BATAILLE DE BOUVINES. — 27 JUILLET
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ENTRÉE TRIOMPHALE DE PHILIPPE-AUGUSTE A PARIS APRÈS LA BATAILLE DE BOUVINES.
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Philippe -Auguste, par une suite d'efforts heureux, avait brisé 1 équilibre de la confédération féodale, et fait plier toutes les seigneuries sous Fascendant de la royauté. L*arrêt rendu par la cour des. pairs contre le roi Jean sans Terre et la confiscation de la Normandie avaient , plus que tout le reste , relevé Téclat de la couronne et agrandi sa puissance. Mais les sei^eurs, naguère les
^ Histoire des Croisades» par M. Michaud, i. III, p. 285.
rivaux de Tautorité royale, supportaient avec peine une aussi impérieuse suzeraineté. D un bout à iautre du ix)yaume ils s'agitaient sourdement, et, décidés à tenter un grand effort pour ressaisir lem^ indépendanit^e, ils cherchaient au dehors des auxiliaires. Ferrand ou Fernaad, comte de Flandre, menacé dans ses domaines par Philippe-Auguste, était Tâme de cette vaste conspiration. H eut peu de peine à y faire entrer Jean sans Terre , im patient de recouvrer ses provinces ; mais le coup le plus habile fut d'y attirer Tempereur Othon IV, avec toutes . les forces de Tempire. L'anéantissement de la puissance des rois capétiens , la suzeraineté impériale substituée à la leur, et leurs riches provinces partagées entre Othon et Jean sans Terre , le comte de Flandre et le comte de Boulogne; la couronne de France désormais élective; les dépou^es du clergé distribuées aux barons; enfin l'abolition des nouvelles lois qui avaient placé si haut la royauté , et le retour à l'égsdité primitive de la république féodale ; telles étaient les clauses de la redoutable association qui se forma alors contre Philippe-Auguste.
Philippe fit vaillamment tête à l'orage : le ban et l'arrière-ban furent publiés dans ses domaines; les vassaux du clergé et les gens des communes vinrent en foule se ranger sous sa bannière , à côté de l'élite de la chevalerie française; et, pendant que son fils Louis allait combattre le roi Jean, lui-même marcha au-devant de l'empereur et du gros de l'armée confédérée. Ce fut dans les plaines de Bouvines , près de Cambrai, qu'il le rencontra, le dimanche a 7 juillet 121 4.
Les Français se reposaient des fatigues d'une longue marche, et le roiiui-même, la tête nue, était assis à Vombre dun frêne, tout auprès dune petite chapelle, lorsqu'on lui annonça que la bataUle venait de s'engager à l'arrière-garde, et que les siens commençaient à plier. Il prit aussitôt son armure , alla faire dans la chapelle une courte et fervente prière , et puis s'avança à la tête de sa chevalerie., au bruit des trompettes ^ mêlé au chant des psaumes entonnés par le clergé.
C'est ici que quelques chroniqueurs des siècles suivants ont placé une scène , depuis lors bien des fois reproduite, mais dont il n'existe point de trace dans les récits contemporains, Philippe , disént-ils , déposa' sa couronne sur l'autel, et l'ofifrit au plus digne. Ses barons lui répondirent, avec des cris d'enthousiasme, que nid n'en était plus digne que lui.
On connaît l'issue delà bataiUe de Bouvines. L'empereur Othon prit la fuite, et son étendard tomba aux mains des Français. Le comte de Flandre, qui, dans sa confiance présomptueuse , avait apporté avec lui des liens pour enchaîner les barons de France, fut conduit prisonnier dans la tour du Louvre; le comte de Boulogne fut enfermé dans le château de Péronne , tandis que Philippe- Auguste retournait triomphant à Paris, au milieu des acclamations et des fêtes.
LOUIS DE FRANCE, FILS DE PHILIPPE-AUGUSTE, APPELÉ AU TRONE PAR LES BARONS ANGLAIS, DÉBARQUE DANS UILE DE THANET. — 1216,
Gdi)«. — 18S9. «