‹ Galeries historiques du Palais de Versailles (volume 5)Chapitre 57 sur 155 · S6 GALERIES HISTORIQUES · texte numérisé non relu

S6 GALERIES HISTORIQUES

BAUDOUIN, COMTE DE FLANDRE, COURONNÉ EMPEREUR • DE CONSTANTINOPLE. — 16 MAI 1204.

Saint-Évrb. — 1839.

Les pravinces de Tempire grec suivirent pour la plupart le sort de la capitale; et fidèles alors aux règlements quils avaient établis à l'avance , les chefs croisés procédèrent au partage de leur conquête. Dans ce partage, un des grands vassaux du roi de France , Baudouin, comte de Flandre et de Hainaut, eut pour lot la couronne inipériale.

L'évêque de Soissons, un des douze personnages désignés pour nommer le nouvel empereur, annonça ainsi, aux croisés le choix qu'ils venaient de faôre. «Nous vous le nommerons à cette heure de minuit que Jésus-Christ fut né. C'est le copate Baudouin de Flandre et de Hainaut, Là-dessus s'éleva un grand cri..., et, ajoute Villehàrdouin, le jour du couronnement fut pris à trois semaines après Pasques.... »

. En ce jour Baudouin se rendit à Sainte-Sophie, ac-. compagne des barons et du clergé. «Là, pendant qu'on célébrait le service divin, l'empereiu*^ fut élevé sur un trône d*or, et reçut la «pourpre des mains du légat du pape, qui remplissait les fonctions de patriarche. Deux chevaliers portaient devant lui le laticlave des consids romains et l'épée impériale qu'on revoyait enfin dans la main des guerriers et 4gs héros. Le chef du clergé , de-

honi devant lautel, prononça dans la langue grecque ces paroles, Il est digne de régner; et tous les assistants rér pétèrent en chœur : Il en est digne, il en est digne. Les croisés faisant entendre leurs bruyantes acclamations, les chevaliers couverts de leurs armes, la foule misérable des Grecs, le sanctuaire dépouillé de ses antiques ornements, et rempli dune pompe étrangère, présentaient à la fois un spectacle solennel et lugubre, et montraient tous les maJheurs de la guerre au milieu des trophées de la victoire M »

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