‹ Galeries historiques du Palais de Versailles (volume 5)Chapitre 74 sur 155 · BATAILLE DE COCHEREL. — 16 MAI · texte numérisé non relu

BATAILLE DE COCHEREL. — 16 MAI

Larivière. — iSSg

Depuis plus de trente ans, la guerre était allumée entre les couronnes rivales de France et d'Angleterre , guerre longue et sanglante qui ne devait se terminer qu'ajprès tout un siècle de calamités. Edouard DI , vainqueur à Crécy et à Poitiers , n'avait pu conquérir le trône où il prétendait s'asseoir ; mais le traité de Brétigny lui avait donné les plus belles provinces du royaume , et c'était en cette triste situation que la France , mutflée par la conquête , épuisée de sang et d'ai^ent , et , pour comble de maux, livrée à la licence impunie des gens de guerre , était passée en héritage au roi Charles V. Mais ce prince avait attaché à son service Bertrand du Guesclin^ vaillant capitaine breton, qui devait faire la gloire de son règne, et qui, dès le début même, l'inaugura par une victoire.

Du Guesclin était chargé de tenir tête en Normandie au captai de Buch, seigneur gascon qui faisait la guerre pour le roi de Navarre, Charles le Mauvais. Les deux chefs, chacun avec quelques centaines de lances, se trouvaient face à face à Cocherel , viHage près d'Evreux. Mais

les Navarrois occupaient une colline où rennenû ne pouvait les attaquer sans désavantage, et ils attendaient pour le lendemain des secours. Du Guesclin, quand il les vit immobiles sous les armes, recourut à un stratagème: il fit sonner la retraite comme pour emmener précipitam* ment ses troupes. Â cette vue, le capitaine anglais Jean Joël s*élance dans la plaine, malgré les ordres du captai, en poussant son crf de guerre: «En avant, saint George! qui m'aime me suive!» Les Français se retournent et lui répondent par le cri de : « Notre-Dame , « Guesclin ! » Trente d'entre eux , désignés par leur chef, vont se jeter sur le captai de Buch, au premier «rang même dé son armée, et Tenlèvent prisonnier, pendant que le gros de la troupe bat les Navarrois, tue le cafitaine Joël, et remporte une complète victoire. La nouvelle en vint à Reims, la veille même du sacre du roi, et redoubla Téclat de cette cérémonie. Ce glorieux fiât d*armes , succédant à tant de revers ^ faisait présager que des jours meilleurs venaient enfin* de se lever sur la monarchie.

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