ÉTATS GÉNÉRAUX DE TOURS. — 14 MAI
(louis XII.) Bbzabd ( d*aprè8 an plafond du Louvre pemt par Drgllihg ) . — 1 836 .
Louis Xn avait convoqué les états généraux à Tours, pour le 1 mai 1 5o6. Le i & du même mois, dit M. de Sismpndi , « il reçut les députés dans la grande saJle du château de Plessis-lez-Tours. Il avait à sa droite les cardinaux d*Âmboise et de Narbonne, le chancelier et beaucoup de prélats; à sa gauche, François, comte
' Histoire du bon chevalier sans paour ^t sans reproche, ch. xxiv.
d*Angoulême, à qui il avait^ donné le titre de duc de Valois, les princes du sang, les plus grands seigneurs du royaume, le président du pariement de Paris et quelques-uns de ses conseillers. Thomas Bricot, chanoine de Notre-Dame et premier député de Paris, porta la parole : il remercia le roi d'avoir réprimé la licence des gens de guerre, en sorte qu'il n'y en avait plus de si hardi que de rien prendre sans payer; d'avoir dibàndonné à son peuple le quart des tailles; d'avoir enfin réformé la justice dans son royaume et appointé partout de bons juges, tant à la cour du parlement de Paris que dans les tribunaux inférieurs. «Pour toutes ces a causes , dit-il , iï devait être appelé le roi Louis XIP, «père du peuple.» Ce surnom, qui répondait. aux sentiments de toute l'assemblée, fut reçu avec acclamation; le roi lui-même fut si touché qu'on le vit répandre des larmes.))
Bricot, interprète du vœu national, s'agenouilla ensuite devant le roi, avec tous les députés, pour le supplier de donner en mariage sa fdle, Claude de France, au duc de Valois, qui régna après lui sous le nom de François P. »
cxxxvm.
ENTRÉE DE LOUIS Xïl A GÊNES. — 29 AVRIL 1507.
Art Scbeffer. ^ iSSg.
Gênes, incapable de garder son orageuse liberté , s'était mise sous la protection des ducs de Milan; et, comme
tout rhéritage des Sforza , ^e était passée depuis huit ans aux mains de Louis XII. Mais , sous la loi même d'un maître étranger, les vieflies haines du peuple et de la noblesse / qui jadis avaient mis en feu la république, fermentaient encore , et les lieutenants .du roi de France, fidèles à leur titre de gentilshommes, n étaient pas juges impartiaux de la querelle. Il en arriva que le peuple , animé d'une égale fiureur contre les nobles et les Français , les chassa en même temps de Gênes , choisit un doge dans ses rangs , et s'efforça de placer son indépendance reconquise sous la sauvegarde du pape Jules II et de Tempereur Maximilien. Mais Tun et l'autre ne prêtèrent aux Génois que le secours d'une impuissante médiation , et Louis XII avançait avec une armée. Paul de ^ovi , digne du titre de doge par ses talents et par son courage, mit tout en œuvre pour défendre sa patrie ; mais le cœur faillit aux Génois , et ils n'osèrent point affronter jusqu'au bout la colère du roi de France. La ville fut rendue à discrétion. Le 29 avril 1 607 Louis XII fit son entrée dans Gênes, à cheval , armé de toutes pièces et l'épée nue à la main. Les magistrats , qui étaient sortis à sa rencontre , se jetèrent à ses genoux,, le conjurant de pardonner à leur ville une rébellion qui n'était point dirigée contre lui. A leurs prières se joignirent celles d'une foule immense de fenimes et d'enfants qui tendaient au roi , en suppliants , des branches d'olivier. Louis XII voulait effrayer Gênes et non la ruiner; il écouta donc les nobles inspirations de la pitié, et pardonna à la ville rebelle. Toutefois les chefs de la révolte furent exceptés
de ce pardon , le peuple perdit les anciens privilèges de sa constitution républicaine, et une forteresse inexpu^iable, qui prit Iç nom de bride de Gênes, s éleva en haut de la Lanterne y pour comprimer à Tavénir la turbulence de Tesprit démocratique.