‹ Galeries historiques du Palais de Versailles (volume 5)Chapitre 88 sur 155 · BATAILLE DE FORMIGNY. — 18 AVRIL · texte numérisé non relu

BATAILLE DE FORMIGNY. — 18 AVRIL

Lafatb. — 1837.

Deux mois après la prise de Rouen , les Aurais essuyé* rent un échec qui, peut-être, fut plus sensible encore à leur fierté nationale : ils perdirent Harfleur, la première ville conquise par Henri V; et pour sauver Gaen, avec ce qui leur restait de la basse Normandie, ils n'eurent plus que la ressource désespérée de hasarder une bataille.

Elle s'engagea entre Garentan et Bayeux, près du vil* lage de Formigny, auquel était adossée leur armée : un petit ruisseau coulait devant leur front de bataille, et sur ce ruisseau était un pont occupé par les Français. Sir Matthew Gough, vivement attaqué par le jeune comte de Glermont, l'avait repoussé avec vigueur, s'était emparé du pont, et, sans l'heureuse arrivée du connétable, c'en était &it de l'armée française. Mais ses

^ Histtnre des ducs de Bourgogne, liv. YIII.

compagnies, avec leur redoutable ordonnance, eurent bientôt fait rentrer les Anglais dans leurs retranchements, et tout son effort lut de les y forcer. Le combat fut vif , et dura trois heures : au bout de ce temps les lignes anglaises furent rompues de trois côtés , et les Français y entrèrent victorieux avec un grand carnage. De six mille combattants, on en compta trois mille sept cents couchés sur le champ de bataille. Après cette défaite, Caen, Falaise et Cherbourg se firent enoCJre assiéger; mais ce fut sans espoir, et pour le seul honneur de leurs armes, que les Anglais opposèrent ce reste d'inutile résistance ; quatre mois après la journée de Formigny (i45o), la Normandie était rentrée tout entière sous Tobéissance de Charles Vn.

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