CHARLEMAGNE REÇOIT A PADERBORN LA SOUMISSION DE WITIKIND
Art ScHBrPBR. — i836.
Le plus grand effort de la puissance de Chariemagne se porta contre les Saxons, nation sauvage, jadouse de son indépendance , et animée contre les Francs, ses voi-
sins, d'une haine irréconciiîabie. Pépin les avait vaincus (758), leur avait imposé un tribut de trois cents chevaux, et avait tâché de répandre parmi eux ie christianisme. Mais le christianisme était poiu* eux la religion dé Tesclavage, et ce fiit par Tincendie de Tég^e de Daventer, bâtie sur la frontière, qu'çn 77a ils déclarèrent la guerre à Charlemagné. Gharlemagne leur répondit sur-le-champ en livrant aux flammes , près de Detmold , leur grande idole d'Erminsul (Hermann-Saûle, colonne d'Arminius ou d'Hennann).
La guerre ainsi engagée ne dura pas moins de trentetrois ans, et Ghàries eut jusqu'à douze campagnes à feire contre les Saxons. La plus glorieuse -et la plus décisive de toutes fat ceUe de Tannée 785, qui amena la soumission de Witikind.
Gë chef intrépide était, depuis huit ans, Tâme de la résistance nationale. Plusieurs fois il avait été forcé de fair chez les Normands, et toujours il avait réparu pour exciter à la révolte les belliqueuses tribus de la Westphalie. Vaincu sur les bords de la rivière de Hase (783) , et entraîné par l'exemple de son peuple, qui venait tout entier de déposer ses armes aux pieds du vainqueur, il renonça enfin à prolonger une lutte inutile, et consentit à recevoir le baptême.
Ge fat à la diète de Pàderborn que Gharlemagne reçut la soumission des Saxons. Witikind le suivit à son palais d'Attigny, où il fat baptisé. ;
CHARLEMAGNË EST COURONNÉ A ROME EMPEREUR D'OCCIDENT. — 25 DÉCEMBRE 800.
• Padl Delaro<îhe. — 1839.
. Lé pape Léon III avait été victime d*un odieux complot. Accablé de. violences et d outrages au milieu d'une procession solennelle, etjeté en prison par ses.ennemis dont la populace romaine secondait les fiireurs, il sévada, et vint à Paderbom invoquer Tappui de Charlemagne. Le monarque, occupé de ses grandes guerres contre les Saxons, ne put alors que le renvoyer à Rome avec un cortège de prélats et de seigneurs qui devaient le rétablir sur le siège apostolique. Mais,, vers lautomne dq Tannée suivante, il passa les Alpes Jtdiennes avec une armée, et descendit en Italie.
Léon m le reçut aux portes de Rome avec les plus grands honneurs, et tout aussitôt une solennelle assemblée fut convoquée où le pontife, à la face de tout le peuple romain , . réfuta victorieusement les calomnies dont on avait noirci son innocence.
« Quelques semaines après cette assemblée , raconte Éginhard, dans le saint jour de ia naissance du Seigneur, tandis que le roi, assistant à la me^se, se levait de sa prière devant Fautel du bienheureux apôtre Pierre , le pape Léon lui posa une couronne sur la tête, et tout le peuple romain s écria : «A Charies-Aagaste ^ couronné
par Dieu, grand et pacifique empereur des Romains, vie et victoire! d Après laudes fl fut adoré par le pontife, suivant la coutume des anciens princes, et» quittant le nom de patrice, fiit appelé empereur et Auguste. » Ce serait ime erreur de croire que Gharlemagne ne gagna qu'un vain titre à cette solenndle prodamation* L'établissement des royautés barbai^ss en Occident n'avait pu y effacer le touvenir de la majesté déchue de Tempire romain. On la respectait, quoique absente, quoique bien éclipsée, dans les monarques de Constantinople. On leur reconnaissait un droit qui avait survécu aux envahissements de la force, et, dans l'opinion des conquérants eux-mêmes, l'autorité impériale portait le caractère d'une sorte de pouvoir pubtic, supérieur & toutes les dominations fondées par la conquête. Qiarlemagne empereur devint donc aux yeux de ses peuples et à ses propres yeux l'héritier légitime des Césars, le dépositaire suprême de l'autorité publique, et conune la personnification vivante de l'ancienne majesté de l'empire.
GHARLEMAGNE ASSOCIE A L EMPIRE SON FILS LOUIS LE DÉBONNAIRE. — AOUT 815.
ÂLAUX. — 1837.
Charlemagne , dans une assemblée tenue à Thionville , en 806 , avait partagé Théritage de l'empire entre ses trois fils , Charies , Pépin et Louis. La mort ayant frappé
successivement (810 et 811) les deux premiers de ces princes, l'empereur, qui se sentait plier sous le poids du chagrin et de là vieillesse, songea, avant de mourir, à régler de nouveau sa succession.
n L*an 8 1 3 , dit l'historien Éginhard , il appela auprès de lui, à Âix-la-Ghapelle, son fils Louis, roi d'Aquitaine, le seid des enfants qu'il avait eus d'Hildegarde qui fût encore vivant. Ayant en même tempi; réuni, de toutes les parties du royàmoe des Francs , les hommes les plus considérables , dans une assemblée solenneUe , il s'associa , du consentement de tous, ce jeune prince, l'établit héritier du royamne et du titre impérisd, et, lui mettant la couronne sur la tête, il ordonnaqu'on eût à le nonuner empereur et Auguste. Ce parti fut applaudi de tous ceux qui étaient présents, et frappa de terreur les nations étrangères.»
Gharlemagne, au sortir de cette assemblée, alla se livrer à l'exercice habituel de ses grandes chasses d'automne, et ne rentra à Aix-la-Chapelle que pour s'y aliter et mourir (a 8 j anvier 8 1 A) .