‹ Galeries historiques du Palais de Versailles (volume 5)Chapitre 126 sur 155 · MARIAGE DE LOUIS XIII ET DANNE D AUTRICHE.— 25 NOVEMBRE · texte numérisé non relu

MARIAGE DE LOUIS XIII ET DANNE D AUTRICHE.— 25 NOVEMBRE

Alaux et Lafate. — i835.

Marie de Médicis avait toujours désiré pour son fils raUiaiice de TEspagne. Ce projet, d abord conçu et ensuite abandonné du vivant de Henri IV, fut repris après »a mort, et les efforts de la reine, pendant les années de sa régence, parvinrent à en amener l'accomplissement, n fut convenu que Louis XIU et Tinfant d'Espagne , depuis Philippe IV, épouseraient les filles aînées des deux maisons d'Espagne et de France, et que le même jour, i8 octobre i6i6, aurait lieu la célébration du double mariage. En conséquence le duc d'Uceda, fils du duc de Lerme, investi de la procuration du' roi de France, épousa en son nom , dans la ville de Burgos, Tin- Ëmte d'Espagne Anne d'Autriche, pendant que le duc de Guise épousait à Bordeaux , au nom de l'infant D. Philippe, madame Elisabeth de France, sœur de Louis XIII. Le cardinal de Sourdis, archevêque de Bordeaux, et l'archevêque de Burgos célébrèrent chacun dans lem* ég^e la cérémonie des épousailles.

L'échange des deux princesses se. fit le 6 novembre

sur la rivière de la Bidassoa, entre les ducs d'Uceda et

de Guise. L'étiquette la plus rigoureuse présida à cette

céi'émonie. Le a i Anne d'Autriche fit son entrée so-

lennelle à Bordeaux, où elle fut reçue par la reine mère et le roi Louis XIQ. Quatre jours après, la bénédiction nuptiale fut donnée aux deux époux dans Téglise de Saint-André.

Le Mercure français nous a conservé jusqu'aux plus minutieux détails du cérémonial, tel qu'il eut lieu dans cette circonstance ^.

CLXXXIIL

FONDATION DE LA COLONIE DE SAINT- CHRISTOPHE ET DE LA MARTINIQUE.— 1625-1655.

GuDm. — 183^.

Vandrosques Diel d'Énambuc, bon pilote, homme de résolution et d'honneur, • courait les mers depuis son jeune âge, et s'était rendu fameux dans maints combats. Vers 1626 l'envie lui vipt de ne plus s'en tenir à la course, et de tenter quelque exploit plus hardi. Ayant choisi quarante marins intrépides, il monte un brigantin de huit canons, construit à Dieppe de ses propres deniers, et s'en va dans la mer des Gara'ibes, avec dessein de s'emparer de quelque coin de terre, et d'y établir un port, une station pour les vaisseaux firançais trafiquant dans ces parages. Après s'être vaillamment défendu contre un galion espagnol de trente-cinq canons, il aborde à l'île Saint-Christophe; ce lieu lui semble dans une situation favorable, et il en prend possession. Après huit mois de séjour dans cette contrée fertile , d'Énambuc

* Mercure français, i6i5, p. 338.

revint en France avec son navire richement chargé. H fut présenté au cardinal de Richelieu , et lui mit sous les yeux un projet d'association pour le commerce des Antilles. Le ministre , ayant goûté les plans d'Ënambuc, lui délivra une patente pour fonder sa colonie, et signa le premier Tacte d'association. Quelque temps après, voulant rendre sa protection plus efficace, il lui donna des secours en honmies et en argent, à l'aide desquels d'Énambuc sut garantir de ]a jalousie des Espagnols son établissement naissant, et le faire respecter de ses voisins les Anglais. Quand la colonie de Saint-Christophe ne réclama plus sa présence , d Énambuc passa , en 1 6 3 5 , à la Martinique, suivi de cent hommes, demi soldats, demi cultivateurs, qui l'aidèrent à bâtir le fort de Saint-Pierre. Il travaillait avec une ardeur infatigable à la prospérité de cette nouvelle colonie, lorsque la mort le surprit en i636. Le cardinal, en apprenant cette nouvelle, dit au roi : « Votre majesté vient de perdre un de ses plus utiles serviteurs. »

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