‹ Galeries historiques du Palais de Versailles (volume 5)Chapitre 98 sur 155 · BATAILLE DE FORNOUE, — 6 JUILLET · texte numérisé non relu

BATAILLE DE FORNOUE, — 6 JUILLET

Adolphe Brune. — iSSy.

Pendant ce temps Charles VIII traversait toute l'Italie pour retourner dans son royaume. Cette retraite fut pleine de fatigues et de périls : l'histoire a conservé le souvenir de la patiente énergie avec laquelle les Suisses traînèrent à bras, à travers l'Apennin, cette pesante artillerie, naguère la terreur des Italiens. Mais, après im si prodigieux effort, tout ce qu'on avait gagné c'était de se trouver aux portes de la Lombardie , en face d'un ennemi de beaucoup supérieur. Charles demande le* passage; on le lui refiise, et alors s'engage sur la rive droite du

Taro, dans le bassin de Fomovo, une bataille à jamais glorieuse pour les armes françaises.

L'armée des confédérés , au nombre de quarante mille hommes, était réunie sous les ordres de François de Gonzague, marquis de Mantoue, lun des condottieri les plus renommés de lltalie. Neuf mille Français, excédés de fatigues, n'hésitèrent pas à chercher un passage à travers cette masse épaisse d'hommes et de chevaux. La tactique italienne, appuyée du nombre, eut beau déployer toutes ses ressources, la fane française, à laquelle rien ne pouvait résister, l'empoila. En vain Gonzague , par une manœuvre habile, s'était flatté de couper l'arrière-garde; Charles VUI déconcerte à coups d'épée ses calculs, et a bientôt dégagé les siens par une charge victorieuse. Les Stradiotes, milice albanaise à la solde de Venise, qui devaient appuyer le mouvement du marquis de Mantoue, oublient le combat poiu* se jeter en pillards sur les bagages ; et le comte de Caiazzo , au lieu d'attaquer de front la gendarmerie française , dès qu'il est en face d'elle, tomiie bride sans rompre une lance. Le massacre des Italiens fut épouvantable; jamais ils n'avaient connu une pareille guerre. Les Français eux-mêmes restèrent un moment comme étonnés de leur victoire , et hésitèrent à poursuivre leur marche , tant il leijr semblait incroyable qu'une si puissante armée se fut à si peu de frais dissipée devant eux.

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