PRISE DE CALAIS PAR LE DUC DE GUISE. — 9 JANVIER
Picot. — iSSy.
La bataille de Saint-Quentin avait porté un coup terrible à la France : le connétable <ie Montmorency, le maréchal de Saint- André, l'amiral de Goligny étaient prisonniers aux mains des Espagnols. On appela d'Italie
* Histoire des Français, par Sismondi, t. XVIÏI, ch. xiv.
le duc de Guise, François de Lorraine, comme seid capable de soutenir la fortune chancelante du royaume. Ce grand homme comprit qu'il fallait au plus tôt, par un coup d'éclat, relever la renommée des armes françaises. Sans attendre le printemps, époque ordinaire du renouvellement des hostilités , il résolut de surprendre Calais au cœur même de Thiver.
Plusieurs plans avaient été formés déjà pour s'emparer de qptte place, et le maréchal de Strozzi avait eu la hardiesse dy pénétrer sous un déguisement pour en reconnaître les fortifications. Il avait trouvé la garnison faible et la ville entièrement délaissée par la reine Marie, dont l'attention était toute à la grande querelle de religion qu'elle soutenait en Angleterre. Mais le succès dépendait surtout du secret et de la promptitude. L'armée française, rassemblée à la frontière du nord, semblait n'être là que pour faire face à un ennemi victorieux. Une manœuvi'e hardie la transporte tout à coup sous les murs de Calais, et le duc de Guise arrive de la cour le i" janvier 1 5 58 pour en prendre le commandement. Dès le pretoier jour, deux forts qui défendaient la vflle sont emportés. Trois jours après la brèche était ouverte et la citadelle prise d'assaut. Lord Wentworth, qui commandait les Anglais , réduit à une garnison de huit ou neuf cents hommes, comprit qu'une plus longue résistance était imitile ; il demanda à capituler, et, le 9 janvier, la ville fut remise aux Français. Il y avait un peu plus de deux cent dix ans (iS/iy) qu'Edouard IH l'avait enlevée à Philippe de Valois. Guines se rendit onze jours
après, et ainsi furent efiacées les dernières traces de la domination an^aise dans le royaume.
GLXVII.
PRISE DE TfflONVILLE.— 25JUIN 1558.
M** Haudbbodrt . — iSSy.
La prise de Thionviile par le duc de Guise suivit de six: mois celle de Calais. Les {espagnols ne Vattendaient pas à être attaqués, et la garnison de la place était faible. Elle fit cependant une courageuse résistance, qui força les Français à changer leurs batteries. C'est au milieu de cette opération que fiit tué le maréchal de Strozzi, le plus illustre de ces patriotes florentins qui étaient venus dans les armées fi:ançaises poursuivre contre TEspagne la vengeance de leur patrie asservie. Le lendemain 2 2 juin Thionviile capitula. Cet avantage, quoique peu important, ajouta au renom du duc de Guise, environné déjà de la faveur publique , et élevé au faîte de la puissance par le mariage de sa nièce, Marie Stuart, avec le dauphin , fils de Henri U.