‹ Galeries historiques du Palais de Versailles (volume 5)Chapitre 135 sur 155 · LEVÉE DU SIÈGE DE GÂSÂL. — 26 OCTOBRE · texte numérisé non relu

LEVÉE DU SIÈGE DE GÂSÂL. — 26 OCTOBRE

TaUesn du temps , commandé par ie cardinal de Richdien ponr son château de Richdiea.

La guerre aurait dû finir en Itdie au moment de la conclusion du traité de Ratisbonne; mais ce traité n avait pas été ratifié par Philippe El; aucun envoyé de ce prince ne s était présenté à la diète, et Tarmée espagnole tenait toujours Toiras étroitement assiégé dans Cassd. Aussi Tarmée fi:'ançaise, sous les maréchaux de Schomberg, de la Force et de Marillac, refiisa-t-elle de suspendre sa marche. Elle fiit bientôt sous les murs de Casai, et Ton était au moment d*en venir aux mains lorsque Mazarin, depuis cardinal, et alors gentilhomme du pape, chargé d'interposer sa médiation pontificale entre les puissances belligérantes, parvint, à force de courage et au péril de sa vie, à arrêter les combattants et à faire reconnaître le traité par le général espagnol. Toiras fiit ainsi délivré après sept mois d*une belle défense.

((Dès que le traité fiit signé, il demanda au marquis de Santa-Cruz la permission de passer au travers de son camp pour aller faire la révérence aux maréchaux de France. On la lui accorda volontiers. Il fiit reçu par les Espagnols au bruit du canon , de la mousqueterie, et avec

les mêmes honneurs qu'ils auraient pu rendre à leur roi. Les Français applaudirent peut-être plus à la valeur et à rhabileté de cet excellent officier; mais les Espagnols n'admirèrent pas moins ses rares qualités, «Hé bien! monsieiœ, lui dit Schomberg en labordant, c'est pour la seconde fois. » Le maréchal voulait dire qu'il avait déjà délivré Toiras assiégé par le duc de Buckingham dans le fort de l'tte de Rhé. — « Monsiem*, répliqua civilement Toiras, j'en suis redevable aux armes du roi et à votre bonne conduite aussi ^. »

cxcvn.

RÉCEPTION DES CHEVALIERS DU SAINT-ESPRIT A FONTAINEBLEAU. — 5 MAI 1655.

Al AUX et Lafate. — i835.

(( Le roi, chef et souverain grand maître de l'ordre du Saint-Esprit, désirant faire àeé chevaliers, commanda au sieiu* président de Chauny, secrétaire de l'ordre, de faire savoir à tous les chevaliers, commandeurs, tant cardinaux, prélats, qu'autres, et aussi à tous les officiers d'iceluy ordre , de se trouver à Fontainebleau le cinquième jour demay, poiu* y tenir le chapitre général, où sa majesté se trouva' deux jom*s auparavant^... »

« La chambre de la belle cheminée , fort grande et spa-

^ Histoire de Louis XZ/iT par Levassor, liv. XXIX , p. 5 1 7. * Mercure français, année i633.

cieuse, estant destinée pour cette action notable, fut ornée en la sorte qui suit :

« ¥3ie estoit inagnifiquement tapissée avec les armes des chevaliers tout autour. A Tun des bouts il y avoit un autel avec un grand dais au-dessus, le tout orné de riches paremens de l'ordre. Près de cet austel estoit la chaire du roi, couverte d*un dais, et pas loin de là, du même costé, se voyoit le banc de messeigneurs les cardinaux, et derrière eux, celui destiné pour les archevêques de l'ordre

«Après que chacun eut pris place selon son rang, à savoir tous les chevaliers novices tout d'un même costé, sur un banc à main gauche, et les anciens chevaliers sm* les hauts si^es à droite et à gauche au-<lessous de Tescu de leurs armes, les cardinaux et archevêques en leurs bancs, et le roi sous son dais, en sa chaire, puis Ton conunença vespres.

« Le magnificat estant achevé , les chevaliers novices se vinrent présenter Tun après l'autre devant sa majesté, et firent chacun le serment; ensuite de quoi le roileui* mit le cordon bleu et la croix de Tordre; puis changèrent leurs cappes en longs manteaux de Tordre, à fond de velours noir, couverts de flammes en broderies d'or et d'argent, et sur iceux le mantelet de tofle d'or à foiid vert, brodé de colombes d'argent, le tout doublé de satin jaune orangé '. »

^ Tiré du Trésor des merveilles de la mai» royale de Fontainebleau ,

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