CORTEZ (FERNAND
COIQOillAMT DU MBXIQUB .
(N* 1960.) MAaQoiT, d*après un Ubleau de U
collection da château de Beaaregtrd.
Nëà Medelin, en 1 485. — Moitié a décembre i55/i.
Fernand Cortez, d'une famille noble de TËstramadure, partit à dix-neuf ans pour chercher la fortune et la gloire dans les îles lointaines récemment données par Christophe Colpmb à la monarchie espagnole (i5o4). U passa quatorze ans à Saint-Domingue et à Cuba dans des emplois subalternes, mais non sans faire éclater en plus d une rencontre les qualités héroïques auxquelles il dut plus tard des succès si prodigieux. Velasquez, gouverneur de Cuba, lui confia en i5i8 dix navires pour aller reconnaître et conquérir les côtes du Mexique, qui venaient detre découvertes par Grijalva. Cortez débarqua le Ix mars 1519a Tabasco , brûla audadeusement ses vaisseaux pour s*irterdire le retour, et , vainqueur dans trois combats de la belliqueuse république de Tlascala, s*en fit une alliée contre Tempereur du Mexique, dont elle repoussait la domination. Ce fiit alors quil s achemina vers Mexico , où Montezuma et ses sujets le reçurent d*abord avec Teffi^oi respectueux qui les faisait trembler devant leurs divinités. Un échec éprouvé par la garnison espagnole de la Vera-Cruz révéla aux
Mexicains que ces redoutables étrangers n'étaient point des dieux. Côrtez a reconnu le péril , et il en triomphe à force d*audace. Montezuma, qu'il a fait prisonnier au milieu de sa capitale, lui livre les auteurs de la révolte, et ils sont brûlés vifs à la porte du palab. Vainement le jaloux Velasquez envoie-t-il des troupes pour enlever à Gortez ce qu'il a déjà acquis de puissance et de gloire : ce sont autant de recrues dont il grossit la petite armée du conquérant, et il lui fournit par là les moyens de soutenir, dans les rues de Mexico , l'effiroyable combat où la domination naissante des Espagnols faillit s'ensevelir. Cortez, sorti des murs de la ville, rencontra dans la plaine d'Otumba une armée innombrable réunie pour l'écraser dans sa retraite. Ses chevaux , sa petite artillerie et l'intrépidité éprouvée de ses compagnons d'armes lui donnèrent sur les Indiens ime victoire dédsive (7 juillet 1 520), et, rassemblant autour de lui ses fidèles alliés de Hascala, il reprit avec eux l'œuvre interrompue de ses conquêtes. Ce fut le i3 août i5ai que Mexico, après vm long siège , tomba à la merci du vainqueur, et dès lors tous les e£Forts des Indiens pour secouer le joug établi siu* leurs têtes furent impuissants. Cortez, nommé par Charles-Quint gouverneur et capitaine général . du Mexique , déploya des talents politiques égaux à ses talents guerriers, pom* y fonder sur des bases solides l'autorité du roi son maître; heureux si l'excès de ses cruautés n'avait pas terni sa gloire. Cependant la cour de Madrid s'e£Graya de son ambition, et conunença à surveiller d'un œil jaloux l'exercice de son pouvoir. Cortez repassa la
mer pour aller s offrir lui-même à Tempereur en témoignage de sa loyauté , et il fot renvoyé au Mexique, mais avec une autorité moins étendue. Ce fut alors que son génie aventureux le conduisit dans la presqu'île de Californie (i536), nouvelle conquête qu'il donna à l'Espagne. Mais plus il accumulait ses glorieux services, plus Tenvieuse surveillance des ministres de Charles-Quint lentravait et le rebutait. Il crut encore une fois faire taire ses ennemis en allant les confondre à Madrid par sa présence ; mais l'empereur lui devait trop pour n'être pas ingrat envers lui , et il ne lui montra plus que des dédains. En vain le conquérant du vaste empire du Mexique alia-t-il servir comme simple volontaire dans l'armée qui échoua sous les murs d'Alger (i 5& i) : ce dévouement chevaleresque ne trouva pas grâce devant Charles-Quint, et Femand Cortez, comme avant lui Christophe Coloinb, acheva ses jours dans le délaissement et dans l'oubli. Il mourut près de Séville , dans la soixante-neuvième année de son âge.