‹ Galeries historiques du Palais de Versailles (volume 2)Chapitre 66 sur 141 · JUIN · texte numérisé non relu

JUIN

QUATOHZt. PLACEE FOKTEÀ REMISES À L'ARM BE KHANÇAiSE.

DllOLLIRG. —

«Lr soir même de la bataille de Marengo lk)ijaparte fit de» dispositions pour enlever la tète de pont et passer la Bormida de vive force. Le lendemain i5 juin, à la

* Relation de la balatUe de Muitiujo. pai Bcrlbicr, ^. 33 -3Ô.

pointe du jour, la fusiflade était déjà engagée aux avantpostes, lorsqu'un parlementaire annonça que le général Mêlas demandait à faire passer un officier de son étatmajor chargé de propositions : celui-ci fiit conduit au quartier général français. Après une première conférence du général en chef, Berthier, muni de pleins pouvoirs pour traiter avec M. de iMcias, se rendit à Alexandrie , et revint quelques heures après présenter à l'acceptation du premier consul la capitulation connue sous le titre de Gtraentkn entre les généraux en chef des armées française et impériale en Italie ^. »

D y eut suspension d hostilités entre les deux aimées jusqu*à la réponse de la cour de Vienne. Les châteaux de Tortone, d* Alexandrie, de Milan, de Turin, de Pixzighettone, d'Arona, de Plaisanre. de Ceva, de Sa voue, la place de Coni, la ville de Gènes et le fort Urbain furent remis à l'armée française. Enfin l'armée autri>

chienne dut se retirer sur Mantoue.

DCCCXL.

BEPRISE DE GÊNES PAH L ARMÉE FRANÇAISE.— 16 ÂU 24 JUIN ISOO.

HoB. — lâoA.

<( Le général Suchet , qui , peu de jours avant la bataille de Marengo, avait porté son avant-garde au delà d*Acquî, jusqu'à Castel-Spino, à la vue d'Alexandrie,

' PnUis firs hinemtnU mliUÙTt$, pur le général Mathieu Duroa», t. 111, p. 62b.

était si près de communiquer avec la gauche de Fannie du premier consul, et de prendre part à l'action, que le général Mêlas avait détaché une forte division de cavalerie, pour observer ses mouvements. Aussitôt apr^s la convention dWlexandrie, il fut chargé de reprendi'e possession de Gênes, que les Anglais auraient voulu retenir, et qu*ib n'abandonnèrent qu*avec dépit. Ils n'entendaient point être liés par les concessions du général Mêlas; et, pour assurer Teiticution des clauses stipulées, telles que la remise des magasins et la conservation de rartillerie de la place, il ne fallut rien moins que la fermeté du généra) Suchet et la droiture du générd auUi! liicii, le eonite de llohenzolleni , qui montra autant de loyauté dans cette pénible ciiconstance qu'il avait montré de valeur dans les combats du blocus de Gènes ^»

L*armée française prit possession de cette ville le

a 4 juin.

DCCCXLI.

MARCHE D£ L'ARMÉE FR WrAîSE EN ITALIE PENDANT LA CAMPAGNE DE MARENGO. — 1800.

Aquarelle par Bacbtti.

■ Prém 4*» MmuÊMli mUHém, par le fénértit Miibiea Dnmas, t. , p. 3.

Dli PAI^IS DE VERSAILLES. 189

DCCGXLn.

MARCHE DE LARMÉE FRANÇAISE EN ITALIE PENDANT LA CAMPAGNE DE MARENGO. ~ 1800.

JnsTiR OwHié (d'«pris fiAOBiri).

L'armée de réserve formée à Dijon avait été dirigée à marches forcées sur Genève, dans les derniers jours d*avril 1800. Le générai Berthier, commandant en chef, y était le i* mai, et \c premier consul, qui avait quiitc Paris le 6 , y aniva le 6.

Les troupes françaises, ayant immédiatement reçu l*ordre d'entrer dans le Valab, s*étaient mises en mouvement du 1 5 au 18. L*armée , ayant le premier consul h sa trto , passa le grand S.aiit-Rernai'd dans 1rs joiiraces (lu 1 b au ao mai. Bonaparte arriva le ao au bourg Saint- Pierre et le traversa le même jour.

