BATAILLE DE MONS-EN-PDELLE. — 18 AOUT
Ghampiiartih.— 1837.
La Flandre , mécontente de son seigneur, s'était abandonnée aux armes de Philippe le Bel; mais Jacques de Châtillon, lieutenant du roi dans cette riche contrée, eut rimprudence de la traiter en pays conquis. Les Flamands opprimés se révoltèrent : Bruges égorgea sa garnison, et Tarmée fi^ançaise, accourue à Courtray pour y chercher la vengeance, n*y trouva quune sanglante défaite ( 1 3 o 2 ) . Philippe le Bel comprit à quel peuple il avait affaire, et ne crut plus à une facUe conquête. Il profita des loisirs d'une trêve pour lever de fargent et mettre sa chevaJerie, ainsi que Tinfanterie des communes, sur un pied plus que jamais formidable. Puis il marcha contre la Flandre ( 1 3o4) , força le passage de la Lys , et trouva farmée flamande rangée en bataille près de Mons-en-Puelle.
Les Flamands , pour briser Timpétuosité de la cavalerie française, avaient formé avec leurs chariots une double enceinte qui leur servait de retranchement. Mais, instruits cette fois par Texpérience, les Français n allèrent pas se heurter témérairement contre cet obstacle; ce
filment eux , au contraire , qui lassèrent la patience de ïennemi, et l'attirer ent dans la plaine. Le premier choc des Flamands fut terrible : ils pénétrèrent jusqu'à la tente royale, qu'ils pillèrent, et peu s'en fallut que le roi luimême, surpris et désarmé, ne tombât entre leurs mains; mais le sang>£roid de Philippe le Bel ne l'abandonna pas au milieu de cette alarme. Dès qu'il eut trouvé un cheval et une arme, ce fiit lui qui, au fort même de la mêlée, rallia les siens par sa voix et son exemple, et les ramena à la charge contre Tennemi. La résistance des Flamands fiit aussi opiniâtre que leur attaque avait été impétueuse. La nuit étant venue, ils continuèrent à se battre à la lueur des flambeaux. Mais enfin ils fiirent rompus et renversés par la cavalerie, et laissèrent le champ de bataiUe couvert de tous leurs bagages et de six mille cadavres. Philippe, visitant peu de jours après cette plaine ensanglantée, fit enterrer ses morts, et défendit qu'aucun des Flamands reçût la sépulture , en punition de leur félonie.