BATAILLE DE SAUÇOURT EN VIMEU. — JUILLET 88L
Da88T. — 1837.
L an 88 1 le roi Louis III entendit le cri de ses peuples de Flandre et d'Artois, qui gémissaient sous les ravages des Normands appelés par la trahison dlsembard , seigneur de la Ferté en Ponthieu. Ce ftrtà Saucourt en Vimeu, village situé à peu près à moitié chemin entre Eu et Abbeville, que Tannée française rencontra les «barbares. Il faut entendre sur cette journée l'auteur anonyme d'un chant de victoire composé en langue tudesque peu dç temps après la bataille, et dont nous citerons les passages suivants :
a Dieu voyant toutes les calamités qui pesaient sur la France eut enfin pitié de son peuple. Il appelle le seigneur Louis, pour lui ordonner d'aller combattre les ennemis. « Louis , mon roi , délivre mon peuple si rudement châtié par les Normands. » Le prince, ayant- rassemblé ensuite les grands, leur dit, entre autres paroles : ((Consolez-vous, mes compagnons, mes chevaliers : c'est par l'ordre de Dieu que nous marchons , c'est lui qui assurera le succès de nos armes. . . Je ne m'épai^perai
pas moi-même pour parvenir à vous délivrer; mais je veux qu'en ce jour ceux qui sont restés fidèles à Dieu suivent mes pas.» On ajoute que le roi entonna un cantique au moment de livrer bataille, et que toute f armée répondit par le cri de Kyrie eleison. « La fureur et la joie , continue le poète , colorèrent les joues des Francs; chacun. d*eux se rassasia de vengeance; mais Louis les surpassa tous en courage et en adresse. H perce les uns, renverse les autres, et abreuve de Tamère boisson du trépas tous ceux que rencontrent ses coups.» La défaite des Normands fiit complète; leur chef Garamond resta parmi les morts. Deux siècles après la bataiUe de Saucourt, à Tépoque où fut écrite la chronique de Saint-Riquier, des chansons populaires se redisaient encore en Thonnéur de cette gTorieuse journée.
EUDES, œMTE DE PABIS, FÂTT LEVER LE SIÈGE DE PARIS. — 88Q.
SCHHBTZ^ — 1837.
L'an SSySigefiroy, voulant s emparer de Paris, avait remonté la Seine avec sept cents barques et quarante mille homnfts. Il avait appelé autour de lui tout ce qu'il avait pu réunir de guerriers Scandinaves , dans les stations de la Loire et de la Seine, sur les cotes de Belgique et d'Angleterre , et l'on croit que plusieurs barques fugitives de la grande bataille d'Hafursfiord , gagnée
cette même amiée par le roi de ^orwège, Havold Harfager (ou aux blonds cheveux), lui avaient amené de nouveaux reû&rts. Paris , alors renfermé dans Tétroite enceinte de la Cité, soutint pendant un an 1 effort de cette puissante année. L'évêque Godin et le comte Eudes animèrent h population par leur héroïsme. Eudes, que ses glorieux services et Taccroissement ^e' sa puissance désignaient aux suSrages du pays, fut élu roi deux ans après (869) , et inaugura sa royauté en &iswit essuyer un nouvel échec aux Normands près de Montfaucon; H fa^t dans cette action être victime de son courage : un barbare lui porta un coup de hache sur répaule ; Eudes lui répondit en l'étendant à ses pieds. Un troisième combat, livré aux Normands par le roi Eudes , se termina encore à son avantage , mais ne le sauva pas de la triste nécessité de traiter avec eux conune les Garlovingiens , ses prédécesseurs. Aussi les incursions des Normands désolèrent-elles la France pendant plus de vingt ans encore, et elles ne trouvèrent leur terme qu'en 912 par le traité de Saint-Clair-sur- Epte, quiabandonna à Rollon la province de Neustrie, appelée dès lors Normandie.
LOTHAIRE DÉFAIT L'EMPEREUR OTHON II SUR LES BORDS DE UAISNE. — OCTOBRE 978.
DtFaopt. — 1837.
