‹ Galeries historiques du Palais de Versailles (volume 2)Chapitre 67 sur 141 · BATAILLE DE HOHENLINDEN. ~ 3 DÉCEMBRE · texte numérisé non relu

BATAILLE DE HOHENLINDEN. ~ 3 DÉCEMBRE

Sc«om. — 1837.

La bataiile dHochstett , comme cdle de Marengo , ne tarda pas à être suivie d*un armistice. Les hostilités

furent successivement suspendues en Italie et en Allemagne. On ouvrit des négociations, on parla de paix; mais ces négociations n'ayant point eu le résultat qu'on en attendait, on se prépara de part et d*autre à recommencer la guerre.

Lu France avait prolitc de 1 ai nnslic c poui pui ter au complet toutes ses armées : celle d'Allemagne avait reçu de nombreux renforts : elle occupait sur la rive g^udie de rinn tout 1(^ puys compris entre les gorges du Tyrol , depuis le Vorarlberg jiiscjii'au delà de la forêt d Ebersberg, en avant de Munich.

L'armée impériale avait été aussi considérablement augmentée : elle ne comptait pas moins de cent vingt mille hommes, et s'étendait sur la rive droite de la rivière, également jusqu'au Tyrol.

^ Pria* da Mjwnwnfi tmHieùret» par le géoénl Mathien Dumas, t. IV, p. S3-S6.

li archiduc Jean la commandait, ci, fort de sa supériorité, ii avait résolu de prendre ioffensîve.

«Lors de la dénonciation de f armistice, les deux armées se trouvant dans ces positions, scj)ar(^cs par le cours (le l'Inn, cl les Aiilric liiciis (' tant maîtres des passages à cause de la lorte domination de la rive droite , depuis Wasserbourg jusqu*à Passau, il était difficile de pénétrer leurs desseins et de juger s*âs prendraient Tof- Icnsive en avant de cette rivière, ou s'ils se borneraient à en déicndie le passage.

«L'Inn, sortant du Tyroi après s être ouvert un passage par la gorge de Kuf&tein, coule avec la rapidité des torrents k travers les débris de la barrière qu'il a forcée, dans iu tlircf tion du sud au nord, jusquà Wasserbourg; il fléchit et dévie ensuite h l'est , au-dessous de Graybourg. L'intervalle entre le lit profond et resserré de cette grande rivière et celui de Tlser, à la hauteur de Munich , est de douze quinze lieues. Vers le milieu de cet intervalle, et précisément au partage des eaux, se trouvent la forât ou plutôt les bois de Hohenlinden, qui , jetés , pour ainsi dire , par masses presq[ue contiguës , forment parallèlement au cours des deux rivières une ligne, une estacade naturelle de six li sept lieues d étendue et d'une profondeur moyenne d'une lieue et demie. Les deux chaussées de Munich à Wasserbourg et de Munich à Mûhldorf traversent cette forêt de sapins, «■paisse o\ serrée dans plusieurs parties, et principalement entre le hameau de ilohenlinden, où se trouve la poste , et le village de Mattenpot, qui est dans une édaircie, à

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rentrée du défilé , en venant de Mûhldorf. Le village

(rEl)crsberg, sur in f liaussée de Wasserboui g , h deux lieues sur la droite de iiolieniinden , est sur la lisière de la forêt et à la tête du second défdé. On ne trouve entre ces deux routes que des chemins vicinaux , des communications pour les coupes de bois, et qui sont presque impraticables vn biver.

«A la gauche de Hohciiliiiden la furèt continue, bordant la route qui va à Mosbourg et Landsbut par Hartof et Ërding.

«Depuis M ùhldorf jusqu'à llobenlinden, qui est le point central entre l'Inn et Tlser, le pays est monlucux, tourmenté, coupé par des ruisseaux, parsemé de bouquets de bois; et ce n*est qu'après avoir traversé la forêt et dépassé Hohenlinden qu*on entre dans la belle plaine qui s'étend jusqu'aux bords de 1 Iser. »

Le général Moreau dans la position de Hoheniindeu attendait le résultat des premières opérations de l'armée impériale. H 5*était retiré avec une partie de ses troupes, l'aile gauche de son armée, entre Hohenlinden et Hartof. Une division, celle du général Uichopaiice, occupait Ebersberg en dehors de la iorèt sur la droite de Hohenlinden; une autre, celle du général Decaen, se trouvait en arrière.

