BATAILLE DE ROSEBECQUE. — 27 NOVEMBRE
ÂLP. JOHAHHOT. — l837.
Depuis trois ans (iSyg à i38a), une lutte teirible s'était engagée entre le comte de Flandre , Louis de Mâle, et ses puissantes communes. Tour à tour victorieuses
dans cette lutte, la noblesse et la bourgeoisie flamandes avaient exercé lune contre lautre de san^antes représailles , jusqu*au moment où les Gantois , par un coup de désespoir, allèrent chercher leur seigneur dans Bruges , le vainquirent et le forcèrent à se jeter entre les bras de la France.
C'était la deuxième année du règne de Charles VI. Ses oncles, qui gouvernaient en son nom, avaient soulevé Paris et Rouen par l'excès de leur rapacité et de leur violence, et si la révolte avait été étouffée dans le sang, un sourd mécontentement régnait toujours. L'exemple des communes flamandes était dans la bouche de tout ce qu'il y avait de bourgeois dans le royaume; on parlait tout haut de les imiter, et il semblait que Ton fiit à la veille dunç vaste insurrection qui, selon l'expression de Proissarti «aurait détruit. et honni toute chevalerie et gentillesse , et par conséquent sainte chrétienté. »
Ce ne fut donc qu'un cri de joie parmi toute la noblesse de France lorsqu'il s'#git de tirer l'épée contre cette insolente populace de marchands et d'artisans qui avaient osé chasser leur seigneur. Le consefl du roi se laissa aisément entraîner par l'ascendant du duc de Bourgogne, Philippe le Hardi, intéressé à ne pas laisser se perdre en une démocratie sans frein ni sans règle son magnifique héritage de Flandre; et, quant au jeune monarque , à peine âgé de quatorze ans , il tressaillit d'aise à l'idée de paraître pour la première fois à la tête d'une armée.
Les Français, par un téméraire et glorieux fait d'armes,
forcèrent à Gomines le passage de. la Lys, marchèrent sur Ypres, qui se rendit sans coup férir, et, le 26 novembre 1 382 , trouvèrent devant eux l'armée flamande , rangée en bataille entre Rousselaer et Rosebecque. Philippe d'Arteveld, digne fils de ce fameux brasseur de Gand qui avait été l'allié du roi Edouard, guidait au combat ses compatriotes : c'était lui qui avait vaincu à Bruges et qui se flattait de vaincre encore à Rosebecque, en poussant contre les lances ennemies ses cinquante mille fantassins tout couverts de fer, serrés en phalange les uns contre les autres et les bras entrelacés pour ne point laisser rompre leurs rangs. Mais il n'avait pas affaire ici, comme à Bruges, à des milices inexpérimentées: c'était la gendarmerie elle-même , avec ses armures de fer, qui avait mis pied à terre , et qu'il trouvait devant lui. Aussi, après s'être enfoncée au centre de la ligne française et y avoir fait une large trouée, cette masse redoutable , débordée sur ses deux ailes, fut enveloppée , et ce ne fut plus alors un combat , ipais im massacre. Les chevaliers sentaient que, sur le champ de bataille de Rosebecque, c'étaient toutes les communes du royaume qu'ils fi^ppaient avec celles de Flandre, et leur rage fiit impitoyable. Les hérauts d'armes rapportèrent qu'ils avaient compté dans la plaine vingt-six mille cadavres , sans compter les fuyards tués dans la poursuite. On trouva Philippe d'Arteveld gisant parmi ses fidèles Gantois.
LE MARÉCHAL DE BOUCICAULT FAIT LEVER AU SULTAN BAJAZET LE SIÈGE DE CONSTANTINOPLE. — 1402.
GaAKGEH. — 1839.
L'esprit des croisades s'était réveillé en Europe à h nouvelle des progrès menaçants de la puissance ottomane. Une armée de croisés français était allée se faire anéantir sous les coups des janissaires dans les plaines de Nicopolis (1896). Cette grande défaite n'éteignit pas cependant l'esprit d'aventiu:e dans la noblesse française, et six ans après ( 1 /ioa) le maréchal de Boucicault , un des prisonniers de Nicopolis, conduisit une nouvelle armée au secours de Constantinople assiégée par Bajazet. L'arrivée du maréchal rendit le courage 'à l'empereur Paléologue. Par une suite de hardis coups de main les Français chassèrent •les Turcs d'un grand nombre de bourgs et de villages qu'ils occupaient sur le Bosphore , et le siège de Constantinople frit levé. Peu après, pendant que Bajazet allait chercher Timour dans les plaines d'Ancyre, le faible Paléologue, que ne rassurait pas sa victoire, s'en vint en France, sous l'escorte de Boucicault, pour demander à Charles VI des secours que le malheureux monarque était impuissant à lui accorder.
ex.
LES BRETONS SE RENDENT MAITRES DEVANT SAINT-MAHÉ DE QUARANTE ET UN VAISSEAUX ANGLAIS. — 1405.
GuDiN. — iSSq.
Une trêve de quelques années avait suspendu la lutte entre la France et l'Angleterre. Henri IV, monté sur le trône par une usurpation, s'occupait à le défendre contre ses barons révoltés, tandis que le faible Charles VI abandonnait son royaume en proie aux querelles des princes de sa famille. Mais îl n'y avait point de trêve à l'animosité des matelots des deux nations.
Au commencement de l'an i4o3, ((l'amiral de Bretagne, le sire de Penhert (Penhôet), le seigneur du Châtel, le seigneur du Bois, et plusieurs autres chevaliers et écuyers de Bretagne, jusqu'au nombre de douze cents hommes d'armes, s'assemblèrent à Moiians, puis entrèrent en trente nefs, à un port*nommé Châtel-Pol, contre les Anglois qui étoient sur mer en grande multitude, épiant les marchands comme pillards et écumeurs de mer. Si que le mercredi en suivant, iceux An^ois nageans (navigants) devant un port appelé Saint-Mathieu, les Bretons leur allèrent après, et les poursuivirent jusqu'au lendemain soleil levant, qu'ils s'arrêtèrent ensemble en bataille, qui dura jusqu'à trois heures. Finalement obtinrent les Bretons victoire, et prirent des An^ois deux mille combattans, avec quarante nefs
à voiles et une grosse carraque , dont la plus grande partie furent jetés à bord et noyés en la mer, et aucuns réchappèrent depuis par finance ^ »