‹ Galeries historiques du Palais de Versailles (volume 5)Chapitre 71 sur 155 · BATAILLE DE CASSEL. — AOUT · texte numérisé non relu

BATAILLE DE CASSEL. — AOUT

HEIIB'i ScaEFFEft. — l836.

Les Flamands avaient, contraint Philippe le Bel, quoique victorieux, à leur laisser l'indépendance sous leurs seigneurs nationaux ; mais leur génie turbident ne tarda pas à les mettre en querelle avec ces seigneurs mêmes , et lorsque , vingt-quatre ans plus tard , leur comte Louis I* vint en grande pompe- au sacre de Philippe de Valois, ce fut pour invoquer en même temps Tassistance du roi contre les communes révoltées de Bruges, dTpres et du Franc. Philippe de Valois ^ heureux de loccasion qui lui était offerte de rassembler tout le baronnage de France sous sa bannière, et jaloux aussi d'inaugurer son règne par une victoire, embrassa avec empressement la querelle du comte de Flandre. Ses vassaux y portèrent une ardeur égale à. la sienne : c'était toujours un grand .bonheiu' pour les gentilshommes que de châtier l'orgueil de ces communes de Flandre, aussi puissantes et plus riches que la noblesse, et qui donnaient aux villes de Picardie et d'Artois, leurs voisines, de fâcheux exemples d'indépendance. Aussi l'armée, qui, sur la convocation du roi, se réunit à Arras, le 22 juillet iSîS, était peut- 1. 8

être la plus belle qu*on «ût jamais vue en Fmnce : elle ne comp^t pas moins.de cent soixante et dix bannières. Les Flamands, quoique privés de la puissante assistance des Gantois et de la noblesse du pays, firent néan-^ moins tête à l'orage. Réunis sous les ordres de quatre de leurs bourgmestres, de ceux-là mêmes qui avaient été ieiu's cbefe dans leur résistance à l'oppression, ils s'avancèrent intrépidement vers Cassei, et prirent position sur une hauteiu' hors de la ville. En dérision des Français , ils avaient fait peindre un coq sur leur étendard, avec cette inscription :

Quand ce coq chanté aura Le roi Cassei conquérera.

Ce fat la même scène qu'à Mons-en-Puelle. Les Français, n'osant assaillir un ennemi aussi fortement retranché, restaient dans leurs lignes, ou se contentaient de ravager les campagnes environnantes. L'impatience prit aux Flamands à la vue de leurs villages en feu, et vers le soir du a 3 août 1 3a8, partagés en trois colonnes, îàs livrèrent une farieuse attaque au camp français. Ici encore le roi, sans armes, faillit être smipris ; il ne dut son salut qu'à la vaillance de quelques-uns de ses gens d'armes, qui se firent tuer pour lui. L'alarme fat vive, mais courte : les comtes dç Hainaut et de Bar rétablirent la bataille, et, enveloppés de toutes parts , ces fiers bourgeois, dont la plupart avaient endossé la cuirasse conune des chevaliers , succombèrent sous le poids de leurs armes aussi bien que sous les coups de l'ennemi. Trois monceaux de

cadavres marquèrent ^a place des trois colonnes qui avaient pénétré dans le camp français : les gehtflshommes n avaient fiât aucun quartier ; on trouva treize mille morts sur le champ de bataille*

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