MORT DE ROBERT LE PORT
Lehiiaiiii. — i837
Au IX* siècle on appelait du nom générique de Normands (hommes du'Nord) les peuples qui heilntaient la Scandinavie , aujourd'hui les trois royaumes de Norwège , de Suède* et de Danemarck. Ges peuples, jetés dans la piraterie par leur génie sauvage et par les rigueurs d'un sol stérile, avaient commencé, dès les dernières. aimées de Ghariemagne, à infester les côtes de l'empire. Sous les rè^es agités de Louis Je Débonnaire et de Charles le
Chauve, leurs incursions devinrent pius fréquentes et jdus redoutables. Fortifiés dans leurs trois stations à Tembouchurede TEscaut, de la Seine et de la Loire, ils ne cessèrent, pendant soixante et quinze ans, de répandre la terreur sur tous les points du royaume , par leurs massacres et leurs dévastations. Tous les récits contemporains attestent qu*à lapproche de ces barbares les populations épouvantées fuyaient sans opposer la moindre résistance, et que les rois ne parvenaient qu à prix d'argent à écarter le fléau de ces terribles invasions.
Cependant, au milieu de cette frayeur universelle, qui laissait le champ libre aux ravages des Normands, le besoin de se défendre se fit enfin sentir, et plusieurs actes d'héroïque Tésistance, couronnés par le succès, tirèrent la nation de sa stupeur,' et relevèrent la gloire de ses armes.
L*an 8 6 6 les Norniands « sous leur chef Hasting , avaient « remonté la Loire jusqu'à Brissarthe, village situé à cinq lieues d'Angers. Ils y rencontrèrent le vaillant Robert , surnommé le Fort, comte d'Outre-Maine, chef ^lustre de la troisième race de nos rois. Robert les repoussa avec tant de vigueur qu'ils n'eurent plus d'autre ressource que de seréfiigier et de se fortifier dans une église. Fatigué d'une longue marche , et se fiant au Hocus étroit dont il. enveloppait la place d'annes des barbares , Robert donna à ses soldats l'exemple de se dépouiller de leur ànoaure et de premlre un peu de repos. Les Normands profitèraEit de ce moment d'imprévoyance, et se jetèrent sur Robert et sa troupe. Désarmé , ils le tuèrent sans
peine , et traînèrent son corps dans l'église, dette é^ise existe encore, quoique reconstruite à plusieurs reprises; elle à néanmoins une nef très-ancienne, que Ton croit celle même où les Normands s enfermèrent.