseils commença à (1(mix heures. Chez les Anciens on se contenta de donner notiilcation aux Chiq-Ccnts de la constitution régulière de rassemblée, qui était en majorité et prête k délibérer. Aux Cinq-Cents, la proposîtion (le lormer une euaiiiiission clKir«i;ée àv f;iire un i apport sur les dangers de la répuhlique et les moyens d'y pourvoir fut accueillie par de violentes réclamations. Les cris de ptint de Hetaleur! à bas les dictaiem! sont poussés de toute part avec fureur.

Cependant Bonaparte, qui eumplait sur un tout autre mouvement des esprits, comprend que ic moment est venu d'agir, et de se présenter aux deux conseib à la tète de son état-major et dans T appareil menaçant de la force.

Il se rend d'abord à la lyarre des Anciens ; a il leur peint l'état où la France est placée , les engage h prendre des mesures qid puissent la sauver. «Environné, dit-il, «de mes frères d^armes, je saurai vous seconder; J en

u atteste ces braves grenadiers, dont j'aperçois les baïontt nettes, et que j'ai si souvent conduits à l'ennemi; j'en «atteste leur courage, nous vous aiderons à sauver la « patrie; et si quelque orateur, ajoute Bonaparte d*ime

u voix menaçante, si quelque orateur, payé par l'étranger, u pariait de me mettre hors la loi, alors j'en appellerais à

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