Pendant ce temps Tavant-giirde , sous les ordres du général Lannes, livrait le combat d'Aoste, s'empar&it de cette ville, entrait à Châtillon le nj mai, et faisait occuper les défilés de la Cluse \e 10 mai.

Le a I Tarmée passe sous le fort de fiard , prend possession de la ville, et le premier consul traverse les défilés d iUbaiedo. On assiège et on prend la ville d Ivrée le a 1 mai.

Le combat de la Ghiuseila et de Romano eut lieu le 26 mai.

Le général Lannes entra & Chivasso le 97, tandis que

le coq^ du général Moncey, détaché de l'aimée d'Aile magne . arrivait par le Saint-Gothard à Beilimona, à la tète du lac Blajeur. Pendant que les troupes commandées par le gênerai Murât passaient la Sesia, le Tésin, et livraient le combat de Tuibigo, un autre corp^ de troupes , sous les ordres du générai Lecchi , passait également le Tésin à Sesto-Galende, le i*' juin.

Le premier consul, ayant fait son entrée à Milan le a juin , ordonna rinvestissement de la citadelle.

L'armée, dans la journée du 6 juin , passe alors le Po sur plusieurs points, A Crémone, à Plaisance, à Belgiojoso, et le premier consul établit le quartier général à Pavie, d'où il dirigea îe général Lnnnes sur Casteggio. Le 8 juin Bonaparte livre la bataille de Casteggio, fait ensuite déboucher ses troupes par San-Giuliano, et le 1 3 fl attaque le viUage de Marengo dont il s>mpare.

Enfin le même jom* l'ai'mée autrichienne, qui avait pris position sous Alexandrie, derrière la Bormida . ]^ issa cette rivière, et la bataille de Marengo se livra le 1 4 juin.

L*armée française , par suite de la convention d'Alexandrie du i5 juin, prend possession des villes et forts de Gênes, Tortone, Alexandrie, Milan, Turin, Pizaighettone, Arona, Plaisance, Coni, Geva, Savone et Urbain.

DCCCXLIIL

BATAILLE D'HOCHSTETT. — 19 JUIN lÔOO.

HiPr. LWOMTI.

L'armée d'Allemagne , après avoir passé le Rhin et Ihrré les batailles d'Engen, de Moeskirch , de Biberach, le combat de Stockacb et celui de Memmingeii, forcé 1* armée autrichîemie à se retirer sur la rive gauche du Danube et d.ms le camp retranché d'Ulm, s'était avancée jusqu'au delà de l'Iller. Cet licureux début de la campagne promettait de plus déciai£i avantages. Mais le générai Moreau , ayant détaché de son année douze mille hommes de troupes d*é1îte, demandés par le premier consul pour renforcer l'année de réserve en lUilie, so vit alors contraiut d'arrêter sa marche , et de se borner à conserver les positions qu'il occupait dans l'Allemagne. Cependant « Tannée française subsistait difficflement; elle Rvait épuisr les ressources du pays compris entre le Danube et le Tyroi ; celles de la haute Souabe avaient été détruites ou dévorées dès l'ouverture de la campagne : la Suisse n en pouvait fournir que de très^faibles et trop éloignées, tandis que Farmée autrichienne était au contraire abondamment pourvue. Ses map;asins h Vlm étaient alimentés parle duché de Wurtemberg, le haut Palatinat. la Bavière et même par la Bohême, dont les convois ne pouvaient être inquiétés. Le général Moreau , jugeant bien que, dans ce système de temporisation près-

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crit au baron de Kray, la balance allait pencber en faveur de celui qui pourrait subsister le plus longtemps sur son terrain, hâta f exécution du plan qu'il avait conçu.

« Passer le Danube au-dessus de Donawert , couper la ligne d'opérations de Tannée autrichienne, la forcer, en f isolant de ses magasins et de sa base, à abandonner

laplarr d'I'lin , à roiiibattre sur un tei raiii où les rhances seraient t guies^ à faire une retraite excentrique en livrant - la Bavière au vaincpieur , tel était ce projet si hardi, que , sans les motifs pressants que nous venons d*exposer, on pourrait le taxer de témérité ' . »

Moreau commença par se rendre maître du cours du Lech : cette rivière, grossie par la fonte des neiges, nétant plus gttéable, â en détruisit tous les ponts, et, pendant qu*il dir^eait la plus grande partie de ses troupes du coté de Donawert, il Taisait agir sa franche sur fil- 1er, où , en attaquant les postes avancés de l'aimée autrichienne, il attirait f attention du générai Kray et l'isolait dans son camp retranché d*Ulm. Le 16 juin Tarmée française avait pris position, en avant de Laz, en face de la rive droite du Danube , et cependant fai^mée autrichienne occupait Gûntzbou]^ et Wertingen, et Kray restait toujours immobile dans Ulm.

