COMBAT DE VEILLANE. — 10 JUILLET
TaUeau du temps commandé par le cardinal de Richdîea ponr son ch&teau de Richdien.
La prise de Pigneroi n avait pu ouvrir à Tarmée française le chemin de Mantoue. Le duc de Nevers y était plus que jamais menacé par ses ennemis, et Toiras, assise dans Casai, n'y tenait qu'à force de persévérance et de courage. H fallait agir plus puissamment en Italie. Louis Xni, toujours heureux d'échapper par la guerre aux intrigues de sa cour, se rendit à Tarmée. On résolut de conquérir et Ton conquit en efifet la Savoie, pour effrayer le duc, qui venait de se rattacher à TalUance espagnole. Mais, au moment de pénétrer dans le Montferrat, le roi tomba dangereusement malade à Saint-Jean de Maurienne; Tintrigue recommença de s'agiter autour de son lit; on se préparait à un nouveau règne , et la guerre était abandonnée aux soins du brave duc de Montmorency, amiral de France, et petit-fils du grand connétable.
n la soutint dignement. Ayant appris que le duc de Savoie a réuni près de Veillane une armée deux fois plus puissante que la sienne , et jaloux cependant d'obéir aux ordres du roi qui lui a commandé de conquérir, s'il est possible, la paix par une victoire, iï manœuvre pour se joindre au maréchal de la Force, et donner la bataille
avec des chances moins inégales. D n*y peut parvenir, et est forcé d'accepter seul le combat. L'historien de sa vie raconte des merveiUes siu* la bravoure qu'il y déploya, plus dignes d'un guerrier des temps de la chevalerie que d'un capitaine contemporain de Gustave-Adolphe. Seul, il se lança au milieu des ennemis, abattit à ses pieds Pagano Doria, frèi^ du commandant de l'armée espagnole, pénétra jusqu'au cinquième rang de l'escadron que son impétuosité avait rompu; puis, se jetant au milieu du gros bataillon des Allemands, «il Tenfonça avec ime adresse accompagnée d'im bonheur inconce-* vable. Les ennemis croyaient l'avoir tué; mais, le voyant tout couvert de feu de leurs mousquetades, rompre leurs rangs et jeter leurs soldats par terre, ils sont tellement effirayés qu'ils prennent la fuite, sans regarder si le duc
est, suivi ou non C'est une merveille quaueun des
coups qu'il reçut en si grand nombre ne fiit sang^t, excepté une égratignure à la lèvre. Son cheval était blessé en trois endroits, la garde de son épée et les tassettes de sa cuirasse emportées par des mousquetades; son habillement de tète enfoncé, la branche de fer qui lui défendait le visage àdemi coupée , et ses bras tellement meurtris que la noirceur y parut plus de trois semaines. »
Le combat de Veillane fut un des plus beaux faits d'armes de la campagne de 1 63o : sept cents hommes de l'armée réunie de l'empereur et du duc de Savoie y périrent ; six cents demeurèrent prisonniers avec Dbria leur