PRISE DE BOLOGNE. — 21 MAI
LARIVlÈBEetNAIGEON. — iSSy.
A peine Jules II eut-il obtenu de Venise ce qu'il réclamait d'elle, qu'il s'empressa de la réconcflier avec l'Eglise et de s'allier avec elle contre les Français. Ferdinand le Catholique, Henri VIQ et l'empereur Maximilien entrèrent dans cette nouvelle alliance; et Louis XII, naguère le chef de la ligue de Cambrai, la vit alors, sous le nom de sainte ligue, tournée contre lui tout entière.
L*âme de cette guerre, c'était le pape avec ses passions ardentes et irréconciliables. Il était venu s établir à Bologne, reconquise sur la famille de Bentivoglio, et dé là il poussait impétueusement toutes les forces de l'Italie contre le duc de Ferrare, allié de la France. C'est alors qu'on le vit entrer par la brèche dans les murs de la Mirandt)le, qu'au cœur de l'hiver il avait emportée d'assaut. Mais, après quelques pieuses hésitations de conscience, Louis XII s'était décidé à traiter en ennemi le chef de l'Eglise ; et le maréchal de Tiivulce, libre d'agir, s'avança, par une manœuvre hardie, sur Bologne. Jules n, à son approche, fuit en toute hâte vers Ravenne, pour y trouver un plus sûr asile, et laisse son neveu, le duc d'Urbin, en face des Français. Le courage manqua à ce capitaine et à ses soldats, comme il avait manqué au pontife. Hs furent en un instant dispersés par l'armée française, et* tel fut l'entraînement de la déroute, qu'il ne resta aux mains du vainqueur que l'artillerie et les bagages. Cette victoire, dont le principal trophée lurent des bêtes de somme, reçut des Français le nom dérisoire de journée des âniers. Elle rendit Bologne aux Bentivoglio. La haine populaire s'exerça contre la statue en bronze de Jules II, œuvre colossale de Michel-Ange. On la jeta à bas, et elle servit à fondre deux canons, qui, au bout de six jours , étaient tournés par le peuple contre la citadelle.