PRISE DE RHODES PAR LES CHEVALIERS DE SAINT-JEAN. — 15 AOUT
FiRON. — iSSg.
Ptolémaïs, dernier reste de la puissance chrétienne en Orient , était tombée sous les coups de Melec-Seraf , l'an 1291, et l'île de Chypre avait accueilli les débris de l'ordre de Saint-Jean, échappés au sabre des mamelucks.
Maïs le rôle d obscurs auxiliaires du roi de Chypre ne pouvait longtemps convenir à un ordre qui s'était cou- *vert de tant de ^oire, et qui aspirait à être encore le boulevard de la chrétienté contre les infidèles. Les chevaliers transportèrent sur mer leur activité guerrière. Hs firent pendant quelques années des courses heureuses contre la marine du Soudan d'Egypte , et finirent par tourner leurs pensées vers la conquête de l'île de Rhodes. Le grand maître Foulques de A^illaret , après avoir vainement sollicité de l'empereur Andi^onic la cession de la suzeraineté nominale qu'il gardait sur cette île , la vint attaquer avec les forces réunies de l'île et les secours dç l'Europe. Le siège dura quatre ans : toutes les ressources de l'ordre s'y épuisèrent , et il fallut recourir aux banquiers de Florence pour obtenir les moyens de poursuivre l'entreprise. D'assiégeants les chevaliers devinrent assiégés, et les Grecs s'unirent aux Sarrasins pour les emprisonner dans de formidables retranchements. Foulques de Villaret, hasardant un effort désespéré, sortit alors de ses lignes, et se porta sur celles de l'ennemi avec une héroïque résolution. Les plus braves chevaJiers tombèrent à ses côtés; mais la victoire lui resta, l'armée des Grecs et des Sarrasins se dispersa, et la place réduite aux défenseurs enfermés dans ses murs lut bientôt emportée d'assaut. Ce fut le jour de l'Assomption (i 5 août 1 3 1 o) que l'étendard de la religion fut arboré sur la brèche de Rhodes conquise.
AFFRANCfflSSEMENT DES SERFS. — 5 JUILLET 1515.
ÂLAux. — iSSy.
Ce fut en 1 3 1 5 que le roi Louis X, surnommé leHutin , publia la belle ordonnance qui, dans ses domaines, appelait à la liberté les serfs des campagnes.
« Comme , selon le droit de nature , dit-il , chacun doit naître franc, et par anciens usages ou coutumes, qui, de grande ancienneté, ont été introduites et gardées jusqu*ici en notre royaume et par aventure pour le méfait de leurs prédécesseurs , beaucoup de personnes de notre commun peuple soient déchues en lien de servitude de diverse condition, ce quimoidt nous déplaît; nous, considérant que notre royaume est dit et nommé le royaume des Francs, et voulant que la chose en vérité soit accordant au nom, et que la condition des gens amende par nous en notre nouveau gouvernement... Voulant aussi que les autres seigneurs qui ont hommes de corps prennent de nous exemple de les ramener à franchise... Nous voulons que franchise leur soit donnée à bonnes et convenables conditions. »
BATAILI^ NAVALE GAGNÉE PAR LES CHEVALIERS DE SAINT- JEAN; PRISE DE LILE D'EPISCOPIA SUR LES TURCS OTTO- MANS.— 1525.
Mater. — iSSg.
Au même temps où les chevaliers de Saint-Jean s'em-
paraient de Tiie de Rhodes , s'élevait en Orient une puissance nouvelle destinée à porter au christianisme les coups les plus redoutables. Othman, fils du Turc Eirdogrul , venait de jeter les fondements de la puissance ottomane, et son successeur, Orkhan, établi à Brousse, dans Tancienne Bithynie, commençait contre l'empire grec cette longue guerre qui ne devait finir que par la prise de Gonstantinople. Orkhan reconnut bientôt que Tordre de Saint-Jean , placé comme une sentinelle aux portes de l'Asie, était le plus grand obstacle à ses projets ambitieux. Maître de presque tout le littoral de l'Asie mineure, il n'y avait qu'un étroit canal qui le séparât de Rhodes , et il en résolut aussitôt la conquête. H équipa une flotte de quatre-vingts navires, et, instruit des divisions intestines qui déchiraient l'ordre, il se flatta d'une facile victoire. Mais le commandeur Gérard de Pins, avec dix gadères et quelques navires marchands rassemblés à la hât^ , ne craignit point d'aller au-devant de son puissant ennemi. Le combat s'engagea près de la petite île d'Ëpiscopia. Orkhan avait chargé ses vaisseaux de cette mflice nouvelle qu'il venait d'instituer, et qui, sur terre , n'avait point encore rencontré d'égade. Mais la mer n'était point l'élément des janissaires, et les chevaliers , au contraire, aguerris aux con^bats maritimes, dispersèrent aisément , par l'habileté de leurs manœuvres , une flotte mal gouvernée. Orkhan perdit le plus grand nombre de ses vaisseaux pris ou coulés à fond.
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