L'armée autrichienne était en marche. « Le mouvement des principales forces de l'ennemi, décidément dirigé sur Munich par la grande chaussée de Mûhldorf , et ceux des corps détachés de son aile droite, indiquant rèflbrt qu'il méditait de faire contre la gauche de far-

m GAL£R1ES HISTORIQUES

mée française, le général Moreau envoya au général

Rirhopance, h Ebprsberg, l'ordre de se mettre en mouvement h la puiiite du jour, et de marcher par Saint- Christophe sur Mattenpot, pour tomber sur les derrières de rarmée autrichienne, lorsqu'elle serait engagée dans le défilé. Le général Decaen reçut à Zomottingen ceiui de suivre le gtiural Hichepanee.

(( Le â décembre, iarmée impériale sur trois colonnes^ suivait son mouvement sur Munich; elle marchait à travers la forêt d'Ebersberg, traversant Mattenpot, et arriva à Hohcniinden , où eUc rencontra les troupes françaises.

«Le général Moreau , qui lui barrait le passage avec le corps du général Grenier, y soutint tous les* efforts de Tarmée impériale. »

iidaiil ce temps on se battait à Mattenpot. Le générai Ricbepance, parti d'Ebersberg, avait porté sa division à Saint-Christophe , suivant l'ordre qu'il en avait reçu. «11 marchait à la tête de sa colonne, à travers les bois, par des ehemins afi&eux, dont les guides ne pouvaient int'iue recoiuiaître la direction , parce que la neige, qui tombait couime par nuées, etfaçait toutes les traces et ne permettait pas de démêler les objets à dix pas devant soi. La moitié de la division (la huitième et la quarante-huitième de ligne, et ie premier régiment de chasseurs) avait dépassé Saint-Cbristuphe , > lorscpie Ricbepance rencontra un corps considérable de 1 armée autrichienne , qui , en lattaquant par le flanc , l'avait séparé de la moitié de ses troupes : ne s*arrêtant pas à çom-

battre, et snmnt Tordre qu'il avait reçu» après avoir recommandé au général Drouet de tenir jusqu'à Tarrivée du général Decaen , qui venait sur les derrières et pouvait le d(^gagcr, il suivit sa route h tiavers les bois, marchant toujours dans la direction qui lui était ordonnée.

Le général Richepanee arrivant è Mattenpot y rencontra rarrière^aide de raiméc impiriale, qui défendait rentrée de la forêt; il n'avait plus que cinq mille hommes sotis ses ordres, le régiment de chasseurs par qoi il avait fait commencer f attaque ayant été ramené. «Le général Richepanee se détermine alors & se jeter en masse dans le d^^filé poui* porter le désordre sur les derrières de l'ennemi.

«Cette manœuvre fut exécutée avec la rapidité de la foudre. Le général Wahher, prenant le commandement de la droite, en se diiigcant vers lu forrt, couliiit la cavalerie, lui faisant tête et combattant en arrière-garde, pendant que Richepanee, à la tète de la quarante-huitième, pénétra dans la forêt de Hoheidinden.

«Plusieurs décharges h mitraille et la mousqueterie

(1( > tii ailleurs , répandus dans le bois dos deux côtés de la route, ne lirent qu accélérer ic mouvement des Français. Trois bataillons de grenadiers hongrois réunis en colonne serrée, barrant la chaussée, s'avancèrent au pas de charge, n Dans ce moment décisif, Richepanee, à ]a tête des grenadiers de la quarante-huitième, chargea à la baïonnette. «Le choc fut terrible : les Hongrois furent culbutés; Timpulsion une fois donnée, la colonne firan-

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