‹ Galeries historiques du Palais de Versailles (volume 5)Chapitre 61 sur 155 · BATAILLE DE TAILLEBOURG.-. 21 JUILLET · texte numérisé non relu

BATAILLE DE TAILLEBOURG.-. 21 JUILLET

Delacroix. — iSSy.

Le traiité de Paris , conclu en 1229, avait mis fin à la guerre des Albigeois, et assuré à un frère de saint Louis le magnifique héritage des comtes de Toulouse. La couronne , devenue ainsi jwépondérante au midi comme au nord de la France, vît se former contre elle ime ligue presque aussi fonoadwjable que celle dont Philippe-Auguste avait triomphé à Botivines. Raymond VU, le dernier des comtes de- Toulouse, avait conclu un traité d'alliance avec les trois monai'ques espagnols de TAragon, de la Castille et de la Navarre, unis à sa cause par la communauté des intérêts, des mœurs et du langage, pendant que le comte de la Marche, Hugues de Lusignan, s assurait les secours de Henri III, roi d'Angleterre, que les progrès de la couronne dans les provinces méridionales inquiétaient pour son duché d'Aquitaine.

Hugues de Lusignan éclata le premier. Alphonse, comte de Poitiers, frère de saint Louis, qui tenait à Noël sa cour plénière, l'avait sommé de venir prêter entre ses mains le serment de foi et hommage. Au lieu de son hommage, l'imprudent vassal porta un défi pu-

blic à son suzerain, et s'enfuit, au galop de sdn cheval, pour mettre en armées ses domaines. Henri III arriva à son secours, mais avec une poignée d'hommes, croyiant trouver toute la Langue-d*Oc soulevée et les princes espagnols à la tête de leurs armées. Mais rien n avait osé remuer, tant la ma»che rapide de saint Louis, qiû accourait à Taide de son frère, avait inspiré de terreur! Il joignit bientôt Henri III au pont de Tailiebourg, sur la . Charente, et le força de fuir précipitamment jusquà Saintes, où, quelques jours après, il lui fit «essuyer une nouvelle défaite.

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SAINT LOUIS, AU MOMENT DE PARTIR POUR LA CROISADE, REMET LA RÉGENCE A LA REINE BLANCHE,, SA MÈRE. — 15 JUIN 1248.

Art Sgheffer. — 1839,

Saint Louis avait reçu la croix des mains du fégat, Odon de Châteauroux; ses trois frères , et avec eux la noblesse du royaume,. avaient suivi son exemple; la reine Marguerite elle-même, ainsi que les comtesses d'Artois' el de Poitiers, s étaient engagées à accompagner leurs époux en ten^e sainte.

Ce fiit le 12 juin 1 2 48 que le roi se rendit à Saint- Denis pour y prendre Toriflamme, en même temps que le bourdon et la pannetière, symboles de son pieux pèlerinage. A son retour il traversa Paris, et fut accompagné par toute la population jusqu à Tabbaye 4e Saint- Antoine, où il devait se séparer de sa mère. Mai*

Blanche ne pouvait si aisément quitter son fîls; eUe voulut le suivre jusque dans la coininanderie de Saint- Jean , près de Corbeil , où il devait s arrêter le lendemain. Là fut réuni le parlement qui aurait dû se tenir dans Tabbaye de Saint-Antoine. La régence fut solennellement donnée à Blanche; elle eut le pouvoir de composer le conseil, de choisir les grands baillis et de conférer tous les offices de la couronne. Mais ces honneurs n étaient rien pour le cœur d une mère ; il fallut qu'elle accompagnât encore son fils jusqu'à Tabbaye de Cluny, où l'armée devait se rassembler. Ce fut là qu'ils se firent leurs adieux : la douleur de Blanche l'avertissait qu'elle ne reverrait plus son fils sur la terre.

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