ÉTATS GÉNÉRAUX DE BLOIS. — 16 OCTOBRE
( HENRI m.) ^
ÂLAUX. — iSSy.
Après la journée des barricades, Henri 10, dans sa détresse, consentit à associer les états généraux à la tâche difficile de guérir les plaies du royaume. Il les convoqua donc à Blois pour le i5 septembre i588; mais, quelle que fut alors l'ardeur ties passions politiques, les députés mirent fort peu de hâte à répondre à la sommation royale , et ce ne fut qu'un mois après , le 1 6 octobre , que Henri III put ouvrir solennellement l'assemblée.
^ Discours sur la vie et la mort du président de Hariay, par Jacques Lavallée, i6i6.
« Sur ies deux heures de relevée, dit M. Vitet dans son introdtictîonmi drame des États de Blois, la séance fut ouverte. La salle où elle se tenait est immense : six grosses colonnes à chapiteaux romans surmontés d'arcs en ogive la séparent par le milieux Toutes les murailles avaient été recouvertes de tapisseries à personnages, rehaussées de riches galons, et les pfliers étaient entourés de tapis de velours violet, semés de fleurs de lis d'or. Entre les troisième et quatrième pfliers on avait dressé une sorte d'^estrade élevée de trois marches et couronnée par un grand dais : c était siu* cette estrade qu'était placé le fauteuil du roi; à droite celui de la reine mère ; à gauche cehii de la reine lignante. Tous les gentilshommes deésc maison du roi, au nombre de deux à trois cents , devaient se tenir debout sur Testrade derrière le fauteuil du roi.
«Au bas de Vestrade, et toujoiu^s sous le grand dais, on voyait un siège à bras sans dossier, couvert de velours violet, qui était destiné à M. de Guise, en sa qualité de grand maître de France. Enfin tout autour de la salle on avait réservé un passage défendu par de fortes barrières hautes de trois â quatre pieds, et derrière ces barrières on avait permis à quelques bourgeois et personnes notables de la ville de prendre place. Le l^at, les ambassadeurs ) les seigneurs et dames de la cour étaient dans les galeries supérieures cachées par des jalousies.
« Un huissier, placé à une fenêtre qui avait vue dans la coiu* du château, appelait à haute voix les députés.
suivant Tordre qui avait été arrêté. Ceux qui étaient présents répondaient, et aussitôt ils étaient reçus par quatre hérauts et conduits à MM. de Rhodes et de Marie , maîtres des cérémonies, qui lem* désignaient la place qu'ils devaient prendre. Les archevêques et évêques étaient vêtus de leurs rochets et sm^lis; les gentilshommes avaient la toque de velours et la cape; et quant aux députés du tiers, ceux de la justice portaient la robe longue et le bonnet carré, et ceux de robe courte le petit bonnet et la robe de marchand.
tt Tous les députés étant entrés dans la salle et assis', selon leur rang et dignité, M. de Guise, habillé d'un pourpoint de satin blanc, la cape retroussée, et perçant de ses yeux, dit im écrit du temps, toute l'épaisseur de Tassemhlàe, pour connaître et distinguer ses serviteurs, et d'un seul élancement de sa vue les fortifier dans leurs espérances, et leur dire, sans parler. Je vous vois; M, de Guise se leva de son siège de grand maître, et, ayant fait une révérence à toute l'assemblée , suivi des capitaines des gardes et des gentilshommes tenant à la main leur hache à bec de corbin, alla chercher le roi.
. ((Aussitôt sa majesté en grand costume, et portant son grand ordre au col, parut sur Tescalier qui descend de ses appartements : toute l'assemblée se leva , et chacun demeura la tête nue.
« Le roi, s étant assis, prit la parole, et prononça une très-longue et très-grave harangue... »