PRISE DE BRESCU PAR.GASTON DE FOIX. — 19 FÉVRIER
Larivière. — 1837.
La prise de Bologne fut suivie de quelques succès qui ne coûtèrent guère plus aux armes françaises. Mais Raymond de Gardonne ne tarda pas à amener au pape les secoiu^ de TEspagne, et la lutte devint pour Louis XII bien autrement redoutable. G* est alors qu il envoya en Italie son jeune neveu, Gaston de Foix, le plus impétueux capitaine qui eût paru jusqu'alors au delà des monts. Gaston commença par gagner ou intimider les Suisses, que Jules II avait appelés à son aide, et il les fit rentrer dans leurs montagnes. Le 7 février, il sauve Bologne assiégée, en y entrant à la faveur de la neige et de Touragan. Le 18, il était devant Brescia, où le comte Avogaro venait de relever Tétendard de Venise; le 19, il avait forcé cette ville, et la livrait aux impi^ toyables vengeances de son armée.
Dans le terrible assaut qui emporta cette place Gaston de Foix paya de sa personne coirime le plus simple chevalier, et on le vit « oster ses souliers et se mettre, en eschapin de chausse pour escalader la muraille. » Mais ce fut à Bayard qu appartint la palme du courage pendant le combat, comme ceUe de la générosité après la victoire.
* «Les François, raconte son écuyer, qui a écrit son
histoire, cryoient : France I France! ceulx de la compaignie du bon chevalier cryoient: BayardI BayardI Les ennemis cryoient: Marco I Marco I... Mais s Us avoient grant cœur de deffendre, les François Tavoyent cent fois plus grant poiu' entrer dedans, et vont livrA ung assault merveUleux par lequel ils repoussèrent un peu les Vénitiens. Quoy voyant le bon chevalier cobunencea à dire: u Dedans! dedans, compaignonsi ils sont nostres. « Marchez;: tout est défiait. » Lui-même entra le premier, et passa le rempart, et après lui plus de mille, de sorte qu'ils gaignèrent le premier fort; et y en demoura de tous les côtés, mais peu du François. Le bon chevalier eut un coup dedans le hault de la cuysse, et entra si avant que le bout rompit, et demoura le fer et ung bout du fust dedans. Bien cuyda estre &appé à mort de la douleur qu'il sentit ; si commencea à dire au seigneur, de Molart: « Compaignon , faites marcher vos gens; la u ville estgaignée demy; je ne saurois tirer oultre, car u je suis mort. » Le sang lui couloit en habondance. Si lui fust force de mourir sans confession, ou se retirer hors de la foule avecques deux de ses archiers, lesquels lui estanchèrent au mieulx qu'ils peiu*ent sa playe avecques leiu*s chemises> qu'ils descirèrent et coupèrent pour ce faire ^ ))
* Histoire du. hon chevalier sans paoar et sans reproucke.