‹ Galeries historiques du Palais de Versailles (volume 5)Chapitre 59 sur 155 · LOUIS DE FRANCE ENTRE TRIOMPHALEMENT A LONDRES · texte numérisé non relu

LOUIS DE FRANCE ENTRE TRIOMPHALEMENT A LONDRES

Le roi Jean sans Terre avait soulevé contre lui les barons anglais en violant audaciéusement leurs privilèges. Forcé par eux de jurer la grande charte (1 216)1, il s était fait relever de ses serments par le pape en se déclarant vassal du saint-siége, et avait appdé autour de lui, pour triompher delà résistance nationale, des aventuriers de TAnjou, du Poitou et de la Bretagne.

«Ce fut alors <pie les Anglais, poussés à bout, réso^ lurent d'ôter à Jean une couronne qu'il s*était montré indigne de porter; et comme l'armée de leurs oppresseurs, leur était venue de France, ils crurent que c était en France qu'ils devaient aussi chercher des auxiliaires. Philippe-Auguste était reconnu comme suzerain par le plus grand nombre des aventuriers qui pillaient leurs provinces; ils supposèrent que son ordre pourrait ou les rappeler, ou tout au moins jeter de l'irrésolution dans leurs conseils. Ds n'hésitèrent point, pour le gagner à leur parti, de lui offrir la plus haute récompense

dont ils pussent disposer. Saher, comte de Winchester, et Robert Fitz-Walter vinrent à Paris avec des lettres munies du grand sceau des barons, pom^ offrir à Louis, fils et héritier unique du roi, la couronne d*An^eterre, et pour l'inviter à venir au plus tôt en prendre possession. »

En vain le pape Innocent III fit-il défendre à Louis, sous peine d'excommimication, de passer en Angleterre, à Philippe et à tous les siens de Vassister, Louis déclina la juridiction de la cour, des pairs, à laquelle la cause avait été portée, et déclara « qu'jl était déterminé à combattre jusqu'à la mort, s il le fallait, pour recouvrer l'héritage de sa femme. Blanche de Castille, » qui était nièce du roi Jean.

Louis vint s'embarquer à Calait^ uavec les comtes, les barons, les clievaliers et les nombreux serviteurs qui s'étaient engagés par serment à le suivre dans son expédition d'Angleterre. » On ne nous dit point quel était le nombre de ses soldats, mais Mathieu Paris assure que quatre cents vaisseaux et quatre-vingts cocques, bâtiments pontés, et qui n'allaient pas à rames, l'atten^ daient pour le transporter.. Il aborda le ai mai dans l'île de Thanet. Le roi Jean, qui avait rassemblé à Douvres son .armée, presque toute composée de mercenaires finançais, n'osa pas lui disputer l'entrée du royaume.

«Londres lui ouvrit ses portes avec de grandes démonstrations de joie; lés barons et les citoyens lui rendirent hommage et lui prêtèrent serment de fidélité ^))

^ De Sismondi, Histoire des Français.

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