LEVÉE DU SIEGE DE MALTE. — SEPTEMBRE
Laritière. — iSSg.
Les chevaliers de Saint-Jean , chassés de Rhodes en 1022, et établis par Charles-Quint dans l'île de
Malte, n avaient pas cessé de faire une guerre opiniâtre à la puissance ottomane. Soliman, irrité des échecs dont chaque jour ils humiliaient son orgueil, résolut d'en ti- :« rer une éclatante vengeance. D crut que la fortime réserverait à sa vieillesse les mêmes Êiveurs qu'elle lui avait accordées au début de son règne, et fl entreprit une expédition contre Msdte.
Le 18 mai i565 parut à la hauteur de cette île une flotte turque de cent cinquante-neuf bâtiments de guerre, chargée de trente mille soldats. Un nombre considérable de transports la suivait, et plus tard les galères du fameux Dragut, pacha de Tripoli, ainsi que celles d'Hascen, vice-roi d'Mger, vinrent s'y joindre avec cinq mille combattants. A ce menaçant appareil le grand msdtre , Jean de la Valette , n'avait à opposer que sept cents chevaliers et huit mille soldats enrôlés sous la bannière de l'ordre. Mais le noble vieillard uiiissàit à la sainte intrépidité des martyrs tous les talents d'un homme de guen'e , et il sut inspirer à ses frères d'armes l'héroïque résolution de s'ensevelir avec lui sous les ruines de Malte plutôt que de la livrer aux infidèles.
Le siège dura cinq mois. Mustapha , général des armées de Soliman, et Piali, amiral de sa flotte, rivalisèrent d'ardeur ^t d'opiniâtreté dans les attaques qu'ils livrèrent à l'île sur tous les points. Dragut, le successeur et l'émule des deux Barberousse , y laissa la vie. Le premier efibrt des Turcs s'était porté sur le fort Saint- Elme, et ils s'en emparèrent après avoir égorgé jusqu'au dernier des chevaliers qui le défendaient. Hs restèrent
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ainsi maîtres du port appelé Marza Masciet. Mais ce fiit là le terme de leurs succès : leurs formidables assauts contre le Borgo, le fort Saint-Michel et la cité notable, furent tous repousses. Un jour cependant la situation des chevaliers parut désespérée : au milieu des débris filmants du fior^o et des cadavres amoncelés de leurs compagnons d'armes , tous les grands-croix de Tordre supplièrent la Valette d'abandonner des ruines impossibles à défendre, et de se retirer au château Saint-Ânge. «Non, mes frères, non, leur répondit le héros : c'est ici qu'il faut que nous mourions ensemble , ou que nous en chassions les ennemis ^ » Et par un nouveau prodige de vaillance les Turcs frurent diassés du poste qui semblait livrer la place à leiurs coups.
Toute l'audace et l'habileté des deux lieutenants de Soliman, tout l'art de. leurs ingénieurs étaient épuisés : seize mille honunes étaient le reste unique de la puissante armée qu'As avaient amenée des ports de Turquie, et la crainte seule du courroux de leur maître les empêchait de renoncer à une entreprise désespérée , lorsque le viceroi de Sicile, don Garde de Tolède, jusqu'alors vainement appelé par les vœux impatients du grand maître , débarqua enfin des troupes qui firent lever le siège. Mais la gloire d'avoir sauvé Malte ne resta pas à Philippe n, dont la lâche prudence avait Êdt attendre pendant cinq mois ses secours. Ce fiit à la Valette que s'adressèrent les cris d'enthousiasme et de reconnaissance de toute la chrétienté.
* Histoire de Malte, par Vertot.
• CLXIX.
INSTITUTION DB LOia)RE BU . SAINT-ESPRIT. — ; r JANVIER 1579.
Jban-Baptistb Vahloô.
tt Le jeudy premier jour de ïaa 1 679 kroy (Henri HI) établit et soiemnisa, en TégUse des Augustins de Paris, son nouveUe ordre des chevadiers du Saint-Esprit en ^ande magnificence, et les deux jours suivans traita à dîner audit lieu des nouveaux chevsdiers, et Taprèsdîner tint conseil avec eux. Ils étoient vêtus de barrettes de velours noir, chausses et pourpoint de toille d'argent, souliers et foureaux d'épée de velours blanc, le grand manteau de velours noir bordé à Tentour de fleurs de lys d!or et langues de feu entremêlées dé mêmes broderies et de chiffres du roy de fil d'argent et XovX doublé d^ satjbi orangé; et un autre mantelet de, drap d'or en lieu de chaperon par-dessus le grand manteau^ lequel mantelet étoit enrichi comme le grand manteau de fleurs de lys, langues de feu et chiffres; leur grand collier entrelacé des chiffres du roy, fleurs de lys et langues de feu, auquel pendoit une croix d'or industriçu^en^enlt élabourée et émaillée , au milieu de laquelle étoit une colombe d'argent. Ils s'appellent chevdiers-oomman-. deurs du Saint-Esprit , et portent journellement sixr leurs cappes et manteaux une grande croix de velours orangé, bordé d'un passement d'argent, ayant quatre fleurs de
lys d'argent aux quatre coins du croisen, et le petit ordre pendu à leur col avec un ruban bleu.
«On disoit que le roy avoit institué cet ordre pour joindre à soy d'un nouvel et plus étroit lien ceux qu'il y vouloit nommer, à cause de l'effréné nombre de chevaliers de l'ordre de Saint-Midbel, qui étoit tellement avili qu'on n'en fesoit non plus de compte que de simples aubereaux ou gentiilâtres, et appeloit-on dès piéça le collier de cet ordre le collier à toutes bêtes'. »