PRISE DE PIGNEROL. — 50 MARS
, Hipp. LscoifTB. — 1836.
Le duc de Savoie n exécutait pas le traité de Suze ; l'empereur refusait toujours au duc de Nevers l'investiture du duché de Milan.^ et lé marquis de Spinola, à la tète d'une armée e^gn<de> était rentré dans lé Montferrat* La guerre devenant imminente, Louis XŒ nonuna le cardinal de Richelieu génémiissime des troupes fiânçaises en Italie.
Lé cardinal quitta Paris en grand appareil, ayant à l'une des portières de son carrosse le cardinal de la Va-
lette et le duc de Montmorency; à l'autre, les maréchaux de Schomberg et de Bassompierre. Le duc de Savoie,' effrayé de rapproche des troupes firançaises, envoya au pont de Beauvoisin son fils, le prince de Piémont, pour ouvrir avec le cardinal de nouvelles négociations. Mais le fier génie de Richelieu ne s'accommodait pas de ces lenteurs ; il marcha rapidement devant lui, entra dans le Piémont, et fiit bientôt sous lès murs de Pignerol. Au bout de d^ux jours la viUe demanda à capituler.
(( Mais le comte Urbain de TEscalange et ses gens de guerre, au nombre de huit cents, se jetèrent dans la citadelle, qui fiit assiégée; les tranchées fureïit ouvertes le a 3 mars, et les travaux avancés en telle diligence que la veille de Pâques on fiit attaché à l'un des bastions de la citadelle, auquel on commença à faire deux mines. Les assiégés se sentant pressés, voyant aussi une circonvallation parfaite de la citadelle, et en outre un camp retranché avec des lignes, redoutes et forts, en sorte que les puissances d'Espagne, de l'empire et du duc de Savoie , qui estoient jointes ensemble , n'eussent pu le secourir, aimèrent mieux se rendre par capitulation que d'attendre la rigueur des armées du roi, qui leur estoit inévitable... Ainsi le siège finit le propre jour de Pâques, jour heureux en Itdie pour y avoir ^gné la bataille de Cerisoles et de Ravenne. »
' Mercure franfoU, année i63o, p. 81.