Le général Moreau fit alors attaquer les postes autrichiens qui défendaient la rive droite du Danube, et, pendant qu'il ordonnait des démonstratio/is d'un côté

* Précis des événcmenls miliUdres . par le général Matbieu Dmtias , L IV, p. 39.

à Gùnuboui'g, et de lautrc entre Laueiigcn et Dillingen, il se portait» avec une partie de ses forces et sa réserve, derrière les bois vis<à-vis Biindheim et Grembeim.

Enfin le 19, à la poiiito du joui', raiiuii fiaiiraise a^aat attaqué sur différents points et commencé le passage du Danube à Biindheim, «falanfie fut donnée sur toute la ligne , et les commandants autrichÎMis ne purent plus avoir de doute sur le véritable point d*aHaque : ceux des places les plus voisines, Dillingen et Donawert, accoururent avec tout ce quiis purent rassembler de forces.

' «Le généra] Kray, promptement averti à Ulm, avait détaché la pins faraude partie de sa cavalerie sons les ordies du général klinglin , et toute son aitiiierie U gère, pour soutenir l'infanterie qui, plus rapprocbée du lieu de l'action , s'était déjà mise en mouvement vers les cinq heures du soir, n Lorsque ces troupes arrivèrent, une partie de rarm('C française avnil passe lo Daiiid)c à Lauengen; l'action devint bientôt générale; on se battait avec acharnement. Le général Moreau pressait le passage de ses troupes sur la rive gauche : il voulait prévenir l'arrivée des colonnes d*inianterie que le général Kray pouvait tirer de son camp d'I^lni, et qui pouvaient arriver pendant la nuit ; il se porta de sa personne avec la réserve de cavalerie k son aile droite, qui formait alors son avant-garde. Il restait à peine deux heures de Jour lorsque, cette réserve étant réunie à la cavalerie du général Lecourbc , le général en cbef la forma IV. i3

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par échelons , fit soutenir ses flancs par Tartilleiie , et

ordonna d'altaqiier.

a La cavalerie française s'avança en bon ordre : elle aborda £ranchement ceUe des Autrichiens, qui ressem ses lignes pour la recevoir; le combat s*engagea sur tous les points : il fut sanglant, opiniâtre et se prolongea bien avant dans la nuit. La cavalerie auti iciiienne soutint dans cette grande mêlée sa réputation de valeur et de solidité; la cavalerie française y fonda la sienne , et, quoique inférieure en nombre, prit, par la précision de ses mouvements, par sa force d'impulsion, par la prestesse de ses railieinents et la vivacité de ses attaques, une supériorité décidée. Les généraux Moreau et Lecourbe, au plus fort de faction, chargent eux-mêmes plusieurs fois, et ne s'arrêtèrent qu après avoir forcé les Autrichiens k repasser la Bi t ntz : ceux-ci ne pouvaient se soutenir \)lu^ longtemps dans cette position avancée , le corps d'iofantei ie qui servait d'appui, de pivot à leur aile droite, ayant été repoussé, et Gundelfengen enlevé de vive force.

« Ainsi finit cette longue bataille ou plutôt cette suite de grands combats dans un espace de sept h huit lieues, sur la rive gauche du Danube , dans les plaines d'Hochstett. C'est une circonstance digne de remarque, qu'à la même époque , seulement À trois jours de diâérence , du i6 au 19 juin, Moreau, qui aurait pu rccevoii à Ilochstett la nouvelle de la bataille de Marengo, remportait sur le Danube , et par la même manœuvre, un avantage pareil k celui que Bonaparte remportait sur le Pô.

« Les trophées des combats d'Hochstett sur le champ

de bataille ne furent pas moindres pour les Français que ceux de'Marengo, puiftq[ae cinq mille prisonniers, vingt pièces de canon , plusieurs drapeaux et étendards restèrent autre leurs niains K »

DCCCXLIV.

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