‹ Galeries historiques du Palais de Versailles (volume 5)Chapitre 78 sur 155 · BATAILLE DE BEAUGÉ. — 22 MARS · texte numérisé non relu

BATAILLE DE BEAUGÉ. — 22 MARS

Lavaudbr. — 1857.

Les factions rivales des princes , le meurtre du duc d*Orléans dans Paris et la lutte sanglante des Bourguignons et des Armagnacs; la Normandie envahie par Henri V, et la bataille d'Azincourt , plus fatale au royaume que celles de Crécy et de Poitiers; l'assassinat du pont de Montereau, suivi du fimeste traité de Troyes, qui donna au roi d'Angleterre une fille de France pour épouse, avec l'héritage de la. couronne : tels étaient les maux qui, avec la démence de l'infortuné Gharies VI, vinrent fondre sur la France.

Cependant l'héritier légitime du trône , le dauphin Gharies, déshérité et banni par arrêt du parlement, en avait appelé à la pointe de son épée, et il avait juré de porter cet appel partout où besoin serait, en France, en An^eterre , ou dans les domaines du duc de Bourgogne (i42o).

Il fiit bien longtemps avant d'accomplir ce vœu, et le malheureux prince , loin de chercher l'ennemi , avait alors grand'peine à se défendre. Toutefois, en ces jours

^ Monstrelet, 1. 1, ch. xi, p. 124.

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mêmes de son infortune , ses armes se signalèrent par mi glorieux succès, qui releva pour un moment son parti abattu , et fit renaître l'espérance au cœur des bons Français.

C'était en Anjou que le gros de larmée du dauphin était réuni , sous les ordres du maréchal de la Fayette et du comte de Buchan , brave Écossais , fidèle , ainsi que ses compatriotes, à toutes les fortunes de la France. Les Aurais, dans le cours triomphant de leurs prospérités, vinrent livrer bataille près de Beaugé à cette armée qu'ils méprisaient. Le due de Clarence, prince du sang royal , les commandait : U n'avait point eu le bonhem^ de se trouver à Azincourt , et , en l'absence du roi son bhre , il cherchait avidement l'occasion d'ime victoire. Aussi, dans sa chevaleresque impatience, n'attend-ii pas pour charger les Français que toute son armée soit rassemblée autour de lui; il s'élance à la tête de ses hommes d'armes , laissant de l'autre côté de la rivière ces redoutables archers des communes dont la part avait été si grande dans les dernières victoires de l'Angleterre. Sa témérité ne tarda guère à être punie : il fut pris par un chevaJier de l'armée française , et , au milieu de l'effort que faisaient les siens pour le délivrer, tomba sous les coups du comte de Buchan. Lorsque ensuite le comte de Salisbury, avec le corps de bataille , arriva à son secours , il était trop tard : la fleur de la chevalerie anglaise avait été moissonnée par le glaive ou emmenée prisonnière.

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