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FONDATION DE LA BIBLIOTHÈQUE DU ROI A PARIS

Saiht-Évre. — iSSy.

Charles V était grand clerc, selon le langage de son époque, c'est-à-dire qu'il avait, un grand amour pour les sciences et les lettres. La théologie scolastique, la philosophie d'Aristote, et l'astrologie étaient les principaux objets des études dans lesquelles il aimait à se renfer* mer. Thomas Pisan l'assistait daiis ses contemplations astrologiques; Christine, fille de Thomas, composait pour lui les pédantesques allégories de ses romans, et enregistrait ses faits et gestes pour les transmettre à la postérité, pendant que Raoul de Presle, Nicolas Oresme, Simon de Hesdin, Pierre de Bressuire, etc. , traduisaient par ses ordres saint Augustin et Valère-Maxime, Aristote et Tite-Live, et que des mains habiles et patientes enrichissaient ces doctes translacions d'éblouissantes miniatures.

Mais, non content de popidàriser ainsi le savoir par des traductions, Charies V faisait rechercher avec un zèle in&tigable tout ce qu'il pouvait trouver de livres à cette époque, et c'est ce qui lui a valu le titre de fondateur de la Bibliothèque royale. «Le grant amour que

' Les Chroniques de Jean Froissart» t. VI, ch. Dcxciii.

avoit le roy Charies à Testude et à science, bien le démonstra, dit Christine de Pisan, par la belle assemblée de notables livres et belle librairie que il avoit de tous les plus notables volumes que par souverains aucteurs aient été compiilés « soit de la saincte Escripture, de théologie, de philosophie et de toutes sciences, moult bien escripts et richement adornés , et tout temps les meilleurs escripvains que on peust trouver occuppés pour lui en tel ouvrage. » Et comme le roi Charies, en même temps qu*il recherchait ainsi les livres, était aussi saige artiste et ievisear de beaux maçonageSf parmi les embellissements dont il décora le chastel da Lovtvre, moult notable et bel édifice f ii y fit construire une tour, dite Tour de la Librairie ^ où étaient renfermés les neuf cents volumes qu'à si grands fi[*ais il avait rassemblés. Le catalogue des livres de Charles V, fait par Malet, son bibliothécaire et son valet de chambre, existe en original à la Bibliothèque du roi.

PRISE DE CHATEAUNEUF DE RANDON ET MORT DE DU GUESCLIN. — 15 JUILLET 1580.

BuMBT. — 1777»

Charies V, du fond de l'hôtel de Saint-Pol, où il languissait faible et malade, était parvenu, à force d'habileté et de persévérance , à chasser les Anglais de presque tout le royaume. Calais , Bordeaux et Bayonne étaient ce qui

leur restait de toutes leurs conquêtes. C'était la vaillante épée de du Guesclin qui, venant en aide à la «a^esse du roi, avait accon^li ces merveilles.

Le connétable cependant poursuivait encore la g;uerre contre quelques châteaux forts de TAuvei^e et du Lang;uedoc , où se défendait un reste de garnisons anglaises et gasconnes. Il assi^eait Ghâteauneuf de Randon , « à trois lieues , dit Froissart , près de la cité de Mende , et à quatre lieues du Puy, o lorsque la maladie vint le surprendre et le força de s'aliter. On rapporte, et pour rhonneur de la France cette glorieuse version a été adoptée par tous nos historiens, que le commandant anglais de la forteresse s'était engagé à la rendjre si , à jour fixe, il n'était point secouru. Ce jour même mourut do Guesclin : son loyal ennemi n'en vint pas moins déposer les clefs de la place sur son lit de mort : « Son nom , suivant la belle expression deMézeray, acheva l'entreprise. » On sait les magnifiques honneurs qui furent rendus à la mémoire de du Guesclin ,»et comment ses restes forent transportés à Saint-Denis au pied même de la tombe du roi Charies V.

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