‹ Galeries historiques du Palais de Versailles (volume 5)Chapitre 32 sur 155 · BATAILLE SOUS LES MURS DE NICÉE · texte numérisé non relu

BATAILLE SOUS LES MURS DE NICÉE

Sbrrur. — 1839.

Les croisés, ayant passé le Bosphore, allèrent mettre le siège devant Nicée, capitsde de l'ancienne Bithynie et du nouvel empire des sidtans de Roum. C'était la première fois que se déployaient toutes ensemble ces milliers de bannières qui, avec la diversité de leurs emblèmes et le signe commun de la crois, offraient une représentation si vivante du grand corps de la chrétienté. Les récits contemporains évaduent à plus de cinq cent mille combattants ce que renfermait alors le camp des croisés. Cependant le sultan des Turcs, Kilig-Arslan, fils de

* Histoire des Croisades» par Albert d'Aix, Hv. H.

Soliman, n en fiit pas eflBrayé. Plein de confiance danâ leis^ fortes murailles de sa capitale, il y avait laissé sa familier et ses trésors, et était allé rassembler dans les montagnes^ cette formidable cavalerie des Turcs dont les cimeterres avaient, Tannée précédente et dans le même lieu, lûoissonné les bandes indisciplinées de Pierre Termite. Mais ils trouvèrent ici d'autres hommes et une autre résistance. L'impétueux effort de leur avant^arde se porta vainement du côté de la ville, où le comte de Toulouse, récemment arrivé, venait à peine de dresser ses tentes. Une foide de guerriers, et parmi eux les deux Robert, Tancrè'de et Baudouin,. «empressés de porter secours à leurs frères en Jésus-Christ, s'élancent au milieu des .rangs, portant des coups aussi prompts que la foudre, et coiu'ant de tout côté de toute la rapidité de leurs chevaux. » Kilig-Arslan arrive alors avec les cinquante mille cavsdiers qui forment son corps de bataille; Tannée chrétienne à son tour s'engage tout entière, et la mêlée devient épouvantable. «On voyait partout briller les casques, les boucliers, les épées nues; on entendait au loin le choc des cuirasses et des lances qui se heurtaient dans la mêlée ; Tair retentissait de cris effrayants, les chevaux recidaient au bruit des armes, au sifflement des flèches; la terre tremblait sous les pas des combattants, et la plaine était couverte de javelots et de débris^.» La bataille dura depuis le matin jusqu'à la nuit. Les Turcis, vaincus, s'enfuirent dans les mon*^ tagnes, laissant dans la plaine quatre mUle morts. Mille

* Mathieu dEâesse, cité par M. Michaud.

têtes, coupées par les vainqueurs, furent envoyées au monarque de Gonstantinople , comme un premier et sanglant tribut de ses vassaux.

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