LEVÉE DU SIÈGE D'ORLÉANS. — 18 MAI
Henri Sgheppbr.
Charles VII et sa cour, par conviction ou par politique, avaient reconnu la mission miraculeuse de la Pucelle. On lui avait donné tout l'état d'im chef de guerre, un chapelain, un écuyer pour porter sa bannière
^ Histoire des ducs de Bourgogne» par M. le baron de Barante, p. 283.
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et des valets pour k servir. On avait cédé même aux instances réitérées qu'elle faisait pour qu'on l'envoyât au secours d'Orléans. Là les merveflles qu elle avait promises s'accomplirent tout aussitôt; le courage rentra au cœur des assiégés, tandis que l'irrésolution et le trouble se mettaient dans le camp des Anglais. Déjà leurs bastilles avaient été , sur la rive gauche , emportées les unes après les autres. Talbot et le comte de Suffolk n'attendirent pas de plus éclatants revers : ils se résolurent à lever le siège. Mais ils voulurent le faire en gens.de cœur et sans avoir l'air de démentir leur prouesse accoutumée. Ils rangèrent toute leur armée en bataille jusqu'au bord des fossés de la ville , conune pour ofifrir le combat à l'ennemi.
Jeanne , blessée la veille, sortit de son lit avec une légère armure, pour défendre aux Français d'accepter ce défi : il n'était pas dans sa mission de leur donner ce jour-là la victoire. « Pour l'amour et l'honneur du saint dimanche, ne les attaquez pas les premiers... S'ils vous attaquent, défendez-vous hardiment, et vous serez maîtres. » Et elle fit aussitôt apporter une table et un marbre béni. On dressa un autel, le clergé entonna des hynmes et des cantiques d'actions de grâces ; puis on célébra deux messes. « Regardez , disait-elle , les Ânglois vous tournentils le visage ou bien le dos? » En effet ils avaient commencé leur retraite en bon ordre et bannières déployées.