BATAILLE D'AGNADEL. — 14 MAI
JOLLIVBT. — 1837.
Louis XII, irrité contre Venise, son ancienne alliée, s était uni à ïempereur Maximflien, au roi d'Angleterre et au roi d'Espagne, poiu* humilier cette orgueflleuse république. Le pape Jules II , quoique jaloux avant tout de chasser dltalie les barbares, avait accédé à cette alliance pour faire plier sous son ascendant la puissance vénitienne, et la tourner ensuite avec le reste des forces de ritalie contre ies Français et les Allemands. La ligue de Cambrai avait été conclue (1 Sog), et une bulle d'excommimication lancée contre le doge et la république était venue en aide aux armes françaises.
Louis Xn, en efiet, était entré le premier en campagne : il avait passé TAdda à Gassano sans rencontrer d'obstacle, et menaçait de séparer les Vénitiens de leur» magasins de Crème et de Crémone. L'Alviane et Piti- ^iano se mettent alors en mouvement pour chercher auprès de Crème une plus sûre position. Mais , dans leur marche simultanée, les deux armées se rencontrent for-
tuitement, et ie combat s'engage. L'Alviane veut rappeler à lui son coiiègue , qui la devancé , mais celui-ci se refuse à courir les risques d'une bataille que le sénat a. ordonné d'éviter, et le laisse seul contre toute l'armée française. Ce fiit la vaillante infanterie des BrisigheUa, naguère formée en Romagne; et que distinguaient ses casaques à moitié rouges et blanches , qui soutint seule tout l'efFort de la bataille. Ces braves gens, encouragés par l'intrépidité de leur chef, se firent tuer presque jusqu'au dernier : on en compta six mille couchés par terre. Vingt canons tombèrent aux mains des Français, et l'Alviane , blessé au visage , fut amené prisonnier devant Louis Xn. La bataiUe d'Agnadel porta un coup terrible à la puissance de Venise, mais sans assurer au roi de France les conquêtes qu'il était venu chercher : d'autres mains que les siennes devaient recudUir les fruits de sa victoire.