CHARLES VIII
Alaox. — 1837.
Louis XI en nyurant avait laissé les affaires du royaume entre les mains de sa fille Anne, mariée au sire de Beau] eu, de la branche de Bourbon. Mais le jeune roi Ghailes Vm, âgé de plus de treize ans» était majeur d'après la fiction de la loi , et par suite l'autorité de la r^ente fut contestée. Les princes du sang, ayant à Ipu* tête le duc d'Orléans, depuis Louis XII, se rassemblèrent à Amboise pour élever un gouvernement rivad à côté de celui d'Anne de Beaujeu. Entre les deiix partis prêts à se combattre, l'opinion publique invoqua les états généraux : la r^ente les convoqua à Tours pour le i5 janvier i484. La grande salle de l'archevêché fat préparée pour les recevoir.
Voici la description du cérémonisd de la séance d'ouverture, telle qu'elle nous a été laissée par un des députés qui siégeaient dans cette assemblée :
«La salle, en tout très-vaste, fat décorée de sièges et de tapis pour la circonstance présente.
a Dans la partie du fand était une estrade en bois, élevée d'environ quatre pieds au-dessus du carreau de
la salle, longue de trente pieds, ce qui comprenait toute la largeur de cette salle, excepté à droite, où elle ne joignait pas la muraille, dont elle .était séparée par une distance d'à peu près cinq pieds. Dans cet espace et sur le devant û y avait un escalier. Au milieu de Testrade on avait placé le trône royad, orné d'une tenture de soie, parsemée de fleurs de lis : on y arrivait du plancher de cette estrade par cinq marches circulaires, assez hasses et dune montée facUe. Auprès du trône, à gauche, on avait laissé uniiplace vide dépourvue de sièges, propre à contenir cinq ou six personnes, où se tinrent dehout le comte de Dunois, à la même hauteur que le roi, et à côté de Dunois le comte d'Albret; derrière eux et en suivant, le comte de Foix et le prince d'Orange ^ Au bas et à la droite du trône, sur la largeur de Testrade , se voyait d'abord un fauteuil orné d'un tapis, où était assis le duc de Bourbon; puis en face de lui, mais le devant tourné à gauche, un second fauteuil destiné au chancelier, un peu moins haut cependant que le premier et rapproché davantage du bord. Derrière le fauteuil du duc de Bourbon se trouvait un banc qu'occupaient ensemble messires les car* dinaux de Lyoïi et de Tours, les seigneurs de Gaure, de Vendôme et plusieurs autres. A gauche, auprès du trône, sur un banc placé de biais, siégeaient les ducs d'Orléans et d'Alençon, et les comtes d'Angoulème, de Beaujeu et de Bresse ^. Sur le dossier du banc avaient
' De la maison des comtes de Châlons.
' De la maison de Savoie.
les coudes appuyés le comte de TancarvUle et plusieurs princes. Une foule nombreuse d autres ^igheurs étaient debout dans retendue de l'estrade.
«Le parquet, ou plutôt le carreau d'en bas, était couvert de trois rangées de bancs, disposés latéradement au trône et des deux côtés de la salle. Au milieu avait été ménagé un espace libre assez large pour le passage. Derrière les bancs étaient des sièges nommés fourmes, mis encore par triple rang : mais à la tète des différentes rangées de bancs latérales, et vis-à-vis de lestrade, il y avait des bancs séparés. Ceux de droite étaient les sièges réservés aux grands, comme on dit, de l'ordre royal, ceux de gauche aux prélats qui n'étaient pas de Tordre des états. Tous ces sièges s'étendaient jusqu'à la porte et remplissaient entièrement le lieu. Seidement à l'entrée et vers l'extrémité une barrière interdisait l'abord de la salie aux gens non appelés.
« Il faut savoir que la partie la plus haute du parquet contenait péle-méle les sièges des sénéchaux, des baillis, des barons, des dievaliers, des conseillers, des secrétaires, dont chacun fut appelé par le greffier en proclamant sa dignité. Là prirent place aussi les prélats et les {dos grands dignitaires des états. La partief inférieure appartenait au reste de la foule des députés.
(( En face et en dehors de l'estrade une place avait été faite pour le greffier ^.. »
' Journal des Etats généraux cfe 1 484 > par Jehan Masselin.