DORIA (ANDRÉ
PHiaci OB lIBLri ,
AMIRAL GENOIS.
(W IMS.)
André Doria , pour se soustraire aux orages qui troublaient sa patrie, rechercha d*abord le service étranger, puis se voua au métier de la mer, et à la tête d*une flotte dont les hommes et les navires étaient à lui, fit la guerre aux pirates barbaresques qui infestaient ia Méditerranée. Ce fut ainsi quil gagna, en iSig, la bataille navale de Pianosa sur les galères du roi de Tunis. Bientôt après , lltalie étant devenue le théâtre de la guerre allumée entre François I* et Charles-Quint, Doria se mit avec ses vaisseaux au service de la France , et il battit sur les côtes de Provence la flotte impériale ( 1 5 1 4). « Il semblait, dit Montluc dans ses mémoires, que la mer redoutât cet homme ; » et en effet, tout le temps qu'il combattit pour Françob I*, la supériorité navale de ce prince sur l'empereur demeura incontestée. Mais lorsqu'en i5a8 il alla avec ses galères seconder les opérations du maréchal de Lautrec contre Naples, l'importance de ses services commença à être méconnue : un amiral des mers du Levant fut nommé à son préjudice , la solde de ses équipages fut retenue , et ce qui irrita davantage encore la fierté patriotique de Doria, les privilèges de Gênes furent violés par François ^^ entre les mains de qui elle
s était remise. Doria, dont rengagement avec la France venait d'expirer, n*hésita point à se donner à iempereur. Charies-Quint voulait le faire prince de Gênes, mais le grand citoyen qui, dans ses engagements avec lui, avait stipulé avant tout l'indépendance de sa patrie , n ambitionna d'autre honneur que celui d'aller l'afl^^anchir luimême de la domination firançaise. Le i a septembre 1 5 1 8, André Doria entra victorieux dans Gênes, y rétablit l'ancienne liberté , et fut salué du titre glorieux de restaurateur et de père de la patrie. Ce fut surtout contre les flottes ottomanes, dans les mers du Levant, et contre les rois pffates d'Alger et de Tunis, que Doria servit l'empereur. Il continua à tenir la mer jusque dans la vieillesse la plus-avancée, et il avait quatre-vingt-cinq ans, lorsqu'il alla;<léfendre avec sa flotte l'île de Corse attaquée par les Français. L'autorité dont il jouissait dans sa patrie, quoique si légitimement acquise, lui fut plusieurs fois disputée, et ce fut contre lui et son neveu Gianettino Doria que fut dirigée la conspiration de Jean -Louis de Fiesque. André Doria mourut le a 5 novembre i56o, à l'âge de quatre-vingt-quatorze ans.
FROELICH (GUILLAUME),
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(N* 1923. ) LuGABDOR , d'après un portrait gravé.
Né à Zurich, en i Aga. — Mort le 4 décembre 1 562.
Guillamne Frœlich offre aux regards de l'histoire le
ao.
spectacle assez étrange d un soldat de fortune au milieu de la noblesse guerrière qui entourait François I*'. U était né à Zurich de parents pauvres, et il apprit dans son enfance le métier de charpentier. Il avait vingt-huit ans lorsqu'il s'engagea dans un régiment suisse au service de la France, et dès sa première campagne sa bravoure fut remarquée et récompensée. Guillaume Frœ^ lich s'éleva de grade en grade jusqu'aux fonctions de colonel général des Suisses, qu'il remplissait à la bataille de Gérisoles, en i5&&. U s'y distingua de telle sorte qu'il fut créé chevalier, et que le roi le fit lieutenant dans la compagnie des cent-suisses de sa garde. Il continua de servir avec honneur sous le règne de Henri U, et fit les mémorables campagnes de Piémont, de 1 553 à 1 555, sous le maréchal de Brissac. Guillaume Frœlich, lorsqu'il vit sa patrie livrée à l'hérésie de Zwin^e , renonça au titre de boui^eois de Zurich pour rester fidèle à la religion de ses pères. Il mourut à Paris, en r56a, à l'âge de soixante et dix ans.