‹ Galeries historiques du Palais de VersaillesChapitre 100 sur 299 · CUJAS (JACQUES · texte numérisé non relu

CUJAS (JACQUES

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(N* 2170.) D'aprw un portrait de l'ancienne collection

^ de la Sorbonne.

Cujas a laissé le renom du plus grand jurisconsulte

du xvi' siècle. Né dans une condition obscure, il fit presque seul son éducation , et eut besoin de beaucoup de temps et de peine pour se produire. Cependant des leçons de jurisprudence qu'il donnait à quelques jeunes gens de Toulouse mirent son savoir en lumière, et il put, quoique sans succès, se mettre sur les rangs pour obtenir une chaire de droit vacante dans cette ville (i55/i). Cette année même, Cahors lui offrit ce que Toulôuse lui avait refusé, et son enseignement y acquit dès l'abord une telle renommée qu'il fut appelé presque au lendemain sur un plus grand théâtre. L'Hôpital le désigna à Marguerite de Valois, duchesse de Berry , qui désirait placer son université de Bourges au premier rang parmi celles du royaume (1 555). La jalousie d'un vieil émule ne lui permit pas alors un long séjour dans cette ville, et il s'en alla professer à Valence , où l'accompagna sa grande réputation. Dès cette époque, on voit l'enseignement de Cujas se partager entre Valence et Bourges. A peine resta-t-il quelques mois à Turin , où sa protectrice Marguerite , devenue duchesse de Savoie, eût souhaité le fixer. Ce fut vainement aussi que Henri III voulut lui accorder le privilège, sans exemple, d'enseigner, dans l'université de Paris, la jurisprudence (i5y6). Cujas alla, en 1^77, s'établir à Bourges pour n'en plus sortir. Le nombre de ses élèves y fut prodigieux , et il y trouva , pendant les dernières années de sa vie , le repos avec la gloire. Comme la plupart des jurisconsultes , Cujas resta fidèle au principe monarchique dans la grande querelle entre la Ligue et

la royauté, et, quoique sincère catholique, il ne cessa jamais de faire des vœux pour Henri IV. Il mourut avant d'avoir vu s'accomplir le triomphe de ce prince , le U octobre 1590. Cujas est admiré surtout pour la sagacité profonde avec laquelle il a pénétré l'esprit des lois romaines, et il a mérité que le chancelier d'Aguesseau dît de lui qu'il « a mieux parlé la langue du droit qu'aucun moderne , et peut-être aussi bien qu'aucun ancien. »

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