PRISE D ASCALON PAR LE ROI BAUDOUIN
GOBNU. — ;l839.
Ascalon était le boulevard de TÉgypte, du côté de la Syrie, et les chrétiens, vainqueurs sous ses murs, quelques jours après la prise de Jérusalem, n'avaient pu s'en emparer dans le premier entraînement de lem^s conquêtes. Le roi Baudouin III, quoique menacé de toute la puissance du terrible Noureddin, fils de Tatabek Zenghi, osa former le siège de cette ville. Tous les barons du royaume de Jérusalem accoururent sous sa bannière, le patriarche à leur tête , avec la vraie croix de Jésus- Christ. Le siège dura plus de deux mois. Les fortunes en furept diverses. Les machines prodigieuses que les croisés faisaient jouer contre la viUe furent un jour livrées aux flammes par les musulmans, et le vent du désert poussa rincendie contre ceux qui lavaient allumé. On
crut alors la ville prise. L'avarice des templiers , qui , pour se réserver tout le pillage^ interdiraient rapproche de la brèche à leurs compagnons d'armes, fit perdre la victoire. Ce fiit à grand peine que les che& ramenèrent à l'assaut les chrétiens découragés. Us trouvèrent encore une vigoureuse résist^ce, mais c'était le dernier effort dp l'ennemi. A l'instant où Baudouin, rentré dans sa tente, méditait tristement sur l'issue de son entreprise, arrivent des messagers de la ville , qui demandent en suppliant à capituler. La surprise des croisés fiit égale à leur joie, et lorsque, peu d'heures après, on vit l'étendard de la croix flotter sur les totu's d'Ascalon, l'armée entière remercia Dieu d'une victoire qu'elle regardait comme un miracle de sa toute-puissance.
LXin.
BATAILLE DE PUTAHA.— 1159.
La guerre continuait entre Baudouin III et Noureddin, avec des alternatives de succès et de revers. Vaincu en 1187, près du gué de Jacob, et fcnrcéde se réfiigier seul dans la forteresse de Séphet, le roi de Jérusalem vit inopinément arriver de Ptolémaîs toute une armée .de croisés, sous les ordres de Thierry, comte de Flandre. Avec ce renfort, il alla chercher les musulmans dans le comté de Tripoli et la jMÎncipauté d'Antioche, leur «aleva des villes et des forteresses; et, peu après, le sultan
de Damas ayant, franchi le Liban pour descendre en Palestine, il le vain<|iùt dans une sanglante bataiUe à Putaha, entre le Jourdiain'et le lac de Sonnaserh.
• «...On n avait point encore vu, dit Vertot dans son Histoire de Vordre de SaintJçan , de combat si furieux et si sanglapt. Les chrétiens, irrités de trouver une si longue résistance, firent un nouvel éfibrt, et, comme s'il leur fût venu du secours, ih s abandonnèrent d'une manière si déterminée au milieu des batafllons ennemis, que ces infidèles, ne pouvant plus soutenir cette dernière charge , furent contraints de reeuler et de céder beaucoup de terrain, quoique toujours en bon ordre et en conservant leurs rangs. Mais le roi de Jérusalem et le' comte de Flandre, à la tète d'un gros de cavalerie, étant survenus pendant ce mouvement forcé que faisaient les ennemis, les obligèrent de toumev leur retraite dans une fuite déclarée; tout se débanda, et plus de six mille soldats du coté des infidèles demeurèrent sur la place, sans compter les blessés et les prisonniers. Tout l'honneur de cettéî j.oumée fut justement attribué au jeune roi... »
COMBAT PRES m NAZARETH. — r* MAI 1 1^7.
CINQ CENTS CHEVALIERS DE SAINT-JEAN ET DU TEMPLE RESISTENT A lOUTE UNE ARM^E DU SULTAN SALADIN.
Saladin, fiU d'Ayoub, ayant recueilli l'héritfi^e des sultans de Damas , agrandi de la souveraineté de TÉgypte,
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tourna toutes ses forces contre les chrétiens d'Orient, et profita des divisions qin l^s aflBsdbiissaient, pour faire entrer une armée dans ie pays de Galilée. Rien n était prêt pour lui résister : cinq cents chevaliers de Saint- Jean et du Temple prirent sur eux le poids de la défense conunune, et pour un instant couvrirent de leurs vailr lantes poitrines le royaume de Jérusalem, u Bs furent bientôt accablés par le nombre, dit M. Michaud, et périrent tous*sur le champ de bataille. Les vieflles chroniques, -en célébrant la bravoure des chevaliers chrétiens, rappellent des prodiges qu'on aura peine à croire; on vit ces guerriers indomptables, après avoir qpuisé leurs flèches, arracher de lem' corps celles dont ils étaient percés , et les lancer à Tennemi. On les vit, altérés par la chaleur et la fatigue, s abreuver de leur sang, et reprendre des forces par le moyen même qui les devait affaiblir. On les vit enfin , après avoir brisé leurs lances et letu's épées, s'élancer sur leurs ennemis, se battre corps à corps , se rouler dans la poussière avec les guerriers musulmans, et mourir en menaçant leurs vainqueurs^ Rien n'égale surtout la valeur héroïque de Jacquelin de Maillé , chevalier du Temple. Monté sur un cheval blanc , il était resté seul debout sur le champ de bataille , et combattait parmi des monceaux de morts. Quoiqu'il fiit entouré de toutes parts , il refiisait de se rendre. Le cheval qu'il montait, épuisé de fatigue, s'abat et l'entraîne dans sa chute. Mais bientôt l'intrépide chevalier se relève, et, la lance à la main^ tout couvert de sang et de poussière , tout hérissé de flèches, se précipite dans les rai^s des musul-
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mans étonnés de son audace. Enfin il tombe percé de coups, et combat encore. Les Sarrasins le prirent pour saint Georges , que les chrétiens croyaient voir descendre du ciel au milieu de leurs batailles. Après sa mort, les infidèles s'approchèrent avec respect de son corps meurtri de mille blessures; ils essuyaient son sang, se partageaient les lambeaux de ses habits et les débris de ses armes, etc. etc... «Ainsi, dit une ancienne chronique, dans la saison où Ton cueille dans les champs des roses et toute espèce de fleurs, les chrétiens de Nazareth n'y trouvèrent que les traces du carnage et les cadavres de leurs frères. »