ÉTATS GÉNÉRAUX DE PARIS. — 9 MAI
Alaux. — 1S37.
Charles V, décidé à relever la France de laffront du traité de Brétigny, prépara silencieusement ses ressources pendant cinq années. Au bout de ce terme il saisit Toc-
casion que lui fournissait f appel des seigneurs gascons, mécontents de la tyrannique administration du prince Noir, et cita Edouard III devant la chambre des pairs, pour oaîr droit sur les griefs et complaintes émas de par lai. Édoiùird, quoique malade, gardait un trop fier souvenir de Crécy et de Poitiers pour répondre autrement que par des nlenaces. C'était combler les vœux du roi de France, qui n'attendait qu'un prétexte pour lui déclarer la guerre. Toutefois, avant de s'engager dans les hasards d'une si grande entreprise, Charles V crut devoir s'assurer du vœu national, et il convoqua les états généraux.
«Le 9 niai 1869, ^^ ^- ^^ Sismondi, ces états se réunirent dans la grand' chambre du parlement. On y voyait detix archevêques, quarante évoques et plusieurs abbés, les ducs d'Orléans et de Bourgogne, les comtes d'Âlençon, d'Eu et d'Etampes, princes du sang, et beaucoup de nobles, avec un grand nombre de gens des bonnes villes, qui siégeaient avec les conseillers au par* iement. Le cardinal de Beauvais, chancelier de France, en présence du roi et de la reine, communiqua à l'assem- Uée l'appel des barons de Gascogne et les négociations qui avaient eu lieu en Angleterre. Le roi ajouta que s'il en avait trop ou trop peu fait , il trouvait bon qu'on le lui représentât, et qu'il était encore à temps de corriger ce qu'il avait fait. Il invita les états à y réfléchir et à se rassembler le smiendemain. La réponse de l'assemblée fat, au reste, telle qu'il l'avait prévue. Les états déclarèrent que le roi avait suivi les règles de la justice, qu'il n'avait
pu rejeter Tappel des Gascons, et que, si les Anglais lattaquaient, ils lui feraient une guerre injuste ^ »
LES FLOTTES FRANÇAISE ET CASTILLANE SE RENDENT MAITRESSES DE L'ILE DE WIGHT. ^ 1377.
GuDiN. — iSSg.
La guerre, si habilement préparée, fut heureuse pour Charles V, et, sans livrer de grandes batailles, il reprit successivement aux Anglais presque toutes leurs conquêtes. Sur mer comme sur terre il était parvenu à s'assurer une éclatante supériorité.
«Au temps des trêves dessus dites, rapporte Jean Froissart, le roi de France sétoit toudis (toujours) pourvu grossement de nefs ^ Se barges, de vaisseaux et de galées; et lui avoitle roi d'Espagne Henry envoyé son amiral, messire Ferrand Sance; lequel, avec messire Jean de Vienne, amiral de France, vint ardoir la ville de Rye, quatre jours après le trépas du roi Edouard d'Angleterre, la veille saint Pierre en juillet, et y mirent à feu hommes , femmes , enfans et tout ce qu'ils y trouvèrent... Après ce, l'armée du roi de France vint prendre terre en l'île de Wight, et ardirent lesdits François les villes qui s'ensuivent : Yamende (Yarmouth), Dartemende ( Dartmouth ) , Plemende ( Plymouth ) , Vessinnc (Winchelsea), et plusieurs autres^ et quand ils
' Histoire des Français, l. I.
eurait pillé et ars la ville de Wight, ils se trairent (rendirent) en mer et costièrent (côtoyèrent) avant^... »