Pendant le x"" siècle il s était opéré €» France une s<Hl:e de démembrement de k puissance publique, à peu près semblable à celui qui avait emporté «n hatbeaux Tempire de Chariemagne, Les diverses provinces s'étaient détachées successivement de lautorité royale ; les seigneurs qui les gouvernaient y avaient usurpé une souveraineté héréditaire, et d*un bout à lautre du royaume le régime fëodal s était établi avec le morcellement à rinfini du territoire et la hiérarchie du vasse^ lage , qui sont. ses caractères essentiels.
La dynastie carlovingienne , éteinte Tan 9 1 1 en Allemagne , était à la veille de finir en France. Deux fois déjà, dans la personne d'Eudes et de Raoul, la puissante maison de Robert le Fort avait occupé le trône f»*esque sans contestation. Hugues Gapet , fils de Hugues le GrsM[id , comte de Paris et duc de France , entourait de ses vastes fie& le domaine royal, réduit aux deux. villes de Laon et de Reims. Tout annonçait une no[Uvdle dynastie. Cependant le roi Lothaire , ainsi af&dbli » ne craignit pa$ d'attaquer Tempereur Othon H, maître puissa^irt de TAUemagne et de Tltalie.
L'ancien royaume de Lorraine était alors un sujet de
querelle entre les nouveaux empereurs de la maison de Saxe et les princes carlovingiens de France. Les premiers réclamaient ce royaume comme province de Tempire , les autres comme dépendance de l'héritage de Charlemagne ; le dernier prince qui Tavait possédé était en effet Swentibold , fils d'Amouif , de la race carlovingienne. Lothaire fit un grand effort pour défendre ses droits ; il se jeta avec ime.armée sur la Lorraine , et faillit surprendre dans Aix-la-Chapelle l'empereur Othon avec toute ^ famille.
Othon , pressé de se venger, annonça à Lothaire qu'au premier octobre de la même année (978) il lui rendrait sa visite dans son royaume. En effet, à l'époque dite, on le vit paraître sous les murs de Paris , à la* tète de soixante miUe hommes. Hugues Gapet s'y était enfermé; L'empereur, ne pouvant l'attirer au dehors, lui fit dire «qu'il allait lui faire chanter une litanie plus sonore qu'aucune de celles qu'il avait jamais entendues; et, allant se poster sur les hauteurs de Montmartre, il y rassembla un grand nombre de prêtres, dont il soutenait les chœurs par les cris de ses soldats, et leur fit entonner lé cantique des martyrs, Allelaia, te martyrum caniidatas bmdat exercitas, d'une manière si bruyante, que toits les habitants de Paris purent l'entendre ^. »
Les Allemands, croyant par cette bravade avoir vengé leur honneiu*, se retirèrent et marchèrent sans obstacle jusqu'au passage de l'Aisne. Mais Othon étant arrivé sur cette rivière à la fin de la journée , une partie seulement
* Balder. Chron. p. 282.
de son armée put la traverser le même soir : les bagages et Tarrière-garde restèrent sur l'autre rive. Lothaire, profitant de ce que pendant la nuit des pluies avaient grossi la rivière , attacjua et défit cette portion de l'armée impériale sous les yeux d'Othon, qui ne pouvait la secourir.
HUGUES GAPET PROCLAMÉ ROI DE FRANCE PAR LES GRANDS DU ROYAUME. — MAI 987.
Al AUX. — ' 1837.
Louis V, le dernier des Garlovingiens» était mort en 987, et son onde Gharies, duc de basse Lorraine, se trouvait trop éloigné pour recueillir immédiatement son héritage. Hugues Capet, duc de France, comte de Paris et dOrléans, et seigneur dW grand nombre d'abbayes, était depuis longtemps appelé au trône par Téclat héréditaire de sa race et par sa puissance, A ses nombreux vassaux se joignirent son firère Henri le Grand , duc de Bourgogne, et son beau-firère Richard sans Peur, duc de Normandie, qui représentèrent à Noyon tout le baronnage de France , et le proclamèrent toL Hugues Gapet se fit tout aussitôt sacrer à Reims , et Tannée suivante (988) il donna aux droits de son fils Robert la même consécration.
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