‹ Galeries historiques du Palais de VersaillesChapitre 294 sur 299 · ET DE MARIE DE MEDIUS · texte numérisé non relu

ET DE MARIE DE MEDIUS

(N" 2483. ) Clotilde Gérard , d'après Antoine

Van-Dyck.

Née au Louvre le 1 5 novembre 1609. — Mariée le 11 juin 1 6^5 , à Charles ln, roi d'Angleterre, d'Ecosse et d'Irlande. — Morte le 10 septembre 1669.

HENRIETTE-MARIE DE FRANCE

REINE D'ANGLETERRE

(V 2M4.) D'apros un tableau du temps»

HENRIETTE-MARIE DE FRANCE

REINE D'ANGLETERRE

(N* 2485.) Ancien tableau.

HENRIETTE-MARIE DE FRANCE

REINE D'ANGLETERRE

(N* 2486.) Tableau du temps.

HENRIETTE-MARIE DE FRANCE

REINE D'ANGLETERRE

(N* 2487.) Ancien Ubleau, d'après le chevalier

Lesly.

HENRIETTE-MARIE DE FRANCE

REINE D'ANGLETERRE

(N* 2488.) Ancien tableau.

HENRIETTE-MARIE DE FRANCE,

REINE D'ANGLETERRE

Henriette-Marie de France n'était pas encore âgée de seize ans lorsqu'elle épousa, le 2 2 juin 1625, Charles Ier, roi d'Angleterre. Louis XIII n'avait consenti à ce mariage que sous la réserve expresse d'une dispense pontiix. 3i

ficale et d'une convention qui garantissait à sa sœur le libre exercice de la religion catholique. Cependant, soit que les prêtres qui avaient accompagné la reine à Londres ne ménageassent pas assez les préjugés du roi et de la nation anglaise, soit que l'orgueilleux Buckingham ne voulût permettre d'autre empire que le sien sur l'esprit de son maître, Charles I" prit ombrage des pratiques pieuses de son épouse et lui fit subir dans sa foi les plus pénibles contraintes. Bientôt même elle eut la douleur de voir, sous un prétexte de religion , la guerre s'allumer entre la France et l'Angleterre. Mais la paix, promptement rétablie entre les deux couronnes (1628), sembla dissiper tous les nuages qui avaient troublé l'union royale, et depuis lors Charles ne témoigna plus à Henriette que la plus tendre déférence. Elle ne tarda pas même à prendre sur lui un ascendant qui dans la suite fut un malheur pour l'un et pour l'autre. Si en effet Henriette de France prêta plus dune fois à la volonté indécise de son mari l'appui d'un esprit résolu et d'un ferme courage, plus d'une fois aussi, nourrie comme elle l'avait été dans les traditions et les exemples du pouvoir absolu, elle lui donna de funestes conseils, et le peuple anglais ne se trompa point lorsqu'au début de la querelle entre la couronne et le pays , il compta la reine parmi les ennemis de ses libertés. Dès lors, ni les grâces ni les vertus de cette princesse, ni les largesses inépuisables de sa charité, ne purent rien pour elle; elle était désignée presque avant son mari à la vengeance nationale. Elle ne lui manqua pas du reste dans cette crise solennelle,

et quand Bossuet peint avec les traits d une admirable éloquence l'héroïsme et les épreuves inouïes de cette reine infortunée , le grand orateur est un fidèle historien. A peine le drapeau de la guerre civile est- il déployé (1662), qu'elle quitte son époux et, sous le prétexte de conduire en Hollande sa fille mariée au prince d'Orange, va demander des secours aux États-Généraux. Elle revient onze mois après , et, assaillie par une tempête de dix jours , elle rassure les équipages découragés par cette parole héroïque: « Les reines ne se noient pas. »Onla vit alors, rejetée sur les cotes de Hollande, ramasser les débris de son naufrage et, avec ce qu'elle avait pu rassembler d'officiers et de munitions, repartir bientôt pour l'Angleterre ( 1 663). Tant qu'elle le put, elle partagea les fortunes diverses du roi qu'elle avait rejoint, le consolant par sa tendresse et le soutenant par son courage; mais elle était grosse, et, pour faire ses couches , elle dut renoncer à la vie errante des camps. Elle alla donc se renfermer dans Exeter, et là , au milieu des angoisses de l'inquiétude et du dénîiment, elle mit au monde, le 16 juin i644, une fille, qui fut plus tard la duchesse d'Orléans. La haine infatigable des chefs de l'armée parlementaire ne lui laissa pas le temps de se rétablir : il fallut qu'après dix-sept jours elle laissât son enfant à des mains étrangères et se remît en mer pour chercher un refuge dans sa patrie , à travers de nouveaux périls. Elle y fut accueillie comme la fille de Henri IV, et pendant quelque temps, «elle remua, comme dit Bossuet, la France, la Hollande, la Pologne même , et les puissances du Nord les plus éloi-

gnées , » pour chercher des appuis à la cause désespérée de son mari. Mais Paris lui offrit bientôt le même spectacle quelle avait vu en Angleterre , le peuple mutiné , la royauté outragée et fugitive, et, au moment où lui parvint la nouvelle de la tragique mort de Charles I* elle avait à entendre elle-même les clameurs insultantes de la populace et à supporter dans le Louvre ce que la détresse a de plus humiliant et de plus cruel (i6£q). Après avoir demandé, selon ses propres paroles, une aumône au Parlement, elle se retira dans une maison de Chaillot, où elle fut autorisée à fonder un couvent de la Visitation. Ce fut là qu'elle attendit la fin des troubles de la Fronde , partagée entre les pieuses austérités d'une vie de larmes et de prières et le soin d'élever ses enfants, qu'elle voulait avant tout faire catholiques. L'ordre était rétabli depuis plusieurs années en France, et la reine d'Angleterre vivait tranquille et vénérée dans sa retraite , lorsque la mort de Cromwell rendit à Charles II des espérances bientôt réalisées ( 1 660). Le trône des Stuarts. u indignement renversé, venait d'être miraculeusement rétabli. » Henriette voulut voir la puissance restaurée de son fils, et deux fois elle alla le visiter en Angleterre; mais son âme catholique avait trop à souffrir dans ce pays et sa présence y eût fait naître trop d'ombrages pour qu'elle se décidât à y rester. Elle reprit donc le chemin de son humble solitude de Chaillot, et y acheva sa vie dans la piété et les bonnes œuvres. Elle avait acheté à Colombes, près de Paris, une maison où elle allait passer les beaux jours , et elle y mourut presque subitement ,

le 10 décembre 1669, dans la soixantième année de son âge.

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